Gédéon (notre véhicule à moteur) mérite des vacances ; après avoir branché le stationnement
informatique 4411 nous partons à pied prendre le tram 7 ou15 à la station de
Saint Willibrorduskerk. Nous l’empruntons jusqu’à Groenplatz. De là nous commençons
par une petite incursion à l’office du tourisme utile pour des renseignements sur les visites du port en bateau mais utile aussi pour obtenir un petit livre payant pour
pallier l’impossibilité de trouver une visite guidée de la ville. Nous
prévoyons de nous y consacrer toute la journée. Munis de « Anvers dans
l’histoire, une échappée au fil des siècles » et du plan, nous nous
attelons à suivre fidèlement le parcours des incontournables de la cité
scaldienne (cité de l’Escaut)Il débute par le Steen dont le nom provient de son
château fort du 11ème siècle,
1er édifice bâti en pierre (steen = pierre) à Anvers. Devant
l’entrée, une statue en bronze du sculpteur Albert Poels (1903-1984) fait allusion à une légende du
folklore anversois « le lange
Wapper ». Cette histoire raconte qu’un géant (le lange Wapper)
poursuivait les ivrognes la nuit, se métamorphosait en changeant de taille
grand comme une maison ou tout petit comme un enfant ; alors pour le
repousser et l’effrayer, les habitants auraient déposé des petites vierges sur
les façades de leur maison ; pour cette raison ou une autre (échapper aux
taxes d’éclairage ?), nous en verrons effectivement, beaucoup dans notre
circuit.Il suffit de traverser la route pour voir Le musée Eugeen van Mieghem. Il regroupe les
œuvres
de ce peintre et dessinateur anversois rendu célèbre par ses représentations
des indigents et des migrants en partance pour le nouveau monde.
Malheureusement, le musée est fermé.Nous nous tournons
alors vers la maison de la Hanse.
La ligue hanséaltique réunit dès le
moyen âge les villes prospères commerçantes et portuaires du nord de
l’Allemagne et disposait d’une antenne à Anvers. Au début du XXème (fin
XIXème ?) les tous premiers bureaux construits à la demande
d’un négociant allemand reçoivent le nom de cette association. Le bâtiment
imposant de style Haussmannien affiche ostensiblement la richesse inhérente aux
affaires. Des statues monumentales en bronze visibles sur les façades
représentent des dieux marins, Mercure,
dieu romain du commerce, ainsi que des
allégories du commerce et de la marine, de l’Escaut, du Rhin, de la Visurge et
de l’Elbe. Diva, le musée du diamant de la
bijouterie et de l’argenterie s’est installé non loin de là, sa présence ne
surprend pas dans la capitale mondiale du diamant. Peu attirés par les
brillants, nous éprouvons plus d’intérêt pour la Rhuihuis, contigu. Il s’agit d’un réseau souterrain d’anciens
canaux qui desservaient Anvers dès le Moyen âge pour l’alimenter en eau,
évacuer les eaux usées, et transporter des marchandises en petits
bateaux ; puis ils furent comblés
au XIVème siècle ou transformés en égouts. Pour information, les
noms de rue terminés par « rui » indiquent l’emplacement d’un ancien
canal ou cours d’eau. - Bien que la Rhuihuis se visite, nous poursuivons notre
parcours vers l’une des trois buttes faisant face à l’Escaut, offrant une vue
dégagée sur le fleuve et le port lointainNotre petit livre nous entraine dans des rues étroites et
sinueuses de niveaux différents, laissées par la ville médiévale. Il y subsiste
la maison des bouchers qui avec son
style gothique quoique civil s’apparente diablement à une église ! Elle en
possède tous les signes architecturaux : des verrières, une voûte en
croisée d’ogive, de solides piliers en
pierre et une hauteur plus élevée que celle d’une maison sans oublier les 2
tours étroites symétriques à l’extérieur, semblables à des clochers. Edifiée au
début du XVIème par la 1ère guilde de la ville, cette
halle à la viande connut d’autres fonctions selon les siècles, pour finir en
musée des arts en 2006 (art des sons de la musique et de la danse) actuellement
fermé jusqu’en 2030 pour rénovation.En s’engageant dans une ruelle à droite (Repenstraat),
nous remarquons une modeste porte basse en bois surmontée d’une enseigne
« De poesje ». Sans guide nous n’aurions pu imaginer qu’elle ouvrait
sur un théâtre de marionnettes. Le
quartier rassemblait au XIXème siècle plusieurs établissements de ce genre, théâtres de marionnettes ou
de Polichinelle, destinés à distraire les matelots ou les gens de la cité. De
poesje figure aujourd’hui aux monuments historiques en raison de ses sous-sols
et son entrée. Tout le secteur a conservé son caractère architectural mais
s’adapte au présent avec des rénovations en faveur de logements HLM totalement
intégrés dans ce site historique.
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