Nous quittons la
maison sous un beau temps inespéré mais prudence, parka et parapluies
remplissent nos sacs.Nous attrapons le
tram 7 pris au même endroit qu’hier en direction de « Eilandje » où
nous comptons nous arrêter. Cependant, tous les passagers descendent à Groenplaatz, avant la station que nous
visons. Interrogé, le chauffeur nous
confirme : il nous faut continuer à pied le tronçon jusqu’au MAS, tronçon mis
en fonctionnement à partir d’octobre seulement.Malgré tout, nous
arrivons au MAS (Museum aan de
Stroom),
en avance, l’ouverture des guichets n’étant prévue qu’à10hPar contre, il est
possible en attendant, de monter sur la terrasse de cette construction moderne
en forme de cube alternant des blocs de briques à des blocs en verre, conçue
par un architecte néerlandais dans
l’esprit parait-il d’un entrepôt. Nous y montons par l’intérieur grâce à des
escalators qui, ne se présentant pas dans le prolongement les uns des autres,
partent d’un côté différent du cube à
chaque palier. Cette disposition permet ainsi d’offrir une vue tournée vers les
quatre coins cardinaux. Sur la terrasse extérieure, Au 8ème étage,
derrière la vitre, « un couple Amiral saluant » réalisé par Guillaume
Bijl, nous accueille, comme pour nous accompagner à bord d’une croisière, vers
une destination lointaine. Nous devons ensuite prendre les escaliers pour
passer du 9ème au 10ème étage où nous attend le
panorama promis sur l’ensemble de la
ville et du port.A 10 h, nous
descendons acheter nos billets.Nous commençons
par l’exposition temporaire intitulée « Compassion ».Elle répond à
une interrogation artistique mélangeant époques, cultures, lieux, religions,
modes d’expression, neurosciences. Ce vaste sujet s’appuie sur un éventail
d’œuvres très large
mis en valeur par une muséographie intéressante.La collection permanente se répartit sous
plusieurs thèmes :
nous délaissons « ville en guerre » au
profit de « Anvers à la carte » : l’expo aborde les problèmes
des villes et de l’alimentation du 16ème à aujourd’hui, la pêche,
l’agriculture urbaine, les denrées exotiques (le sucre et le café), les
ustensiles, les déchets (collection de WC d’époques différentes). A propos de
la pêche, nous apprenons que les poissonniers de la ville s’approvisionnent à
….. Rungis ! car la pollution de l’Escaut n’autorise plus la
pèche en circuit court. Nous renonçons à
l’expo « Fret »car le temps passe, il est plus de midi.Nous espérions
manger à la cantine du MAS, mais il
aurait fallu retenir comme les autres clients, installés. Alors que nous
attendons un serveur, un homme assis seul à une table de 8 personnes se lève et
s’approche, me serre la main en se présentant jusqu’à ce que le garçon se
précipite pour nous refouler gentiment,
conscient de la méprise. Nous ne profiterons pas de la table de huit. En plus, au moment
de sortir en quête d’un établissement près à nous recevoir, une pluie
diluvienne s’abat sur la ville, le tonnerre s’invite bruyamment, fini le soleil, bonjour
l’orage ! A la 1ère
accalmie, nous pointons le nez dehors et
nous contentons juste derrière le musée d’un restau de burgers, plutôt
branché inspiré par le style garage avec cloisons vitrées bordées de métal
noir, murs en briques ou peints en noir. Pendant notre
repas, le temps s’éclaircit, il ne pleut plus. C’est donc avec soulagement que
nous nous acheminons vers le point de rendez-vous pour prendre le bateau assigné à balader les curieux dans le port. Nous traversons le quartier
het Eilandje. Le nom des rues, Brazilliesrtaat, Bataviastraat invite au voyage,
mais rappelle surtout que les migrants pour le nouveau monde convergeaient ici.
Selon les conseils de l’ODT, nous avons acheté les billets hier sur internet à
la compagnie Flandria. Heureusement car
arrivés au quai Asiadok- Zuidkaai,
aucune baraque ne signale le point de départ, seule une oriflamme au nom de la compagnie indique le point
d’embarquement. D’autres personnes
patientent déjà, puis le bateau accoste,
se vide de ses voyageurs pour se remplir
à nouveau. Nous nous installons sur le pont pour une virée de 2h parmi les
canaux du port ; nous pouvons distinguer à notre aise les berges sur
lesquelles s’entassent grues, tuyaux,
cuves, containers, torchères, éoliennes et gros navires en escale. Des bateaux
pilotes tractent de gros cargos obligeant à des manœuvres
pour passer les ponts levants. Puis notre bateau
s’engage dans des voies d’eau plus étroites en direction de garages
spécialisés en réparations diverses.
Dans ce secteur, des hangars désaffectés disparaissent progressivement sous les
attaques énergiques des pelleteuses. Nous le constatons, l’activité est à
son comble dans cet important port
européen employant un nombre considérable de corps de métiers et beaucoup de
main d’œuvre. Un autre avantage à notre navigation réside dans la découverte du
Het Havenhuis (la maison, la
capitainerie du port) aperçu sous
plusieurs angles. Cette construction moderne de Zaha Hadid élevé au- dessus de
l’ancien bâtiment prend la forme d’une étrave de bateau et d’un diamant
à plusieurs facettes, symbolisant les 2 emblèmes phares d’Anvers. Pour nous
accompagner, la météo agréable sous un
soleil chaud au départ, a changé rapidement avec 3 gouttes de pluie pour finir avec des nuages très menaçants,
nous offrant une grande variété de ces couleurs si particulières au ciel du
nord. Le soleil a même copiné avec l’arc
en ciel. Nous retrouvons la terre ferme,
contents de notre excursion maritime et
retournons au MAS, motivés pour
l’exposition « fret » à propos du port, des gens et des marchandises.
Mais le musée, ouvert tardivement à 10h, clôt ses portes tôt à 17h.Alors nous rentrons
par des rues intérieures vers Grote Markt où nous nous joignons à
l’attroupement généré par un groupe de musiciens belges. Composé d’un chanteur, d’un tambour, d’un violon à l’archet
bien fatigué et d’un petit accordéon,
l’ensemble de quatre hommes habillés en costumes du Moyen âge animent la place
avec des chants anciens ou folkloriques parfois même des chants polyphoniques,
dans une ambiance bonne enfant.Nous les quittons à leur moment de pause, prenons
le tram 15 à Groenplaatz jusqu’ à la station San Willibrorduskerk, terminons le chemin à pied,
nous arrêtons au supermarché bio à côté de la casa et rentrons nous enfermer chez nous. Fin de la journée.
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