jeudi 26 février 2026

Anvers # 5

Nous quittons la maison sous un beau temps inespéré mais prudence, parka et parapluies remplissent nos sacs.
Nous attrapons le tram 7 pris au même endroit qu’hier en direction de « Eilandje » où nous comptons nous arrêter. Cependant, tous les passagers descendent  à Groenplaatz, avant la station que nous visons. Interrogé,  le chauffeur nous confirme : il nous faut continuer à pied le tronçon jusqu’au MAS, tronçon mis en fonctionnement à partir d’octobre seulement.
Malgré tout, nous arrivons au MAS (Museum aan de Stroom
), 
en avance, l’ouverture des guichets n’étant prévue qu’à10h
Par contre, il est possible en attendant, de monter sur la terrasse de cette construction moderne en forme de cube alternant des blocs de briques à des blocs en verre, conçue par un architecte néerlandais  dans l’esprit parait-il d’un entrepôt.
Nous y montons par l’intérieur grâce à des escalators qui, ne se présentant pas dans le prolongement les uns des autres, partent d’un côté différent du cube  à chaque palier. Cette disposition permet ainsi d’offrir une vue tournée vers les quatre coins cardinaux.
Sur la terrasse extérieure, Au 8ème étage, derrière la vitre, « un couple Amiral saluant » réalisé par Guillaume Bijl, nous accueille, comme pour nous accompagner à bord d’une croisière, vers une destination lointaine. Nous devons ensuite prendre les escaliers pour passer du 9ème au 10ème étage où nous attend le panorama  promis sur l’ensemble de la ville et du port.
A 10 h, nous descendons acheter nos billets.
Nous commençons par l’exposition temporaire intitulée « Compassion ».
Elle répond à une interrogation artistique mélangeant époques, cultures, lieux, religions, modes d’expression, neurosciences.
Ce vaste sujet s’appuie sur un éventail d’œuvres très large 
mis en valeur par une muséographie intéressante.
La collection permanente se répartit sous plusieurs thèmes : 
nous délaissons  « ville en guerre » au profit de « Anvers à la carte » :
l’expo aborde les problèmes des villes et de l’alimentation du 16ème à aujourd’hui, la pêche, l’agriculture urbaine, les denrées exotiques (le sucre et le café), les ustensiles, les déchets (collection de WC d’époques différentes).
A propos de la pêche, nous apprenons que les poissonniers de la ville s’approvisionnent à ….. Rungis !  car  la pollution de l’Escaut n’autorise plus la pèche en circuit court.
Nous renonçons à l’expo « Fret »car le temps passe, il est plus de midi.
Nous espérions manger à la cantine du MAS, mais il aurait fallu retenir comme les autres clients, installés. Alors que nous attendons un serveur, un homme assis seul à une table de 8 personnes se lève et s’approche, me serre la main en se présentant jusqu’à ce que le garçon se précipite  pour nous refouler gentiment, conscient de la méprise. Nous ne profiterons pas de la table de huit.
En plus, au moment de sortir en quête d’un établissement près à nous recevoir, une pluie diluvienne s’abat sur la ville, le tonnerre s’invite  bruyamment, fini le soleil, bonjour l’orage ! A la 1ère accalmie, nous pointons le nez dehors et  nous contentons juste derrière le musée d’un restau de burgers, plutôt branché inspiré par le style garage avec cloisons vitrées bordées de métal noir, murs en briques ou peints en noir.
Pendant notre repas, le temps s’éclaircit, il ne pleut plus. C’est donc avec soulagement que nous nous acheminons vers le point de rendez-vous pour  prendre le bateau  assigné à balader les curieux dans le port.
Nous traversons le quartier het Eilandje. Le nom des rues, Brazilliesrtaat, Bataviastraat invite au voyage, mais rappelle surtout que les migrants pour le nouveau monde convergeaient ici. Selon les conseils de l’ODT, nous avons acheté les billets hier sur internet à la compagnie  Flandria. Heureusement car arrivés au quai  Asiadok- Zuidkaai, aucune baraque ne signale le point de départ, seule une oriflamme  au nom de la compagnie indique le point d’embarquement.
D’autres personnes patientent déjà, puis  le bateau accoste, se vide de ses voyageurs  pour se remplir à nouveau.
Nous nous installons sur le pont pour une virée de 2h parmi les canaux du port ;
nous pouvons distinguer à notre aise les berges sur lesquelles s’entassent  grues, tuyaux, cuves, containers, torchères, éoliennes et gros navires en escale.
Des bateaux pilotes tractent de gros cargos obligeant à des manœuvres 
pour passer les ponts levants.
Puis notre bateau s’engage dans des voies d’eau plus étroites en direction de garages spécialisés  en réparations diverses.
Dans ce secteur, des hangars désaffectés disparaissent progressivement sous les attaques énergiques des pelleteuses.
Nous le constatons, l’activité est à son comble dans cet important  port européen employant un nombre considérable de corps de métiers et beaucoup de main d’œuvre.
Un autre avantage à notre navigation réside dans la découverte du Het Havenhuis (la maison, la capitainerie  du port) aperçu sous plusieurs angles.
Cette construction moderne de Zaha Hadid élevé au- dessus de l’ancien bâtiment  prend la  forme d’une étrave de bateau et d’un diamant à plusieurs facettes, symbolisant les 2 emblèmes phares d’Anvers.
Pour nous accompagner, la météo  agréable sous un soleil chaud au départ, a changé rapidement avec 3 gouttes de pluie  pour finir avec des nuages très menaçants, nous offrant une grande variété de ces couleurs si particulières au ciel du nord.
Le soleil a même copiné avec  l’arc en ciel.
Nous retrouvons la terre ferme,  contents de notre excursion maritime et  retournons  au MAS, motivés pour l’exposition « fret » à propos du port, des gens et des marchandises. Mais le musée, ouvert tardivement à 10h, clôt ses portes tôt à 17h.
Alors nous rentrons par des rues intérieures vers Grote Markt où nous nous joignons à l’attroupement généré par un groupe de musiciens belges. Composé  d’un chanteur, d’un tambour, d’un violon à l’archet bien fatigué  et d’un petit accordéon, l’ensemble de quatre hommes habillés en costumes du Moyen âge animent la place avec des chants anciens ou folkloriques parfois même des chants polyphoniques, dans une ambiance bonne enfant.Nous  les quittons à leur moment de pause, prenons le tram 15 à Groenplaatz jusqu’ à la station San  Willibrorduskerk, terminons le chemin à pied, nous arrêtons au supermarché bio à côté de la casa et rentrons  nous enfermer chez nous. Fin de la journée.

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