nous attendons l’arrivée de la femme et de la fille d’un
porteur de repas chinois dans New-York la grise.
Son vélo a été volé, son loueur l’a escroqué.
« Lucky Lu »,
son titre de la quinzaine des cinéastes de Cannes, où il est question de chance
restera un terme ironique, tout au long de cette heure trois quarts pleine de
tristesse.
Sous les yeux de sa
petite fille, les tentatives du père ne parviennent pas à assurer, même le
temps d’une journée, une existence digne à sa famille. La solidarité de la communauté ne peut masquer l’accumulation des mensonges.
Les conditions de
vie d’un sous prolétariat qui innerve nos grandes cités nous interrogent quand
la plus puissante économie du monde a besoin de la main d’œuvre de son puissant
concurrent, qu’elle ne saurait voir qu’au cinéma.
Blue sun palace. Constance Tsiang.
Commencée avec légèreté la chronique de la vie d’immigrés
chinois à New York tourne au drame. La relation amoureuse naissante entre un
exilé dont la famille est restée à Taïwan et une jeune fille qui travaillait
dans un salon de massage est brisée par la mort de celle-ci lors d’un braquage.
Pourra-t-il sortir de sa solitude avec l’amie de la disparue ?
Malgré un contexte particulier, la violence
surgissant à plusieurs reprises plutôt que d’abolir la fraternité, la sororité,
laisse la place à la complexité, aux ambigüités, à la pudeur des
sentiments.

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