« Les auteurs du Bilan répétaient des
vérités tragiques sur la fin des temps, face à des hommes, et quelques femmes,
qui avaient la réputation d’être hautement calculateurs mais ne pensaient à
rien d’autre qu’à ce qu’ils boufferaient une fois la conférence
terminée. »
Pourtant je n’approuve pas la prof de français, nommée
Cassandre, qui remplace les auteurs classiques par l’étude du
« Bilan » volume de 600 pages alertant sur l’état de la
planète.
Une de ses élèves a fait une tentative de suicide.
Cassandre subit un procès, son avocat et celui de la famille accusatrice argumentent brillamment. Elle est
enceinte.
Un des contributeurs au rapport scientifique documentant le livre en question, appelé comme
témoin se relève, après un période délirante :
« - A quoi
ressemblerait pour vous une terre paisible, Bertrand ?
- Un monde où les
humains restent chez eux. Où ils cultivent leur jardin sans faire chier les
voisins. Un monde où les gens arrêtent de bouffer quand ils n’ont plus
faim. »
Les personnages fatigués, amers, traversent vivement ces 200
pages où des épisodes au comique grinçant alternent avec des réflexions à
propos de la transmission au-delà des querelles entre scientifiques et littéraires.
Les premières traces écrites comptaient les moutons.
« Bertrand
n'avait jamais aimé les artistes.
Des catégoriques qui s'efforçaient d'échapper
aux catégories, des égoïstes aux âmes sensibles, des gens ouverts sur le monde
sans rien y comprendre… »
Le style nerveux, acerbe, s’autorise une conclusion poétique
après avoir noirci quelques portraits :
« Nous ne sommes
que de simples profs, on n'est pas là pour réinventer le monde.
On a basculé
sur quoi manger à midi et si l'ascenseur était réparé. »
La littérature n’est pas finie.

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