samedi 14 février 2026

Les dernières écritures. Hélène Zimmer.

Ce roman remarquable, pose avec efficacité le problème écologique sous différents angles.
«  Les auteurs du Bilan répétaient des vérités tragiques sur la fin des temps, face à des hommes, et quelques femmes, qui avaient la réputation d’être hautement calculateurs mais ne pensaient à rien d’autre qu’à ce qu’ils boufferaient une fois la conférence terminée. »
Pourtant je n’approuve pas la prof de français, nommée Cassandre, qui remplace les auteurs classiques par l’étude du « Bilan » volume de 600 pages alertant sur l’état de la planète.
Une de ses élèves a fait une tentative de suicide. 
Cassandre subit un procès, son avocat et celui de la famille accusatrice argumentent brillamment. Elle est enceinte.
Un des contributeurs au rapport scientifique documentant le livre en question, appelé comme témoin se relève, après un période délirante : 
« - A quoi ressemblerait pour vous une terre paisible, Bertrand ?
- Un monde où les humains restent chez eux. Où ils cultivent leur jardin sans faire chier les voisins. Un monde où les gens arrêtent de bouffer quand ils n’ont plus faim. » 
Les personnages fatigués, amers, traversent vivement ces 200 pages où des épisodes au comique grinçant alternent avec des réflexions à propos de la transmission au-delà des querelles entre scientifiques et littéraires. 
Les premières traces écrites comptaient les moutons. 
« Bertrand n'avait jamais aimé les artistes. 
Des catégoriques qui s'efforçaient d'échapper aux catégories, des égoïstes aux âmes sensibles, des gens ouverts sur le monde sans rien y comprendre… » 
Le style nerveux, acerbe, s’autorise une conclusion poétique après avoir noirci quelques portraits : 
« Nous ne sommes que de simples profs, on n'est pas là pour réinventer le monde. 
On a basculé sur quoi manger à midi et si l'ascenseur était réparé. »
 La littérature n’est pas finie.

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