Nous ne faisons que passer devant l’église Saint Paul en réfection et donc fermée que notre livre,
vantait pour son calvaire dans son
jardin intérieur. Déçus, nous nous déplaçons au n°11 de la Stoelstraat où, résiste la plus ancienne maison à façade de bois bâtie en 1480, classée et
remarquablement entretenue.De nouveau, nous nous heurtons à une porte fermée pour
accéder à une tour Pagadder ;
malheureusement pour nous, elle se situe derrière la grille d’un porche
privé, dont l’interphone ne nous permet pas l’accès. Nous apprenons juste qu’il
s’agit de tours d’observation pour les officiers espagnols du XVIème siècle appelés « pagadores », tours dans lesquelles ils entreposaient les
vêtements et la nourriture affectés aux soldats.Nous voici arrivés maintenant à la grande place, Grote Markt. Nous nous tournons vers l’hôtel de ville construit au
XVIème siècle,
Ils correspondent à trois périodes historiques
successives : le duché du brabant (1106-1795), le blason du roi d’Espagne
(XVIème, âge d’or de la ville) et le Margravat d’Anvers (avec
l’aigle bicéphale germanique). Se détachent aussi des statues d’une vierge trop
grande pour sa niche entourée deux
allégories, la Justice et la Prudence. Face au Stadhuis une
place triangulaire s’étend à la mode du peuple Franc. Les maisons des guildes
et des corporations la bordent, placées sous la protection de leur saint
patron apparaissant sous forme de statue
dorée au sommet des toits comme par exemple, Saint George saint patron des
arbalétriers.Au XIXème siècle la place s’enrichit d’une
fontaine en bronze monumentale. Cette fontaine dite de
Brado se réfère à l’un des héros légendaires anversois. Brabo débarrassa la
ville d’un géant qui taxait les bateaux ; quand les marins refusaient de
le payer, il leur coupait la main qu’il jetait dans les flots. Alors Brabo
appliqua la même pénitence au géant. Hand werpen : traduction main coupée
serait à l’origine de Antwerpen, le nom flamand d’Anvers.Près des pouvoirs civils, politiques et économiques, ne se
trouve jamais bien loin le pouvoir religieux. La richesse acquise par des
commerçants prospères eut des retombées logiques sur la cathédrale
Notre Dame. Partie d’une petite chapelle au IXème siècle, elle s’embellit
et s’agrandit, devint la cathédrale de style gothique brabançon la plus élevée
des Pays Bas. Mais elle subit les mauvais traitements d’abord des protestants,
et ensuite des révolutionnaires français. L’entrée payante donne droit à un
fascicule simple et bien fait. Outre les bijoux de la cathédrale, celle-ci
détient plusieurs d’œuvres d’art anciennes et modernes : quatre tableaux de
Rubens dont 3 triptyques rendus par la
France en 1816 constituent l’attraction
principale de l’église : Ils représentent « Erection de la
croix », « Descente de croix » (à son emplacement d’origine)
« Assomption de la Vierge » (à son emplacement d’origine derrière
l’autel) et « Résurrection du Christ » plus petit que les autres,
moins apparent car placé dans un coin d’une chapelle. Quatre autres
tableaux d’autels dédiés aux guildes et métiers au XVIème siècle, apparaissent
symétriquement dans la nef centrale. Peints par des précurseurs de Rubens, ils
racontent des sujets bibliques facilement reconnaissables.
Quatre artistes
contemporains créèrent à leur tour une pièce pour le sanctuaire. Le plus spectaculaire est « l’homme qui porte la
croix » de Jan Fabre. L’artiste s’est représenté grandeur nature éclatant
de dorure portant à bout de bras une croix en équilibre. Javier Perez propose « Corona »,
une couronne
d’épines en verre de Murano posée sur un coussin rouge, Sam Dillemans peint une descente de croix en
hommage à Rubens, De profondis de
Enrique Marty annonce un après monde dans 2 petits tableaux encadrés
montrant une église envahie par un arbre et une église colonisée par des oiseaux avec un enfant.Dans une chapelle, les fidèles peuvent honorer la sainte
patronne de la cathédrale. Une statue de Vierge habillée richement recueille leurs
prières, leurs vœux leurs confidences
concrétisés par des rangées de bougies. Toutes ces œuvres bénéficient d’un écrin pimpant, clair car
repeint en blanc bien que certains endroits (peu) conservent leurs anciennes
couleurs. Des fresques décorent parfois
voûtes et lanterneaux. Nous jetons un œil au sous-sol, où reposent des
sarcophages en briques avant de nous éclipser.







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