Nous interrompons nos visites pour nous restaurer d’un
moules frites ou endives au jambon sur
la Groenplaats.Puis suite à cette transition culinaire, nous changeons
radicalement de quartier et d’ambiance, nous effectuons un bond dans le temps,
abandonnant le moyen âge et le XVIème. Nous nous engageons dans la rue Meir
débordante d’activité ; très commerçante, cette grande artère piétonne
grouille de clients et badauds. De nombreux bâtiments du XVIIIème et
XIXème siècle la bordent
jusqu’à la gare, recherchés pour
héberger luxueusement des magasins gérés souvent par des chaînes
internationales. Nous découvrons parmi eux l’ancienne Stadsfeestzaal (salle des
fêtes) rue Leystraat transformée en
galerie marchande, magnifiquement restaurée.En flânant, le nez en l’air, tout en faisant du
lèche-vitrines, nous atteignons la centraal
Station qui s’impose à nous dans
toute sa splendeur comme un« terminus » grandiose de la Meir.
Considérée comme l’un des monuments les plus fastueux de Belgique, également
comme le plus bel exemple d’architecture ferroviaire, elle répond aux canons de
l’art nouveau. Sa façade ressemble à un palais baroque, roccoco,
c’est un magnifique temple dédié au chemin de
fer. Son hall d’entrée majestueux supporte un dôme digne du panthéon, des
colonnes de styles grecs classiques ou même
toscan, des marbres de couleur et origine très variés, des stucs dorés
des décorations les dimensions, tout
contribue à montrer l’opulence de la ville, à impressionner le public.
S’ajoute à ce hall en pierre une immense toiture de verre et de fer comme on en
trouve dans les gares à cette époque pour protéger les voies et les quais. Plus
récente une sculpture d’oiseau épurée en inox s’intercale entre les deux
espaces. L’édifice fut inauguré en 1905,
depuis, des soins attentifs lui sont apportés pour qu’elle demeure un site utilitaire mais aussi touristique.Pour les touristes fortunés justement, le quartier de la
gare regorge de boutiques de
diamantaires qui portent tous des noms juifs.
Dans les vitrines nombreuses et
mitoyennes, les pierres précieuses accrochent la lumière, scintillent et
clignotent, éblouissent. Nous n’avions jamais fait le rapprochement entre jew
(juif) et jewel (bijou) comme nous le suggère
l’un des guides que nous possédons.Si les joailliers se massent à gauche de la gare centrale
quand on lui fait face,
le zoo d’Anvers
s’étend à sa droite. Des magnifiques bâtiments art nouveau de 1843 font l'objet « d'un
arrêté de protection spécifique pour éviter qu'ils ne soient modifiés ».
Sa superficie importante autorise l’accueil
confortable et respectueux de
plus de 5000 animaux. De l’extérieur, nous le repérons facilement grâce à des
statues posées sur les dômes, comme le chamelier près de l’entrée. Pour
l’intérieur, il s’annonce kitsch, avec décor mauresque, ou temple égyptien. Sur le coup pas tentés par la
visite, nous regretterons plus tard
d’avoir négligé ce lieu au vu de photos
et de descriptionsNous récupérons le Meir comparable à des «Ramblas »
du nord que nous redescendions jusqu’à la hauteur de la Handelbeurs antwerpen.
Le détour en vaut la peine ! Cette bourse du commerce (Handelbeurs) reléguée au
fond d’une ruelle fonctionne depuis le XVIème siècle. Abandonnée au XVIIème puis remise
en activité de 1872 à 1997, elle subit deux incendies en 1583 et 1858
avant qu’un architecte ne la
reconstruise dans un style « néogothique extravagant ». L’intérieur rénové récemment met en valeur des galeries ouvragées avec des colonnes sur 2 étages qui entourent une cour couverte. La lumière pénètre par des
verrières, soutenues par d’élégantes ferrures vertes. Tout le long des murs,
des cabines accolées en bois assuraient la tranquillité et le secret pour des
transactions commerciales, avec en décor des peintures murales figurant des
cartes du monde. Aujourd’hui, dessaisie de ses fonctions, elle est reconvertie en espace culturel, pour
des évènements (Antwwerp trade fair) ou comme lieu de rencontre et de passage.Nous réservons notre dernière visite à la Vlaeykensgang dans le centre historique
médiéval. Par une entrée discrète, presque invisible de la rue, nous pénétrons dans une sorte de petit
quartier fermé, de passage secret étroit où logeaient les habitants les plus
pauvres de la ville ainsi que les cordonniers dont la charge consistait à
sonner le tocsin depuis la cathédrale
toute proche. Menacées de destruction en 1960, les charmantes petites maisons
blanches historiques serrées les unes contre les autres, attirent aujourd’hui,
après rénovation, les restaus chics et les antiquaires.Il y aurait encore matière à
baguenauder et découvrir,
mais nous jugeons la journée suffisamment bien
remplie. Nous nous replions vers le tram/métro (parfois souterrain), tout
d’abord pris dans le mauvais sens car
nous nous trouvons de l’autre côté de l’Escaut puis dans le bon. Une petite
marche à pied entre le tram et la maison augmente les pas enregistrés par le
podomètre en s’ajoutant à tous ceux d’aujourd’hui. Nous apprécions la présence
du supermarché bio voisin de notre Airb&b, parce que une fois rentrés, nous
n’avons plus le courage de ressortir manger ou courir faire des courses plus
loin. Repos.PS. Au cours de nos pérégrinations, nous avons plusieurs
fois noté le nom de Bonaparte, que ce soit pour appeler un quai ou un restaurant.
Si les anversois se montrent reconnaissants envers lui, c’est dû au fait qu’il leur a permis de
reconquérir la navigation sur l’Escaut ouvert sur la mer, que les néerlandais
bloquaient pour asphyxier la ville.PS. Beaucoup de vélos cargos circulent sur les nombreuses
pistes cyclables,

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