samedi 29 novembre 2025

Le pays dont tu as marché la terre. Daniel Bourrion.

Le titre ne ment pas en annonçant un style singulier, non de celui qui vise à épater le lecteur mais entre parfaitement en adéquation avec son sujet. 
« Je ne sais par où commencer, cela remonte au loin, suffisamment pour avoir laissé à quelques décennies tout le loisir de mâchouiller le peu qu’il reste de l’époque et tout autant de nous. » 
Ce retour vers un personnage de son enfance rejoint mes préoccupations autour des souvenirs et de leur restitution, surtout quand il s’agit d’un être mystérieux, solitaire, toujours absent, maintenant disparu.
Le mérite de l’auteur revenu au village est de revivifier les mots les plus simples prononcés par celui auquel il consacre 125 pages honnêtes, aimables. 
« J’habite toujours ici ». 
Cette recherche littéraire en train de tâtonner, au service du lien avec ses semblables, transportant les regrets d’avoir manqué des occasions, respecte les secrets de ceux qui apparaissent dans ce livre édité par Héloïse d’Ormesson. 
« Je n'ai que peu de peine à peindre cette solitude. Je peux parfaitement me la représenter. Ces tiennes routines, manger, dormir, boire, fumer, attendre la suite qui était très exactement la même histoire, je sais ce qu'elles peuvent être. Lentement, sans même y prêter garde, on voit le temps se brouiller totalement. Même les mots qui ne servent plus, on finit par les oublier, jusqu'à atteindre le dernier. » 
Ce livre touchant fait du bien parmi tant de propositions revanchardes, lourdes, sans recherche.
Cette poésie fraternelle, amenant « les gens de peu » à la lumière, nous réchauffe.

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