lundi 16 janvier 2023

Caravage. Michele Placido.

« Le Masque et la Plume » avait dit que c’était une « croûte » et bien que je sache leur goût immodéré des bons mots, je m’attendais à un film médiocre.
Mais de la même façon que des chefs d’œuvres annoncés peuvent décevoir, cette version de la vie romanesque du peintre m’a parue bien supérieure cinématographiquement à celle de 1986.
Isabelle Huppert en marquise protectrice m’a surpris comme Louis Garrel dit « L’ombre » enquêtant sur le maître du clair obscur joué par Riccardo Scamarcio. Le génie de l'artiste fait pardonner ses crimes, il paiera de sa vie.
L’écorché vif est sûr de son génie, il a ébloui quelques prélats, choqué tant d’autres et traversé les siècles.
Le goût de l’impétueux romain pour les épées n’évince pas des questionnements autour de la création quand des modèles « humains trop humains » sont choisis pour représenter des divinités.
Nous échappons au concours de trognes pittoresques et les beaux éclairages ne parodient pas les tableaux du XVII° tout en évoquant la genèse de certaines toiles.
Le réalisateur avait adapté « Romanzo criminale » de Giancarlo De Cataldo.

4 commentaires:

  1. Alléchant. Merci. Tu l'as regardé en DVD ou avec les amis du musée ?

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  2. Au cinéma, il est encore sur les écrans. ce n'est pas un chef d’œuvre mais on en avait dit tant de mal que je l'ai trouvé plutôt bien.

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  3. Vu hier soir à A Vence Scène. Ce n'était pas déplorable, mais j'ai été un peu déçue par le procédé "enquête" pour dérouler sa vie. Je trouve qu'il s'agit d'une paresse intellectuelle pour structurer un film que de "suivre" la biographie. Et il y a des choses que je n'ai pas comprises : si Raphaël a employé la Fornieri, (orthographe ?)sa maîtresse, pour faire la Vierge de la chapelle Sixtine, et une autre vierge plus populaire, il était évident que les peintres ne trouvaient pas leurs modèles dans le beau monde, car c'était impensable pour les dames de poser dans un atelier de peintre pour des raisons de modestie, bien entendu. Donc, il fallait qu'ils se débrouillent autrement pour trouver des modèles...
    La place de l'Eglise comme institution, et garant social des croyances, en opposition à la revendication individuelle, personnelle est un problème intemporel comme on peut le savoir, mais il est vrai que je ne vois guère de compréhension pour ces enjeux à notre époque...La Réforme est bien passée par là ?
    Et puis... le problème tout aussi éternel de la... sophistication, un mot qui doit être avec nous depuis longtemps pour un autre phénomène intemporel. Au delà du pouvoir de l'argent, il y aura toujours des individus qui voudraient se sentir... sophistiqués dans le monde, avec tout ce que ça comporte comme comportements pour se le prouver, ainsi qu'aux autres, d'ailleurs.
    J'ai dans mes affaires un livre de Daniel Arasse où il parle des implications théologiques du DISCOURS de la Madone Sixtine, et quand on est un tout petit peu au courant qu'il y a un discours dans ces tableaux, on peut rester sur sa faim pour le film...
    Louis Garrel ? Un Français, donc ? Tu crois qu'Isabelle Huppert parle assez bien italien pour faire le film, ou ces belles personnes étaient doublées ? Louis Garrel me fait penser au jeune Al Pacino dans "Le Parrain". C'était un plaisir de le regarder...

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