Le prince des voleurs, gentleman littéraire, virevoltant,
surprenant se rappelle à nous avec ce livre primesautier.
« Le primesaut, c’est
l’enfance, c’est l’esprit de jeu, c’est l’insolence du risque…»
L’écrivain, passionné par son sujet, nous livre d’une
écriture fluide, en 362 pages documentées un ouvrage léger, autour d’Arsène
Lupin, qui hanta, à la fin de sa vie son géniteur Maurice Leblanc comme Balzac appelant à son chevet le docteur Bianchon, un de ses personnages de « La
Comédie humaine ».
« Je découvre
seulement maintenant, en écrivant et parce que j’écris, la nature exacte des
liens qui de ma solitude, la mienne, à sa solitude, la sienne, (car les liens
sont toujours de solitude à solitude et non de compagnie à compagnie)
m’attachent psychiquement, j’allais dire libidinalement au gentleman
cambrioleur. »
Né à la belle époque, quand dix millions de quotidiens
étaient vendus chaque jour, le cambrioleur peut être
décrit en situationniste, dada, descendant d’Ulysse.
« Crée en toute
conscience des situations nouvelles, romanesques, intenses et bouleversantes. »
L’habile romancier revient à la source des mots, des noms
propres, démasque les identités qui toujours échappent, revisite Etretat et
Jumièges, rappelle Cartouche ou d’autres élégants hors la loi, croise Sherlock
Holmes, et Herlock Sholmès, Maupassant, Kundera, Einstein, Freud,
Jankélévitch :
« On peut, après
tout, vivre sans le je-ne-sais-quoi, comme on peut vivre sans philosophie, sans
musique, sans joie et sans amour. Mais pas si bien. »
Nous prenons connaissance d’un passage censuré dans une
édition pour la jeunesse :
« Quand elle marche, sa taille a un
petit balancement que je ne puis voir sans trembler…
Tout en elle me donne
ce tremblement de l’émotion et de l’amour».
L’enquête portant sur l’anar devenu patriote et même
détective, apparaissant dans dix-huit romans, trente-neuf nouvelles et cinq
pièces de théâtre, va bien au-delà des cambriolages.
« On croit que
c’est le livre qui fait le lecteur, mais l’inverse est encore plus vrai.
Lorsque nous tombons amoureux, c’est nous qui tombons amoureux. L’autre n’y est
pas pour grand-chose, même si l’amour n’aurait pas lieu sans lui. Mais ce n’est
pas une raison pour tout lui mettre sur le dos. »

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