mercredi 3 juin 2026

La route de la soie. Barbara Lepêcheux.

« La mosquée Kalon »
de Boukhara en Ouzbékistan annonçait la conférence des amis du musée  de Grenoble avant un voyage organisé au cœur des routes de la soie dont tous les commerces « tissent l’histoire » aux « arches de turquoise et coupoles d’azur ». 
https://blog-de-guy.blogspot.com/2026/02/la-soierie-lyonnaise-cecile-demoncept.html
Avant que des voies maritimes s’ouvrent au XVI° siècle, les liaisons terrestres entre l’Orient et l’Occident courant sur 9500 km de la Chine à Venise en passant par Constantinople s’étaient développées depuis le 2° siècle avant JC. Le périple pouvait durer plusieurs années.
Le terme «  route de la soie » date du XIX° siècle, Xi’an en chine en est la porte d’entrée.
Le nom latin de la soie était sericum, dérivé de « Seres », désignant pour les romains, les habitants d’au-delà du Gange où poussaient « des arbres à laine ». 
Le stoïque Sénèque, estimait que ce tissu coûtait trop cher et ne cachait rien.
En 139 avant notre ère, l’empereur de Chine envoya le général Zhang Qian dans le Ferghana  pour sceller des alliances contre les Huns et obtenir des chevaux. Malgré de soyeux cadeaux diplomatiques, celui-ci fut retenu prisonnier pendant 13 ans.
Il  eut le temps de découvrir la carotte et la luzerne, se maria et s’évada, connut d’autres pays : 
il ouvrit ainsi les routes de la soie.
Il rencontra les Parthes guerriers d’Iran aux flèches légendaires.
Les peuples, les langues perse, turque, arabe, les techniques et les religions se croisaient.
Dans les falaises près de l'oasis de Dunhuang, en bordure du désert de Gobi, 700 grottes décorées
reflètent un millénaire d'art bouddhique. « Grotte 45 de Mogao ».
Autre étape chinoise, la cité de Gaochang construite au premier siècle avant J.-C en territoire Ouïgour
dont les habitants avaient adopté l’écriture des Sogdiens venus de Perse et bien des croyances religieuses comme le manichéisme inspiré du zoroastrisme, première religion monothéiste, le nestorianisme.
« Un marchand sogdien (VIIe siècle) »
https://blog-de-guy.blogspot.com/2017/10/la-perse-sassanide-issa-steve-betti.html
Les caravanes, véritables villes ambulantes peuvent compter 500 ou 1000 chameaux, 
(deux syllabes, deux bosses), pouvant porter 250 kg chacun.
D’oasis en oasis, il faut franchir des déserts,
et passer les Monts célestes qui traversent 
le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, et longent le Kazakhstan. 
Toutes ces nations de l’ancienne URSS dont le suffixe « stan » signifie « pays », en persan, appartenaient au monde turc depuis 1000 ans.
L’Ouzbékistan, et ses deux fleuves l'Amou-Daria et le Syr-Daria se jetant dans la mer d’Aral en voie d’assèchement n’a pas d’accès maritime. Presque de la taille de la France, ce pays pourrait rappeler la Mésopotamie, une des plus anciennes civilisations entre Tigre et Euphrate.
Son ancien nom, la Transoxiane signifie « au-delà du fleuve Oxus », (l'Amou-Daria). Les historiens l'utilisent en souvenir des conquêtes d’Alexandre le Grand venu jusque là.
Tamerlan
, « l’épée de l’Islam » fit de Samarcande sa capitale au XIV° siècle au prix de millions de victimes estimés à 5 % de la population mondiale de l'époque.
Il revendiquait une filiation avec Gengis Khan le mongol encore plus sanguinaire qui fut à la tête du plus vaste empire de l’histoire.
Le sable de la place
 « Le régistan » absorbait le sang des suppliciés.
Au XV ° siècle, Ulugh Beg, le petit fils, féru d’astronomie, y fit construire une médersa ( établissement éducatif et religieux) dont le pistak porte des étoiles.
« Cette magnifique façade est deux fois plus haute que le ciel, 
et lourde au point que l'échine de la terre en est écrasée. »
« Le minaret de Boukhara » construit au XII° siècle ressemble à un phare. 
A proximité la « mosquée Kalon » est l’une des plus vastes d’Asie centrale.
« La citadelle d'Itchan Kala »
, du XVII°, mesure 600 mètres de long sur 400 mètres de large.  Avant de rejoindre l’Iran ou la Volga, dans la ville de Khiva se tenait jusqu’en 1870 un grand marché aux esclaves.
Le nom latinisé d’ Al-Khwârizmî né vers l'an 780 dans ces contrées est à l’origine du mot algorithme. Le mot algèbre vient du titre de l'un de ses ouvrages (Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison). 500 ans plus tard, 
sont adoptés. les chiffres indo-arabes dont le mathématicien avait apprécié l’efficacité.
On raconte qu'une personne lui avait posé une question sur la valeur d'une personne,
à laquelle il a répondu : 
« Si une personne a une morale, alors elle = 1, et si une personne a aussi la beauté, ajoutez un zéro à un, c'est-à-dire = 10, et s'il a de l'argent, ajoutez un autre zéro = 100. Si elle a une lignée ajoutez un autre zéro = 1000. Si le chiffre un, qui est la morale, a disparu, la valeur de l'être humain a disparu et les zéros qui n'ont aucune valeur restent. »

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