Le leitmotiv des prisonniers politiques du régime de Poutine
que la troupe de Komsomolsk-sur-Amour a fuit depuis la guerre en Ukraine,
s’immisce entre les souvenirs des acteurs accueillis au Théâtre des Célestins à
Lyon.
Leur traductrice a rejoint la troupe et tient un rôle important quand la
langue interroge
« racines », « asile »,
« refuge ». On peut s’inquiéter davantage des mots d’un jeune homme, reprenant les mensonges du maître de l’empire russe, saisi dans une vidéo, persuadé que les européens sont déjà conquis.
Des citations de Dostoïevski donnent
envie de revenir à l’auteur d’ « Un homme ridicule ».
Après un début prenant, où les acteurs « réapprennent à
marcher », la diversité des
dispositifs scéniques avec utilisation poétique de la vidéo n’a pas toujours
aidé à la cohérence d’un propos qui a bien le droit de se chercher. Il est par
ailleurs des remises en cause des images mythologiques plus tragiques que
celles du Transsibérien, mais la vie n’est pas faite que de drames grandioses.
Les pommes de terre dispersés sur la plateau ne sont pas que
métaphores et une orchidée renaissante peut donner du courage, mais quel besoin
de faire monter une personne sur scène pour lui offrir un pot de fleur aux
allures de cadeau publicitaire.
Bien que cette représentation soit moins surprenante que la
première, je reviendrai volontiers une fois prochaine à leur rencontre, tant
l’honnêteté de la compagnie m’a paru toujours aussi vibrante.

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