Nous avons bien
dormi grâce à une bonne literie, comme dans tous les logements que nous avons
testés lors de notre périple.
Seul un mal de dent de sagesse me contrarie (à
mon âge !), provisoirement j’espère.Bien que fermé, l’Office du tourisme a mis à disposition des prospectus dehors sous abri et après nous être servis,
nous les consultons devant un café pris boulevard de la Rochelle. Gédéon( notre voiture) nous
attend à l’ombre au parking des Minimes.Nous l’y
abandonnerons le temps de réaliser le circuit de la ville. Pour commencer nous
gravissons les 90 marches du raccourci pour parvenir à la ville haute en
coupant la route à plusieurs reprises.L’ascension
débouche sur le « gros Horloge ».
Cette tour du moyen âge avec ses cadrans dirigés vers la ville basse et vers la
ville haute traversa toutes les périodes, son utilité lui évita la démolition.
Entourée des restes de fortification, elle constitue l’un des emblèmes de la
cité. Nous remontons la
rue des Ducs bordée de belles maisons sobres, et inspirées de l’Italie. Plus ou
moins décorées, elles adoptent presque toutes un rez-de-chaussée un 1er
niveau et un attique et la couleur jaune pâle caractéristique de la pierre de
Savonnières en PertoisCette rue, la place
de la Halle, la place de la fontaine forment depuis le 16ème siècle
le quartier aristocratique ; il y règne aujourd’hui une ambiance
tranquille, provinciale. L’église Saint Etienne voisine avec le tribunal. Ce dernier occupe une
ancienne bâtisse, qui semblerait plus adaptée au tourisme qu’aux bureaux de la
justice. Elle aurait vue passer la reine Marie Antoinette. L’église de style
gothique flamboyant avec une influence Renaissance, s’appelait à l’origine
collégiale Saint Pierre. Elle renferme 2 œuvres majeures du sculpteur lorrain
Ligier Richier, « imagier » des ducs de Bar et de Lorraine
(1500-1567). Son « transi » montre un corps en putréfaction,
décharné mais dans une noble posture le bras tendu vers le ciel. Quant aux trois
statues en bois de son « Christ en croix avec les 2 larrons », elles expriment une profonde douleur par des corps plus ou moins contorsionnés et
des expressions différentes selon qu’il s’agisse du bon ou du mauvais larron. Une employée de
l’Office du tourisme chargée de surveiller l’église discute un moment avec nous et nous
mentionne un pressoir à vin caché au 75 de la rue des Ducs de Bar, dans une
maison privée. Aucune indication extérieure ne le signale alors il ne faut pas hésiter à pousser la porte. Il
est vraiment monumental, il occupe à lui
seul tout l’espace sous le porche. Il
appartenait au 17ème siècle à
de riches propriétaires qui le mirent à disposition des vignerons locaux à une
époque où la région était riche en vignes.Nous nous
acheminons vers la rue des grangettes et le panorama sur la basse ville.
L’espace dédié au point de vue comporte une table d’orientation très bien faite
avec des couleurs pour mieux distinguer les bâtiments importants ainsi que la
signalisation de la voie sacrée. Autrement, l’endroit sert de lieu d’exposition
à une œuvre au crochet composée de clochettes suspendues. Nous revenons
vers la tour, puis vers le jardin public
aménagé sur l’emplacement de l’ancien Château dont il reste la glacière. En redescendant
par la route vers la ville basse, nous parvenons au collège Gilles de Trêves. Fondé à la Renaissance pour instruire les
jeunes du Barrois, il passe ensuite aux
mains des jésuites avant d’être reconverti en école pour jeunes filles et ferme
définitivement ses portes en 2002. Montaigne de passage dans la ville le
qualifia de « plus belle maison de ville qui soit en France. »
Sous le porche, une inscription en latin voulue par le fondateur annonce :« Que cette demeure reste debout jusqu’à ce que
la fourmi ait bu les flots de la mer et que la tortue ait fait le tour de la
terre. » La porte franchie, nous entrons dans une cour bordée de bâtiments
avec galerie, dont les fenêtres, les éléments décoratifs attestent de l’époque
d’origine. Les murs, après une restauration nécessaire ont retrouvé la couleur jaune pâle
des pierres de Savonnières en Pertois.Nous continuons notre
descente vers la ville jusqu’à la préfecture, rejoignons le magasin
« la nouveauté française » et
le monument aux frères Michaux sans nous
attarder puisque nous les avons aperçus hier. Le circuit est bouclé, il nous ramène
au parking (gratuit !) où nous récupérons la voiture. Avant de quitter Bar
Le Duc, la curiosité nous pousse jusqu’à la fabrique de confiture de groseilles
épépinées à la plume d’oie, spécialité locale que seule la maison Dutriez
continue à produire. La technique ancestrale requiert du temps et de la
patience d’où le prix peu attractif. Nous en ramènerons quand même un pot présenté avec le luxe d’un caviar
local pour notre ami fournisseur habituel talentueux de confitures.Le voyage repris,
nous faisons une courte halte à Saint-Dizier pour des raisons purement
pragmatiques : d’abord déjeuner sur la Place de la mairie au bar du
commerce (tajine au citron confit ou salade césar) et ensuite remplir le
réservoir de Gédéon au Leclerc voisin.Puis nous nous
dirigeons vers Lons par de petites routes départementales à travers des
cultures intensives déjà moissonnées, sur des terrains gentiment vallonnés.
Nous nous replions quand même sur l’autoroute pour gagner du temps, avec option
sieste sur l’aire de la Vouivre.
.......
Nous faisons une pause dans nos carnets de voyage pour recueillir ici ou là de la matière pour de nouvelles pages à bord de Gédéon ( notre véhicule à moteur).
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