Depuis ma fenêtre d’où je profite de la vue d’un cerisier,
le passage des fleurs aux fruits qu’une pie dilapide - grand bien lui fasse -
me parait, années après années, toujours plus rapide.
J’entends parler de guerres au loin et la
nature humaine vue du dessus que je croyais plus sage, me désole.
L’espérance de vie s’accroit, d’autres la bousillent. La science fait des progrès pour
combattre la douleur, éradiquer des maladies et d’autres développent des
machines létales toujours plus sophistiquées, cultivent des haines toujours
prêtes à mordre.
« L’instinct de mort » déborde des divans
psychanalytiques, saturant les débats autour de Gaza, de l’avortement, des
sports extrêmes, de l’euthanasie, auxquels s’ajoutent recours aux drogues et
refus des vaccinations…
Des mots bruyants viennent volontiers en bout de ligne pour
habiller quelques vaines réflexions, dopés par un spectacle médiatique envahissant, "parce qu'on le veut bien", où rumeurs
et pétarades recouvrent toute nuance.
Quoiqu’un Jancovici soit bien utile pour secouer le
conformisme ambiant lorsqu’il estime que
Trump rend service à la planète pour la réduction des émissions de CO2, quand
se réinterroge notre dépendance au pétrole.
La dénomination « opération spéciale » pour ne pas
dire guerre, n’est pas qu’une euphémisation poutinienne, elle participe à une
ambiance hypocrite qui multiplie les visions puériles de la réalité. Ces
aspects douceâtres s’accommodent de grandes sauvageries quand sur radio Pigasse
un humoriste souhaite à Sophia Haram:
« de devenir
daltonienne et de traverser au feu rouge, là, BAAM !
Oh non, merde !
Comment va la bagnole ? Ça va, elle roule encore.
Super, alors repasse une
fois en marche arrière. »
et la meute rit. Voilà que l'humour, légèreté à la vie, devient un véhicule de la haine reprochée à l'autre camp. La liberté prend des coups, la liberté d'expression n'est plus un argument depuis que Musk la préemptée.
Qu’en ont dit les pétitionnaires compulsifs et autres
tribuniciens des journaux des milliardaires de gauche, apparemment loin de leur habituel camp du bien?
Le mot objectivité n’est plus à la mode. Les commentateurs
sportifs ont préfiguré la tendance en s’affichant comme supporters et taclent férocement.
Tiens, à propos de foot, ce pelé, ce galeux, les incidents
autour de la victoire du PSG ont été bien plus commentés que tout un stade lors de la finale de la coupe de France applaudissant à la 86 ° minute, quelque soit la couleur du maillot, en hommage
aux 86 morts de Nice, dix ans après le massacre.
L’image de cohortes de lémuriens se jetant à l’eau, réglant ainsi
leurs problèmes de surpopulation, s’impose tant l’absurdité des comportements
humains devient indéchiffrable.
Des scientifiques récusent cette interprétation concernant ces
bestioles, mais pour nous comment ne pas qualifier de suicidaire, le déni du
réchauffement climatique, la persistance butée à s’exposer à des substances
toxiques, les embûches dressées contre toute dynamique positive, la volonté jamais
assouvie de salir, de détruire ?
L’Express, magazine modéré, titrait:
« Van Der Leyen,
celle que les européens aiment détester »
au dessus d’un portrait dessiné où les rides accentuées ne
l’arrangeaient pas.
Tous les dirigeants à l’entour glissent vers le bas des
pentes sondagières, hormis le nôtre arrivant en fin de mandat. Ils doivent
faire face, aux passions tristes venant de tous côtés, promptes à dédouaner
chacun de ses responsabilités, au point de devoir préciser qu’il convient de
boire quand il fait chaud. Pourtant les aspirations à l’autonomie n’ont jamais
été aussi fortes.
« L’époque est terrible » serait-on tenté de
déplorer si l’on ne se retournait pas vers le passé et si un coup d’œil chez
nos voisins ne relativisait pas ce sentiment qui pourrait s’estomper en
enrôlant le stress en tant qu’élément mobilisateur.
Je ne sais plus où j’ai vu, pour parler du passé :
« Défendons ce
qui nous fonde et non ce qui fut »
par contre :
« L'avenir n'est pas ce qui va arriver, mais
ce que nous allons faire »
est d’Henri Bergson.
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