vendredi 5 juin 2026

Bamm !

Depuis ma fenêtre d’où je profite de la vue d’un cerisier, le passage des fleurs aux fruits qu’une pie dilapide - grand bien lui fasse - me parait, années après années, toujours plus rapide.
J’entends parler de guerres au loin et  la nature humaine vue du dessus que je croyais plus sage, me désole. 
L’espérance de vie s’accroit, d’autres la bousillent. La science fait des progrès pour combattre la douleur, éradiquer des maladies et d’autres développent des machines létales toujours plus sophistiquées, cultivent des haines toujours prêtes à mordre.
« L’instinct de mort » déborde des divans psychanalytiques, saturant les débats autour de Gaza, de l’avortement, des sports extrêmes, de l’euthanasie, auxquels s’ajoutent recours aux drogues et refus des vaccinations…
Des mots bruyants viennent volontiers en bout de ligne pour habiller quelques vaines réflexions, dopés par un spectacle médiatique envahissant, "parce qu'on le veut bien",  où rumeurs et pétarades recouvrent toute nuance.
Quoiqu’un Jancovici soit bien utile pour secouer le conformisme ambiant  lorsqu’il estime que Trump rend service à la planète pour la réduction des émissions de CO2, quand se réinterroge notre dépendance au pétrole.
La dénomination « opération spéciale » pour ne pas dire guerre, n’est pas qu’une euphémisation poutinienne, elle participe à une ambiance hypocrite qui multiplie les visions puériles de la réalité. Ces aspects douceâtres s’accommodent de grandes sauvageries quand sur radio Pigasse un humoriste souhaite à Sophia Haram: 
« de devenir daltonienne et de traverser au feu rouge, là, BAAM ! 
Oh non, merde ! Comment va la bagnole ? Ça va, elle roule encore. 
Super, alors repasse une fois en marche arrière. » 
et la meute rit.  Voilà que l'humour, légèreté à la vie, devient un véhicule de la haine reprochée à l'autre camp. La liberté prend des coups, la liberté d'expression n'est plus un argument depuis que Musk la préemptée. 
Qu’en ont dit les pétitionnaires compulsifs et autres tribuniciens des journaux des  milliardaires de gauche, apparemment loin de leur habituel camp du bien?
Le mot objectivité n’est plus à la mode. Les commentateurs sportifs ont préfiguré la tendance en s’affichant comme supporters et taclent férocement.
Tiens, à propos de foot, ce pelé, ce galeux, les incidents autour de la victoire du PSG ont été bien plus commentés que tout un stade lors de la finale de la coupe de France applaudissant à la 86 ° minute, quelque soit la couleur du maillot, en hommage aux 86 morts de Nice, dix ans après le massacre. 
L’image de cohortes de lémuriens se jetant à l’eau, réglant ainsi leurs problèmes de surpopulation, s’impose tant l’absurdité des comportements humains devient indéchiffrable.
Des scientifiques récusent cette interprétation concernant ces bestioles, mais pour nous comment ne pas qualifier de suicidaire, le déni du réchauffement climatique, la persistance butée à s’exposer à des substances toxiques, les embûches dressées contre toute dynamique positive, la volonté jamais assouvie de salir, de détruire ?
L’Express, magazine modéré, titrait: 
« Van Der Leyen, celle que les européens aiment détester »
 au dessus d’un portrait dessiné où les rides accentuées ne l’arrangeaient pas.
Tous les dirigeants à l’entour glissent vers le bas des pentes sondagières, hormis le nôtre arrivant en fin de mandat. Ils doivent faire face, aux passions tristes venant de tous côtés, promptes à dédouaner chacun de ses responsabilités, au point de devoir préciser qu’il convient de boire quand il fait chaud. Pourtant les aspirations à l’autonomie n’ont jamais été aussi fortes.
« L’époque est terrible » serait-on tenté de déplorer si l’on ne se retournait pas vers le passé et si un coup d’œil chez nos voisins ne relativisait pas ce sentiment qui pourrait s’estomper en enrôlant le stress en tant qu’élément mobilisateur.
Je ne sais plus où j’ai vu, pour parler du passé : 
« Défendons ce qui nous fonde et non ce qui fut » 
par contre : 
« L'avenir n'est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire » 
est d’Henri Bergson.

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