jeudi 4 juin 2026

Charleville # 1

Prêts à 8h45, nous nous apprêtons à quitter la Belgique. 
Le réseau routier s’avère un peu moins bon, la frontière tellement discrète,
que nous nous repérons seulement lorsqu’apparaîssent les panneaux annonçant les Ardennes, et les signalisations à la française le long d’un bon réseau autoroutier.
Les paysages changent, finie la platitude, voici les vallons et les collinettes.
Nous atteignons assez vite le centre de CHARLEVILLE-MEZIERES où nous garons la voiture pour un prix ridiculement bas : 0.70 € les deux heures. De même pour notre café pris dans un bar place ducale, les 3 € demandés pour 2 expressos nous surprennent par leur modicité, loin des tarifs belges auxquels nous avions fini par nous habituer.
Notre 1ère initiative concerne bien sûr un tour à l’Office du tourisme 
en quête d’informations utiles.
Comme curiosité, l’employé nous indique l’horloge du grand marionnettiste activée à 11h, malheureusement, le temps de nous repérer, nous arrivons trop tard sur les lieux, 
il nous faudra repasser.
Nous revenons vers la place ducale : de style Louis XIII, elle ressemble en plus grand à la place des Vosges de Paris,  rien de surprenant puisque les architectes des deux places appartenaient à la même famille Métezeau : Louis qui exécuta la place de  Charleville avait pour frère Clément, qui s’occupa de celle de Paris.
Les pavillons réparties autour d’une esplanade rectangulaire sans arbres obéissent tous à une organisation stricte et identique.
L’ardoise les recouvre, et les rez-de chaussée à arcades abritent les passants des intempéries. Les façades jouent avec les couleurs  des matériaux locaux, le jaune apparait avec la pierre de Dom, le rouge avec les briques et le noir violine avec les ardoises ardennaises. 
Charleville plage a pris ses quartiers pour l’été au centre de la place, bien entendu piétonne : beach volley, piscine proposant de grosses bouées ou des bulles en plastique transparent étanches, minigolf et autres attractions fournissent aux Carolomacériens (gentilé de Charleville) des distractions pour les enfants et les privés de vacances.
Mais Charleville nous a attiré essentiellement pour d’Arthur Rimbaud, l’enfant du pays.
Un musée lui a été dédié installé dans un vieux moulin sur la Meuse 
dont la façade comporte 4 colonnes portant un fronton, et un haut perron. 
Etalée sur trois étages, la visite débute par le passage au grenier où se télescopent des textes du poète lus dans différentes langues dont le latin.
Rimbaud appréciait les combles dans lesquelles il se réfugiait  pour s’évader et échapper à la coupe de sa mère.
L’étage en dessous s’applique plutôt à nous raconter sa biographie.
Le père de famille, militaire abandonna une femme pieuse et quatre enfants.
La mère bien que sévère s’échina pour payer une bonne instruction  à sa progéniture.
Et Arthur s’assura la 1ère place dans tous les domaines enseignés à l’école. 
Beaucoup d’écrits  recopiés sur les murs blancs, illustrent sa vie et son œuvre,  
des reproductions de portraits peints par Picasso Cocteau
ou encore Ernest Pignon Ernest, rendent compte de sa beauté et de son  caractère déterminé.
Par contre, peu d’objets lui ayant appartenu sont exposés à part sa malle, des photos quasi effacées prises pour ses parents lors de son séjour à Aden et Harar, de gros volumes de sciences qu’il se faisait expédier pour satisfaire sa soif de connaissances et de nouvelles expériences. https://blog-de-guy.blogspot.com/2014/01/ethiopie-j-18-harar-dire-dawa.html
Quelques allusions à ses fugues et à ses voyages se glissent   
au milieu des écrits et du peu d’objets.
Nous ressortons un peu déçus du musée, qui n’apporte finalement  
rien de plus qu’un livre bien documenté.     

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