lundi 29 juin 2026

Casser.

Les désillusions finissent par peser dans la valise à roulettes du boomer arrivé bientôt à quai. 
Je ne dresserai pas une liste exhaustive de mes erreurs d’appréciations, de mes déboires, pas plus que je recenserai les mots ou expressions devenus incompréhensibles à ceux qui sont nés dans ce siècle. Ainsi  l’appréciation : « on lui donnerait le Bon Dieu sans confession » devenue tellement désuète depuis que les accusations ont remplacé les examens de conscience devant un Dieu devenu pièce de musée.
En conclusion de cette saison aux couleurs sombres, maquillées de mots de poètes disparus, je m’interroge : « Que sont mes amis devenus ? »
Déjà en d’autres temps échevelés, un marchand d’armes nous avait bien menés en bateau (ivre) alors que ces jours pleuvent les déceptions, dans tous les domaines :
- tel brillant vulgarisateur scientifique a plagié,
- un entraineur est parti vers des lieux plus dorés que ceux d’un stade qui avait revêtu de belles couleurs sang et or, le temps d’un dimanche innocent.
Quand les débats étaient politiques et que des doutes étaient formulés sur les capacités de la gauche à gouverner, un DSK pouvait être prescrit. Las : Sofitel et Carlton. Jack a les traits tirés.
Jadis, les bouffe-curés respectaient les combats charitables de l’abbé Pierre mais le saint homme lorgnait trop les seins.
« On était bien là », quand Depardieu partageait ses rires. Mais au bout de la valse, tout est parti en couilles !
L’histoire de l’art est révisée, Picasso et Gauguin endommagés.
La littérature s’abime : « La légende des siècles » s'oublie face aux appétits sexuels de Victor Hugo. 
L’émoi est  cassé pour les candides bluettes de Patrick.
Ces petites histoires s’impriment davantage et minent la grande Histoire.  
Pourtant ces anecdotes n’auraient pu prendre place dans un quelconque volume de « La France héroïque et ses alliés », fallacieux livres brochés dont j’avais hérité d’un grand père combattant de 14 et que ceux qui me suivent porteront à la benne.
Mes icônes colorées, les Gavroche et autres 
« clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre »
 
proposés à mes élèves ont perdu de leur bagout.
Les mots désormais nous embrouillent :
«  On est chez nous » chanté à Saint Denis est dans la même tonalité que ceux qui estiment qu’ils ne sont plus chez eux. Ils gueulent : «  cassez-vous ! » les étrangers, et ceux qui se voient étrangers dans leur propre pays.
Pour apporter quelques dérisoires points positifs, notre nation pourrait être fière, à défaut de briller dans le classement PISA, de fournir le plus fort contingent de joueurs nés en France parmi tous les sélectionnés pour la Coupe du monde (près d'un sur douze). Mais racistes et racisés ont oublié ce qu’est le jeu, tout en se cherchant comme lutteurs complices de MMA.
Il faut bien quelque bonne volonté pour croire encore en la chaleur de la fraternité quand le goudron fond sous un soleil de plomb, et bien chercher entre les lignes que dans le monde, l’espérance de vie et le revenu par habitant ont augmenté.
Les sinistres concierges de "l'enfer c'est les autres" de LFI et du RN, dans les pas de Trump, Poutine, Netanyahou en maîtres du brasier, eux, ne nous déçoivent pas. 
« Tous les hommes sont fous,
et qui n'en veut point voir doit rester dans sa chambre et casser son miroir. » 
Marquis de Sade
…………….
En cherchant si j’avais déjà usé du mot « casser » dans ce blog, je retrouve un article de 2008 : 
Je pose ma plume d'oie jusqu'en septembre. Bonne pluie à mes lecteurs.

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