vendredi 19 juin 2026

Tout. Régis Debray.

L’auteur de « Riens » avait déjà donné dans le titre bref avec « Nous » pour baliser une production abondante dont je rappelle ci dessous un lien amenant vers d’autres, en bon toutou reconnaissant, qui essaye de suivre. 
« Le nombre de psys en France a doublé en cinq ans ; 
celui des militants s’est divisé en cinq. 
Les uns font parler le passé de leurs patients, 
les autres font reluire un futur qui jamais n’arrive. » 
Régis, Jules (son deuxième prénom) Debray se passe des grands mots, mais nous abreuve de bons mots en un dictionnaire des idées pétillant, jouant des contraires de féconde façon : 
« Sans un abominable derrière la porte, l’estime de soi est en danger. »
«  La sociologie, expliquait l’historien Paul Veyne, est une mode évanescente, 
une histoire sans le nom ou une philosophie sociale qui ne s’avoue pas. 
Pierre Bourdieu, sociologue, tenait que l’histoire, cette fausse science, repose sur la superstition empiriste du cas particulier.»
Il illustre une certaine « nostalgie des lendemains » en une série de portraits de compagnons et de compagnes : Joanie (Baez) et la Pasionaria, le Che, Fidel, Giangiacomo (Feltrineli)…
Dans un riche chapitre, il met en miroir : prospectives et rétrospectives, république et démocratie, masculin et féminin, et bien sûr : temps et espace … 
«  Le XX° fut déjà celui des illusions collectives ; 
littéraire fut le XIX° ; 
philosophique, le XVIII° ; 
moraliste, le XVII° ; 
clérical, le XVI°. »
et distingue : 
« une France élégance (d’Ormesson), 
une France romance (Romain Gary), 
une France enfance (Alain-Fournier),
une France souffrance (Bernanos) ».  
Je ne me lasse pas de le citer, en évitant de nommer « punch line » ses fulgurances habituelles : 
« Hier, je pense donc je suis. Aujourd’hui, je ressens donc je sais. »
« Un chic type sans un salopard en face est comme un jour sans nuit, 
un endroit sans envers, un fidèle sans infidèles. » 
La table des illustrations est à la page 201 :  
« … le grand-père Jules et sa famille, au sortir d’une église… » 
J’étais en si bonne compagnie : 
« N’étant plus dans le coup, on cherche à surplomber pour faire l’important ».

1 commentaire:

  1. Là, j'avoue que Régis commence à me perdre un peu. Jusque maintenant, les citations que tu as pu mettre de livres antérieurs étaient alléchantes, me poussaient à une certaine admiration, mais je me souviens de la scène dans "Ridicule" où un ecclésiastique à la cour de Louis ? fait une petite démonstration devant la cour pour "prouver" l'existence de Dieu, et IL NE PEUT PAS S'EMPECHER, à la fin, quand les dames dans leurs toilettes élégantes applaudissent avec tant d'enthousiasme, d'ajouter de manière si funeste et fatale "mais j'aurais tout aussi bien pu prouver le contraire", et...
    C'était la phrase de trop, la phrase qui LE PERD.
    Là, je me dis que Régis va trop loin maintenant, pris comme il est dans les rouages de la Machine qui consomme et consume... tous.
    Quand est-ce que le Sublime vire tragiquement en.. ridicule ?
    Très difficile à dire. Mais il est dans le cours du monde qu'on ne peut le savoir que dans l'APRES COUP. Cela ne se laisse pas prédire. Ainsi va le monde, depuis avant le Paléolithique, certainement.

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