Il y a tant de livres amers à propos des
relations familiales que ce best seller au titre à contre courant m’a attiré,
bien que ma femme qui l’avait acheté m’ait averti : c’est un livre de
(bonne) femme.
Ce sont elles qui ont plutôt voix au chapitre aux étals des
librairies, elles ont des choses à dire.
« Il sentit
aussi le rouge et le jaune vif des feuilles de l’autre côté de sa fenêtre et
l’émotion aiguë de la femme en face de lui.
Jamais il n’avait eu en ce niveau de conscience
moléculaire… »
Ces 426 pages décrivent avec finesse et simplicité les tours
compliqués de l’amour pour les vivants et les morts et les bienfaits du pardon,
la simplicité de l’amitié, sous un regard américain comme j’aime le percevoir :
positif, optimiste.
« - Je veux que
tu ailles là bas et que tu montres à ces gens à côté de quoi ils sont passés,
dit Rhoan. C’est ta famille.
N’hésite pas à les envoyer bouler si nécessaire.
Mais n’aie pas peur non plus de sourire. »
De 1960 à 2008, nous suivons la destiné d’un jeune gars
introverti arrivant dans une famille où grandissent quatre sœurs
fusionnelles.
« - J’ai échoué,
déplora Rose.
- Non. Tu es une mère
formidable.
- J’ai échoué.
Cette fois-ci, elle
énonça d’une voix douce semblable à celle d’Emeline. Julia qui n’avait jamais
entendu sa mère employer ce timbre auparavant, ne l’aurait pas cru capable
d’une telle douceur. Elle se demanda si ses trois sœurs et elle vivaient à
l’intérieur de leur mère. La sincérité d’Emeline, les directives claires de
Julia, l’enthousiasme de Cecelia pour la palette de couleurs qui composaient le
monde, les aspirations romantiques de Sylvie. »
Nous retrouvons la fatalité habituelle des reproductions de
comportements sur plusieurs générations, les morts qui coïncident avec des
naissances ou des renaissances, mais dans une dynamique bienveillante qui
surmonte les chagrins, les échecs. Et surtout ce que j’apprécie dans les films
et les romans : les personnages évoluent et ne sont pas enfermés dans les
stéréotypes.
Une fille voit pour la première fois son père qui l’a reniée :
«William Waters était
accompagné de quelques hommes gigantesques qui arboraient tous un air grave.
Son père ne semblait pas ouvertement méchant ni être quelqu’un qui n’aimait pas
les enfants et qui aurait par conséquent abandonné facilement le sien. »
Malgré parfois ce type de gros sabots psychologiques, des
maladresses de traduction que je ne décèle pas d’habitude, ainsi que des fautes
d’orthographe ou de conjugaison, j’ai bien aimé ce roman aux apaisantes apparences,
où les noms des présidents U.S. se font oublier.

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