samedi 7 février 2026

Les bien aimés. Ann Napolitano.

Il y a tant de livres amers à propos des relations familiales que ce best seller au titre à contre courant m’a attiré, bien que ma femme qui l’avait acheté m’ait averti : c’est un livre de (bonne) femme. 
Ce sont elles qui ont plutôt voix au chapitre aux étals des librairies, elles ont des choses à dire.
« Il sentit aussi le rouge et le jaune vif des feuilles de l’autre côté de sa fenêtre et l’émotion aiguë de la femme en face de lui. 
Jamais  il n’avait eu en ce niveau de conscience moléculaire… » 
Ces 426 pages décrivent avec finesse et simplicité les tours compliqués de l’amour pour les vivants et les morts et les bienfaits du pardon, la simplicité de l’amitié, sous un regard américain comme j’aime le percevoir : positif, optimiste. 
« - Je veux que tu ailles là bas et que tu montres à ces gens à côté de quoi ils sont passés, dit Rhoan. C’est ta famille.
N’hésite pas à les envoyer bouler si nécessaire. Mais n’aie pas peur non plus de sourire. » 
De 1960 à 2008, nous suivons la destiné d’un jeune gars introverti arrivant dans une famille où grandissent quatre sœurs fusionnelles.  
« - J’ai échoué, déplora Rose.
- Non. Tu es une mère formidable.
- J’ai échoué.
Cette fois-ci, elle énonça d’une voix douce semblable à celle d’Emeline. Julia qui n’avait jamais entendu sa mère employer ce timbre auparavant, ne l’aurait pas cru capable d’une telle douceur. Elle se demanda si ses trois sœurs et elle vivaient à l’intérieur de leur mère. La sincérité d’Emeline, les directives claires de Julia, l’enthousiasme de Cecelia pour la palette de couleurs qui composaient le monde, les aspirations romantiques de Sylvie. »
Nous retrouvons la fatalité habituelle des reproductions de comportements sur plusieurs générations, les morts qui coïncident avec des naissances ou des renaissances, mais dans une dynamique bienveillante qui surmonte les chagrins, les échecs. Et surtout ce que j’apprécie dans les films et les romans : les personnages évoluent et ne sont pas enfermés dans les stéréotypes.
Une fille voit pour la première fois son père qui l’a reniée : 
«William Waters était accompagné de quelques hommes gigantesques qui arboraient tous un air grave. Son père ne semblait pas ouvertement méchant ni être quelqu’un qui n’aimait pas les enfants et qui aurait par conséquent abandonné facilement le sien. » 
Malgré parfois ce type de gros sabots psychologiques, des maladresses de traduction que je ne décèle pas d’habitude, ainsi que des fautes d’orthographe ou de conjugaison, j’ai  bien aimé ce roman aux apaisantes apparences, où les noms des présidents U.S. se font oublier. 

1 commentaire:

  1. Merci, Guy. Je suis preneuse pour tout ce qui pourrait donner envie de FONDER UNE FAMILLE en ce moment où les ricanements traduisent le désespoir ? d'avoir l'impression de ne pas y arriver, et de pas pouvoir le faire...Après tout... mes parents ont fondé une famille. Mon mari et moi avons fondé une famille, en nous appuyant bien contre la génération précédente pour avoir quelques repères...

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