vendredi 16 janvier 2026

Vieux. N°7.

Le trimestriel qui n’a pas peur des mots relativise nos perceptions du temps avec Tristan Bernard pour illustrer le thème principal de cette livraison, traité avec légèreté et sérieux
« A quel âge est-on vieux ? » 
« Je suis allé au théâtre la pièce a commencé à 21h,
une heure plus tard j’ai regardé ma montre, il était 21h 10. »
« Donc quand et comment serait-on vieux ?
Le jour où va poindre l’incohérence ? L’incontinence ? L’intolérance ? Les Trois ? »
Interroge le toujours brillant Laurent Chalumeau même si ce coup-ci il se laisse un peu aller à la facilité.
Le délicieux Philippe Lefait cisèle dans le marbre  « grave » devenu la virgule de tant de conversations.
Cette attention aux mots, cette écriture soignée marquent l’identité d’un lectorat qui a remarqué sans doute que « les crèmes anti-âge ont remplacé les crèmes anti-rides ». 
Le livre de Romain Gary et son fameux : « A partir de cette limite votre ticket n’est plus valable » est souvent mentionné. 
Simone de Beauvoir, bien placée pour savoir que « l’enfer c’est les autres », a beaucoup incriminé la société, mais je la préfère lorsqu’elle professe : 
«  La vie garde un prix tant qu’on en accorde à celle des autres, à travers l’amour, l’amitié… » 
 Les citations abondent puisées à la meilleure source, François de La Rochefoucauld : 
« Les vieillards aiment à donner de bons préceptes,
pour se consoler de n’être plus en état de donner le mauvais exemple. » 
Lio reprend un vieux proverbe car elle sait de quoi elle parle : 
« Les vivants ferment les yeux des morts 
mais ce sont les morts qui ouvrent les yeux des vivants ». 
Charlebois est dans le bon tempo : 
« Les vieux sont chanceux, ils ont passé leur vie à ne pas mourir ».
 Mais tout n’est pas consacré aux EHPAD, avec un conseil de lecture opportun «  Les Dieux ont soif » de Romain Rolland quand « les risques totalitaires des plus belles utopies » se situaient lors de la révolution française.
Nous avons aussi l’eau à la bouche pour « Le roman des regards « de Laurent Mallet et Daniel Pennac :  
«  Photographier, c’est flâner sans but mais avec un objectif.»
Thomas Legrand développe son propos autour de photographies d’amateurs : 
« c’était vieux avant »
alors que Nicolas  Estienne D’Orves se souvient des photos du studio Harcourt sous l’occupation. 
Patrice Leconte regarde les figurants au cinéma, 
Jackie Berroyer, même quand il a piscine, nous intéresse et 
Patrick Picard joue au con (vieux) avec talent lors d’un repas à l’écriture délectable.  

2 commentaires:

  1. Et bien, ça a l'air délicieux, et tout à fait recommandable. Je vais me pavaner un petit instant là, pour notre époque insignifiante et inconséquente. C'est en devenant vieille que je découvre toute la pertinence du sens de la proportion, par rapport à l'arithmétique STRICTE. Il n'y a aucune proportion dans l'arithmétique qui fait appel à l'absolu avec une vengeance absolue. Ceci peut paraître abstraite, mais quand je me regarde dans la glace en me disant que je suis belle pour une femme de 70 ans, cela a toute son importance. Que ceux qui peuvent comprendre comprennent.
    Ça se trouve où, ce petit bijou ? Merci.

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  2. Chez le marchand de journaux ou à Carrefour.

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