mercredi 29 mars 2023

Saintes.

A 9h sonnante, nous quittons Angoulême et passons par Ruelle devant les fonderies, nous continuons sur une route quasi déserte en pleine période d’exode estivale jusqu’à JARNAC.
Sans l’aide du GPS, il est difficile de dénicher le cimetière qu’aucun panneau n’indique. Pourtant, il doit sa renommée à la présence de la sépulture du président F. Mitterrand. A l’entrée une simple et discrète flèche en bois dirige les gens qui souhaitent se recueillir devant sa tombe. Le caveau, sous forme d’un petit édifice avec murs et toit, ne diffère pas de ses voisins. Il n’affiche pas le nom de Mitterrand mais celui  de Lorrain. A l’intérieur, seule  une plaque commémorative au milieu  de fausses fleurs fanées porte son nom et ses dates de naissance et de mort, elle confirme la présence de sa dépouille. Par contre, nulle part ne figure la moindre allusion à ses fonctions, sa célébrité ou ses titres. Le monument, somme toute très modeste, semble peu entretenu à part deux rosiers encadrant l’entrée à l’extérieur.Nous gagnons le centre-ville en voiture, et découvrons une charmante petite  ville, des ruelles étroites bordées de bâtiments en pierres blanches d’un ou deux étages.
Au café animé sur la place, appelé "Le domino", les hommes parlent fort comme dans les Sud et se saluent « salut président! », ils sont fiers de l’enfant du pays, dont le buste en bronze illustre discrètement la place.
Nous avions remarqué, déjà avant d’arriver à Jarnac, l’abondance de vignes destinées à la fabrication de  Cognac et de Pineau.
Courvoisier,  l’une des  maisons  les plus célèbres, propose par affichage en plein air des visites de ses installations. Tout près du cimetière aussi, un autre producteur  exploite ces produits du terroir, et nous avons pu observer de près les façades noircies par les émanations d’alcool.
Lorsque nous reprenons la voiture, le paysage se résume quasiment  à des vignes s’étendant à perte de vue jusqu’à COGNAC.
Nous faisons étape dans cette jolie commune prospère, égayée par des de compositions florales suspendues au-dessus des rues piétonnes.
Lors de notre promenade, nous tombons sur deux bancs modernes en métal volontairement rouillé avec les traces de mains et de pieds de musiciens venus participer au festival de blues. Nous débouchons sur les halles couvertes et à structure métallique dans lesquelles, bien qu’il soit dimanche, des étals d’ostréiculteurs vendent leurs huitres à consommer sur place tandis que le stand de dégustation du viticulteur ne désemplit pas.
Plus loin, l’église ouvre ses portes sur la rue : de là  nous parviennent  la voix grave et belle du meneur de chant  et celles des fidèles nombreux, actifs, qui répliquent sans retenue, preuve inattendue d’une religion bien vivante. En continuant notre cheminement, nous trouvons les propriétés et châteaux ostentatoires des marques célèbres Martell et Monnet et leur invitation à visiter leurs entreprises.Nous passerons outre pour continuer notre route vers SAINTES.
La ville est nous semble plus importante que Cognac, peut être aussi à cause du gros marché fréquenté qui s’y déroule en ce jour.
Nous garons la voiture à proximité, continuons à pied vers la Charente  surmontée d’un pont où s’élève la statue de Bernard Palissy. Il nous permet d’accéder à la vieille ville constituée de maisons en pierres blanches le long de ruelles étroites. Une église accueille tellement de fidèles que quelques- uns doivent prier à l’extérieur, certains avec ferveur et genoux à terre.
Nous nous glissons le plus discrètement possible et trouvons la montée piétonne bien indiquée menant jusqu’à l’amphithéâtre antique.
Le monument malheureusement comme beaucoup d’autres, fut dépouillé de ses pierres dès le moyen âge, pour servir à d’autres constructions plus nécessaires  à l’époque. Au XIX° siècle, ce site en ruine plut aux romantiques et devint une promenade tout à fait dans l’esprit de ce courant artistique. Aujourd’hui, des travaux tentent de préserver ces vestiges. Nous pénétrons dans une maison abritant la billetterie,  où deux affiches placées au-dessus d’une maquette instruisent avec une pédagogie simple sur les pratiques du lieu :
- nous apprenons ainsi que les Etrusques à l’origine des jeux les pratiquaient comme  rites funéraires, et que les Romains les adaptèrent ensuite pour le divertissement, pour le plaisir, se repaissant de leur parfois très grande  violence.
- Autre découverte, il existait des femmes gladiateurs, comme aujourd’hui des footballeuses ou des rugbywomen.
- Ces spectacles connaissaient un grand succès populaire, justifiaient des paris, pouvaient durer toute la journée et à midi, heure du repas, les condamnés à mort étaient livrés aux bêtes ou exécutés. 
Nous déambulons dans le site en travaux, l’herbe et la terre recouvrent la surface de l’amphithéâtre dont subsiste la forme de base.
La rénovation s’applique à quelques gradins remontés et à la grande porte, la sortie des vivants, sous échafaudages. Face à elle, la sortie des morts sombre et fraîche  se présente comme une grotte voutée  avec encore ses parois en pierres travaillées.
N’ayant pas le temps de visiter l’église saint Eutrope près des ruines,  pourtant recommandé pour ses richesses et curiosités romanes (crypte), nous redescendons rapidement  vers l’église Saint Pierre et la mairie à la recherche d’un restau.
Le repaire des artistes 15 rue Désiles retient notre attention car sa carte propose des plats charentais : notre choix se porte sur  des mogettes/ confit de canard,
et sur un parmentier de cagouilles, cuisinés et servis par trois filles fort sympathiques. 
Leur local héberge aussi une  galerie nommée la galerie Instant Art.
Nous digérons en douceur en nous promenant sur les rives de la Charente, à la rencontre de l’Arc de Germanicus et du musée lapidaire logé dans un ancien abattoir.
Tous deux règnent au milieu de « Saintes Plage », dans un décor de sable et dunettes, des pots de graminées  enfoncés dans de petits monticules, d’arbres exotiques, palmiers, brumisateurs, de transats et sièges en bois.
L’ensemble s’harmonise parfaitement et offre un dépaysement agréable très réussi.
Nous quittons la ville de Rocheteau et Guillautin, ville étape appréciée sur notre route de ROYAN

3 commentaires:

  1. Ça fait quelques années que nous faisons une halte régulière à Jarnac, pour retrouver un viticulteur que connaissait et fréquentait mon beau père défunt. Une excellente adresse, une famille que nous retrouvons avec plaisir à chaque fois qu'on y passe. Pas de dégustation pour nous qui avons déjà trouvé notre bonheur, et y allons les yeux fermés maintenant...
    Je suis surprise par la tombe de Mitterand, et sa discrétion.
    Agréablement surprise par la vivacité du culte catholique dans le coin (catholique, non ?). A une époque où je me sens mal à l'aise de pénétrer dans les édifices religieux pour des raisons touristiques, cela me chauffe le coeur de savoir qu'ils sont fréquentés par les fidèles.
    Euh... pourrais-tu préciser A QUELLE EPOQUE il y avait des femmes "gladiateurs", l'histoire de Rome étant très très étendue ? Plus près des Etrusques, par exemple, ou pas ? Il n'y a pas toujours eu des femmes gladiateurs à Rome...Etaient-elles aussi des condamnées à mort, comme ça pouvait être le cas ?
    Pour ma part, je ne me félicite pas de pratiques assez... spartanesques, si je puis dire, car je me méfie de la culture de Sparte, même si j'ai un petit faible pour Hippolyte dans la mythologie grecque...Oui, je n'ai pas envie de faire la pub pour Sparte en ce moment...
    Merci.

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  2. Femmes gladiateurs, je ne le savais pas, alors je suis allé voir chez Wikipédia qui a réponse à tout.

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    1. Je ne reconnais pas wikipédia comme étant une autorité... absolue de nos jours.

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