mercredi 25 mai 2011

Touristes en chine 2007. # J 17. Le fleuve et la montagne.

Pas de pluie mais des nuages. Nous faisons route vers le nord.
Arrêt à Shizou proche du premier méandre du YanTsé Kiang. Peu de monde pour visiter le charmant pont suspendu en planches où passa l’armée rouge lors de la longue marche. Deux musiciens, jouant d’un instrument à cordes et d’une flûte, ajoutent un caractère nostalgique et tranquille au décor. Des paysannes traversent chargées de paniers sur le dos. Youizou, notre guide, nous laisse nous promener et se rassasie de gelée de lentilles.
Nous nous rendons aux gorges du saut du tigre sur le Yang-Tseu-Kiang ou Chang Jiang, Yangzi Jiang, le "fleuve bleu", c’est le plus long fleuve de Chine, 6300 km.La route que nous devions prendre s’avère bouchée par les cars de touristes, alors le chauffeur propose de passer par l’autre rive. La marche pour accéder à la gorge sera en terrain plat au lieu de s’effectuer par les marches. Nous prenons un repas devant un parking à l’entrée du site. Nous effectuons l’aller et le retour au pas de course, effrayés quelque peu par un bloc de rocher que nous voyons se détacher au-dessus du chemin et plonger dans les flots tumultueux, ainsi que par des surveillants postés tous les 100 m avec des mégaphones pour avertir le public des dangers. Mais l’aventure en vaut la peine, une statue de tigre indique le point spectaculaire.
Nous sommes face au fleuve de couleur brune, puissant, tonitruant, crachant ses embruns.
Il frappe la roche à l’endroit où un torrent de jade le rejoint. Dans la région de d’or est présent dans le sable. Le soleil déchire les nuages. On reprend la voiture : les paysages sont magnifiques, mais la pluie reprend sa place, parfois violente.
Nous tombons sur une « kermesse » de Yi noirs. Stop. Extraordinaires costumes chatoyants vert fluo, rouges et coiffes noires encombrantes en velours. Les habitants s’affairent à des jeux d’argent avec des dés, un marché aux vêtements étale ses couleurs. Un triste lion en cage, un chameau et un photographe rappellent les petits cirques de chez nous, autrefois. Nous nous noyons facilement dans la foule. Youizou nous met en garde contre les voleurs et nous rabat peu à peu vers la voiture. L’habitat change: des maisons rustiques en planches ou en rondins laissent place à des maisons plus cossues, plus grandes dont un des murs de torchis, percé de deux fenêtres colorées, penche. Aux alentours des cochons noirs circulent ainsi que des sortes de yack aux poils noirs à la queue fournie.Le terme de notre voyage d’aujourd’hui est Zhongdian (en chinois Shangrila) moderne et laborieuse avec de nombreux chantiers sous la pluie. A l’hôtel « Diqing sight seeing » nous attend notre guide anglophone qui nous accompagnera demain. Nous prenons nos quartiers et nous tentons une sortie après la pluie. Je m’achète une veste de pluie dans un des magasins d’équipements de montagne qui ne manquent pas dans la ville très européanisée. Le marché local est désert. Nous arpentons un peu la vieille ville mais la pluie nous chasse au « Tibet bar » recommandé par notre guide. L’adresse est bonne : 2 soupes, yack fried ou en kebab, champignons, riz frit. C’est bon. Le rhume poursuit ma compagne et peut être que nous allons devoir nous servir de la machine à oxygène de la chambre. Nous sommes à 3200m d’altitude.

mardi 24 mai 2011

George Sprott. Seth.

Cette bande dessinée des éditions Delcourt est un livre d’art non pas celui qui reste muet sur la table basse avec ses pages en papier couché, mais à offrir, à revoir, tant l’invention, l’élégance éclatent dans cet album somptueux.
La forme inspirée de l’art nouveau, une ligne claire avec des planches très fournies et des plans uniques apportent au récit une dimension universelle.
Pourtant la vie d’un présentateur de télévision locale, qui continue pendant des années à ressasser ses histoires de voyage dans le Grand nord, peut nous être indifférente, surtout que le personnage enfermé dans ses habitudes manque de dynamisme, de chaleur.
Ce qui est fort, c’est que nous pouvons nous sentir concerné par des questions qui se posent tout au long des 96 pages sur le sens de la vie : le temps, la mémoire, la mort. Les regards croisés des personnages secondaires permettent peu à peu avec humour et lucidité de faire connaissance avec George Sprott. Cet homme pathétique et attendrissant, a consolé des solitudes et usé des proches. Le récit en forme d'enquête est vibrant, poétique, honnête pour un personnage fictif dont les maquettes des théâtres de sa vie figurent dans cet ouvrage tout en aller-retour limpides.
On aimerait laisser un exemplaire du récit d’une vie tel que celui-ci, tout en nuances, en complexité, où le lecteur forme ses idées en toute liberté, un kaléidoscope où sous la légèreté se devine l’épaisseur.
La vie après la mort : « Peut être pourrons nous la revivre, mais cette fois en sachant clairement le sens de nos actes. »
L’enfer : « Ce que je disais sur le fait d’observer sa propre vie avec une grande clarté, c’est peut être ça l’enfer. »

lundi 23 mai 2011

Festival de Cannes 2011.

J’ai découvert 22 films cette année à la Bocca, quartier de Cannes, où les abords de certaines salles sont vraiment délaissés par une municipalité qui préfère cirer sempiternellement les pompes des pompeux pailletés en bord de Croisette.
Si je n’ai pas remarqué de film exceptionnel, je n’en ai quitté aucun avant la fin.
Avant de déposer, en ce blog, chaque lundi, mon grain de sel sur les films lorsqu’ils passeront en salle pendant l’année à venir, je m’amuse une nouvelle fois à repérer quelques traits communs parmi un concentré de productions rarement légères mais portées par la passion. J'’ai eu le privilège d'en déguster parfois dès neuf heures du matin et à c' theure c'est encore meilleur !
- Parmi les films présentés, les forêts ont été des décors puissants dans « Le grand tour », « La fin du silence » et au début des « Acacias ».
- La fumée a envahi les écrans et pas que celle du tabac : Stone Bros.
- Les armes furent encore les plus bavardes, alors que certains films silencieux ont économisé sur les sous titres.
- La violence est omniprésente
en particulier dans le milieu familial de « Eldfjall », « Les vieux chats », « The slut », « Blame », « Martha Marcy May Marlène », « Predicament », « Ave »,
de Mexico : « Dias de Gracia », en Australie : « Snow Town », du Caire : « La nuit, elles dansent », à Tanger : « Sur la planche ».
- Par contre c'est dans les conditions les plus précaires que s’exprime l’amour dans une famille monoparentale paternelle : « Je ne peux vivre sans toi » et bien sûr dans « Les neiges du Kilimandjaro » où une vision optimiste du monde tranche avec tellement de férocité universelle.
- La façon de manger renseigne sur l’humeur des personnages et les repas, conviviaux chez Guédiguian, le sont aussi chez Cavalier : « Pater » avec du poisson au menu dans « Eldfjall » et « Arirang ».
- Les récits se construisent autour de rédemptions en cours et de cuirasses en voie d’être fendues. Des voiles couvrent des têtes mais l’énergie des femmes, leur liberté, redonnent espoir : « La nuit elles dansent » et « Sur la planche ».
- Quant aux vaches de « Bovines », elles ruminent, et le chien de « The Artist », bien que facile, n’est pas le plus cabot.
Nous sommes étourdis de tant de variétés, et partageons des problèmes et des émotions universelles avec l’éternelle question :
- Quelle est la part de l’écriture dans ce documentaire ?
- Cette histoire incroyable relate des faits qui se sont passés dans la réalité ?
- Est-ce que c’est vrai ?
« NNNooon ! C’est pas vrai ! »
Le mot de la semaine était : « sidération »

dimanche 22 mai 2011

L’échange de Paul Claudel. Bernard Lévy.

« Elle s'emmerde, vous dis-je
Au lieu de s'écrier: " Encor ! Hardi ! Hardi ! "
Elle déclame du Claudel, du Claudel, j'ai bien dit
Alors ça, ça me fige ! »

J’étais dans le camp de Brassens.
J’ai pris cependant mon ticket à la MC 2 pour deux heures et demie avec l’illuminé de derrière le pilier de Notre Dame pour voir au-delà de mes rejets datant des années soixante où Claudel et Péguy figuraient en bonne place au menu de la terminale laïque.
J’ai compris ce soir, pourquoi ce natif d’un autre siècle de cet autre siècle avait traversé les années.
Nous sommes bien dans notre temps, puisque l’ échange concerne deux couples avec une liasse de dollar posée sur la table, sous un écran qui enregistre la course du soleil tout au long d’une journée où il sera aussi question d’étoiles.
Sur une aire où ils ont posé leur caravane, un jeune couple amoureux en transit est sous l’emprise d’un autre couple, une actrice et un businessman.
Il sera question de liberté, d’amour, d’absolu, de feu. Le début me semble laborieux, descriptif, mais les interprètes quelque peu monotones vont s’animer et participer à la montée en intensité d’une pièce qui ne perdrait portant rien en étant compressée. La poésie est fluviatile, surprenante, nourrie de références au nouveau monde et à la singularité indienne en symbiose avec la nature, mais nous avons appris à user modérément des symboles, des rêves.
Quand l’actrice est- elle en répétition ? Dans sa robe très art nouveau, qui enveloppe sa beauté fatale, elle sera motrice du drame et le métis qui apparaissait nu et volubile va s’effacer.
« Moi je connais le monde. J'ai été partout. Je suis actrice, vous savez… Il y a la scène et la salle. Tout étant clos, les gens viennent là le soir, et ils sont assis par rangées les uns derrière les autres, regardant... Ils regardent le rideau de la scène. Et ce qu'il y a derrière quand il est levé. Et il arrive quelque chose sur la scène comme si c'était vrai. »

samedi 21 mai 2011

Les nouveaux cons. Etienne Liebig.

Je me suis conduit comme un con de base quand j’ai choisi sur le présentoir de la librairie, ce livre de 250 pages plutôt que le dernier Guillebaud.
J’avais espéré de la verve chez l’auteur d’un « Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle », mais à l’usage je me suis senti pris à un piège destiné à mes semblables qu’il répertorie : les militants, les illuminés, les arrogants, les jargonneux, les planqués, les conservateurs, les médiatiques, les minoritaires, les martyrs...
Le portrait du nouveau retraité est excellent mais celui du nouveau prof est bafouilleux et comme il s’agit d’un nouveau, alors je ne vois pas de qui il peut parler,
pour ce qui est du vieux gauchiste, il y a du vrai et chez le néo colonialiste, il y a de ça.
Mais finalement il y a peu de néos cons’ ; cons’ signifiant conservateur.
L’intervenant aux « Grandes gueules de RMC » découvre quelques inattendus et c’est là où il est le plus inspiré:
Avec les nouveaux anthropologues qui estiment que
« Les mômes de banlieue n’ont pas de difficultés par désintérêt de la chose scolaire ou manque de pédagogie des enseignants, mais parce qu’ils sont originaires d’une culture orale en délicatesse avec l’écriture. »
Le nouveau travailleur social dont l’objectif est
« ressembler comme deux gouttes d’eau à une boîte privée qui gère des voyages, des ordures ménagères ou des services clients »
Quant au bloggeur:« Ce nouveau con se considère comme un homme de média parce que, chaque jour, il écrit trois idées ringardes sur son blog ou sur Facebook:
« Aujourd'hui, j'ai descendu la poubelle et j'ai croisé mon voisin, il ressemble à PPDA »
Bien que l’ancien intervenant social ait le bon goût de ne citer aucune des têtes de turc habituelles, il lui arrive de se répéter, de tirer à la ligne, de paresser : un format court aurait été préférable pour un contenu qui ferait bien sur Rire et chansons où quand lassé de France culture il fait bon régresser grassement.

jeudi 12 mai 2011

Tous cannibales ! La Maison Rouge.

C’est Levi Strauss qui le dit : « Nous sommes tous des cannibales. Après tout, le moyen le plus simple d’identifier autrui à soi-même, c’est encore de le manger ».
On a beau savoir : les sorcières, le loup garou, les ogres, les vampires, « Prenez et mangez car ceci est mon corps. Buvez- en tous, car ceci est mon sang », la culture les avait mis à distance. Et puis, les retraites de Russie et des jésuites qui finissent à la casserole, les transplantations d’organes, malgré les métaphores, les symboliques, après cette exposition, ma mémoire fait des impasses.
Trop de sang et de viande à la Maison rouge près de la Bastille.
Des chairs sortent d’un mur, et des portraits d’albinos dont des organes sont recherchés pour des potions sont exposés, des pièces montées sont garnies de langues et autres organes, un artiste sert son sang en boudin lors d’une performance, une japonaises se mange le sein… ce n’était qu’un melon. Je me suis arrêté devant une grande photographie où Vik Muniz a tracé, parmi des objets en ferraille, la silhouette du Saturne de Goya dévorant ses enfants, encore détourné par ailleurs.
Je me suis dit : « ah oui c’est la robe de Lady Gaga » quand j’ai vu un mannequin couvert de viande ; la peau d’un homme tatoué est traitée en carpette comme le plus vulgaire des tigres du XX° siècle. Bettina Rheims a remplacé le lait d’un sein maternel par du sang, heureusement le bonhomme en spaghetti qui clôt la visite semble plus jovial avec son allure de Shreck.
Les installations de Chiharu Shiota, qui n’ont rien à voir avec la thématique principale qui peut accabler, nous apaisent avec des robes disposées dans une pièce traversée par un dense réseau de fils noirs qui forme comme une grotte inquiétante, légère et magnifique. Déjà vues dans le genre chez Boltanski, ses valises entassées sont moins surprenantes.

mercredi 11 mai 2011

Touristes en chine 2007. # J 16. Campagne.

Après le petit déjeuner au « Chivas » bar nous partons pour le village de Baisha,
Youizhou, notre guide, nous propose une entrée du village différente de l’entrée touristique. Nous accédons à pied, côté campagne, avec des maisons en briques de pisé au dessus d’un sous bassement de pierre.Les paysans(es) s’activent, les cochons que l’on verra repasser une fois égorgés dans un tracteur camionnette, braillent à fendre l’âme. Ça sent le fumier. Les chiens, sans agressivité, n’aboient pas. Les enfants sont nombreux dans ce paysage pittoresque parmi les coqs et des grenouilles. Nous croisons des paysans portant une charrue sur l’épaule ou conduisant des bœufs attelés.
Les fresques religieuses, d’un ancien temple seigneurial ont échappé au massacre des gardes rouges grâce à l’astuce d’un Naxi qui fit coller par-dessus des pages du « Quotidien du peuple » sur lesquelles figurait le portrait de Mao. Il était impensable de mutiler l’image du grand homme. A la sortie du temple, nous marchandons pour trois tableaux de bois sculptés avec oiseaux (claustras). Plus loin de vieux musiciens exécutent de la musique Naxi en continu, acceptant une obole pour la perpétuer.Musée Dogba (chaman), 3 salles avec des pictogrammes particuliers, des vêtements, des objets, quelques armures, des instruments de musique (conques), des jouets et une grande maquette de la région avec une sorte de B.D en long : du nirvana aux enfers.
Notre repas est encore original : viande de yack ( ?), haricots en grains verts, poulet, nouilles translucides et gluantes. Puis nous écrivons ou lisons sous la galerie de la cour intérieure face à la pluie qui alterne avec un timide soleil. Nous essayons une maison du thé. La vendeuse verse de l’eau bouillante sur une sorte de résine de 5 ans d’âge dans la passoire de la théière et remplit trois mini tasses dont elle jette le premier contenu. Elle réitère l’opération puis nous invite à les boire. Nous ne ferons pas affaire : nous ne sommes pas assez connaisseurs et puis c’est cher. Nous nous retrouvons, la bande des cinq, en sortant de la boutique qui avait adopté comme toutes ces boutiques la table de présentation en forme de souche torturée. Nous achetons une théière métallique en forme de canard (150Y).
Nous dégustons notre repas du soir dans une ruelle tranquille et familiale, nous nous offrons un nouveau massage des pieds.

mardi 10 mai 2011

L’arche de Noé a flashé sur vous. Chloé Von Arx &Charles Masson.

La couverture est illisible, le scénario sans intérêt. Pourtant en feuilletant cette bande dessinée, j’ai été séduit par les dessins que j’avais hautement appréciés dans « Soupe froide », une histoire tragique à laquelle ils convenaient bien ; alors qu’une ligne claire et rigolote genre Berbérian aurait permis de sauver cette histoire superficielle.
Une jolie nana tombe amoureuse d’un gars mignon en un clic sur Meetic et alors ? Alors, rien. Il s’appelle Noë, d’où le pseudo Arche de Noë.
Du temps perdu.

lundi 9 mai 2011

Le troisième homme. Carol Reed.

Puisque je m’étais extasié devant la qualité des noirs et blancs du film de Melville « Le Doulos », j’ai eu droit au DVD d’un chef d'oeuvre du cinéma : « Le troisième homme ».
Et j’ai vu ce que je devais voir : les lumières inquiétantes de la nuit dans une ville de Vienne en ruines après la guerre, où un enfant jouant au ballon pourrait sortir d’un tableau d’Otto Dix ou de Grosz. Ce film écrit par Graham Greene compte ses soixante ans d’âge. Contraint par le devoir d’admiration, j’ai eu besoin d’un temps d’acclimatation pour me sentir concerné par cette histoire de trahison qui va au-delà des péripéties de l’après guerre quand s’installait la guerre froide. La candeur ne tient pas longtemps devant la corruption. Orson Welles et Alida Valli, la musique obsédante de la cithare d’Anton Karas, apportent leur mystère dans des plans obliques qui installent une atmosphère oppressante. Les images de la grande roue du Prater, les égouts sont entrés dans l’histoire du cinéma. Noir.

dimanche 8 mai 2011

Football : Blanc et les blacks.

Si les propos du sélectionneur de l’équipe de France prennent plus d’importance que ceux d’un ministre de l’intérieur, c’est parce que le foot occupe une place centrale dans les débats au-delà des enfumages de l’ « opium du peuple » que persistent à dénoncer ceux qui prônent la marche à pied comme seul sport valable.
Pourtant ce jeu collectif universel est celui qui contribue le plus au « vivre ensemble » même si l’expression commence à s’épuiser. Les institutions de la FFF sont secouées, les problèmes révélés par la grève de juillet en Afrique du Sud sont toujours là, avec en fond de court, le front national et ses maux.
Puisque n’importe qui s’exprime sur le sujet sans avoir posé ses crampons dans le moindre vestiaire; en tant qu’ancien milieu de terrain laborieux, je peux faire part de quelque avis sur un sujet où des abonnés des micros me semblent avoir dépassé leur seuil d’incompétence.
Discrimination : Je sais qu’un de mes anciens élèves, jeune biquet passionné de foot, avait été victime de l’ostracisme de la part d’équipiers qu’on ne disait pas alors « binationaux ». Les quotas de ce côté n'en sont pas moins cons.
Ski : S’il y a tellement de candidats des « quartiers » à la porte des centres de formation, c’est la réalité de la sociologie de ce sport. Il est plus facile à ces enfants de s’identifier à Zizou qu’à Sébastien Loeb. Les autres s’exercent au ski freestyle ou jouent sur la PSP.
Gavroche : Parmi les élèves dont je connais le devenir, un a été sélectionné pour jouer dans l’équipe d’Algérie par intermittence, et j’en suis bien content. Passé chez Guy Roux, il a entamé une carrière honorable et témoigne de l’excellence de notre formation des footeux.
Moi, je lui avais lu des histoires de Gavroche qu’il a incarné, lui, le gosse rigolard et vivant, tellement français.
Mais bon sang, dans ce champ du jeu, combien l’esprit de sérieux nous afflige !
Un peu d’humour nous ferait tellement du bien comme cet éducateur marseillais qui disait :
« on n’est pas racistes, dans cette équipe, on a même un parisien ».
Ce dimanche soir, j’espère partager encore la joie de gamin de Taïwo.

samedi 7 mai 2011

Infrarouge. Nancy Houston.

Je trouve la belle auteure, comme souvent les belles femmes, quelque peu péremptoire, c’est que je suis aussi un mâle, de ceux qui ont éprouvé, approuvé le féminisme. Je me sens proche de ses approches, j’aime son écriture.
Elle raconte un voyage à Florence dont je ne retiens pas le côté « corvée » comme les critiques du web l’écrivent à la queue leu leu.
Dans les musées et les rues d’une civilisation raffinée, sur les routes de la campagne toscane, les conditions du bonheur sont réunies,mais nous assaillent, en sa compagnie, des souvenirs, des fantasmes, la réalité d’un père qui vieillit, les émeutes en banlieue parisienne qui se déroulent au loin. Rena le personnage principal est photographe :
« On passe notre temps à cadrer et à recadrer, à zoomer et à dézoomer, à immobiliser puis à retoucher les instants de notre vie – pour mieux les préserver, les protéger, les empêcher d’être emportés par l’affolant flop du Temps ».
Elle prend beaucoup de photographies à l’infrarouge pour saisir la chaleur, l’invisible, comme l’écrivain qui nous entraine à découvrir la vérité des hommes tellement vulnérables au fond, et des femmes surprenantes. Derrière les apparences rappeler les cruautés mais aussi le pardon. Un roman bien tricoté où les rêves dans leur folie divulguent les facettes d’un même individu, comme les divers protagonistes rendent compte de la complexité du réel tout au long de 300 pages souvent chaudes pas seulement parce qu’il est question de sexe mais aussi de l’intensité de vivre.

vendredi 6 mai 2011

Manifeste d’économistes atterrés.

Décidément les formats courts ont le vent en poupe et quelques maisons d’éditions aux intitulés originaux connaissent des succès bienvenus, cette fois aux Editions LLL: Les liens qui libèrent..
Les territoires chiffrés me rendent très vite chiffon, en général : 60 pages c’est la taille au-delà de laquelle je ne me serai pas aventuré,
630 signataires ont paraphé ce manifeste tellement évident et clair qu’immédiatement on se demande : « mais bon sang mais c’est bien sûr… pourquoi ne pas y avoir pensé plus tôt ? »
Des experts du genre ATTAC remettent en question les libéraux qui ont mené le monde à la crise. Ils se placent en opposition avec les programmes récents « d’ajustement structurels qui ont dans le passé démontré leur capacité à accroître l’instabilité et les inégalités, et risquent d’aggraver la crise européenne. »
Ils récusent dix fausses évidences allant de l’efficacité des marchés financiers, à l’€uro en tant que bouclier, et défendent les services publics qui ne sont pas la cause de l’envol de la dette.
Ils avancent des propositions qu’il fait bon ressasser :
« Revenir à une fiscalité redistributive (suppression des niches fiscales, création de nouvelles tranches d’imposition et augmentation des taux) et accroissement de l’imposition des très hauts revenus. »
Quant aux mesures à l’échelle d’une Europe qui serait à refonder, il est déjà tellement difficile dans son périmètre de pouvoir local de chez local, ne serait ce que de faire entendre sa voix, alors des machineries à 27 pays semblent bien improbables :
« Développer une fiscalité européenne et un véritable budget européen, pour couper court au phénomène de concurrence entre Etats européens et assurer une homogénéisation progressive des conditions sociales sur le continent. »
..........Un dessin dans Libé de cette semaine.

jeudi 5 mai 2011

Sous le vent de l’art brut. Halles Saint Pierre, Paris 18°.

A la dénomination « Art singulier », cette fois s’ajoute: « art outsider » et la collection de Charlotte Zander installée jusqu’au 26 août se voit collection « volière » ou « buissonnière ».
La simplicité est un chemin ardu ; je l’éprouve chaque jour dans mes exercices d’écriture, mais le milieu artistique aime rajouter quelques couches verbeuses par-dessus ses toiles :
« A rebours des tentatives qui visent à diluer l’art brut dans le mainstream pour le faire servir de vitamine à un art conceptuel épuisé, elle en renouvelle la validité sur le mode d’une ouverture à des formes d’art voisines et pourtant différentes. Si elle s’attache à illustrer une fois de plus la spécificité de l’art brut, c’est sans en faire un bunker ».
Parmi les 49 artistes présentés, je connaissais seulement les noms de Rousseau, le Douanier, et celui de Séraphine de Senlis qui seraient plutôt répertoriés naïfs, mais le propos est justement de brasser ces étiquettes.
L’étrangeté des recherches, leur intensité, leur fantaisie est bien présente en bas de la butte Montmartre sous les verrières d’une jolie halle genre Baltard dédiée à l’art brut.
Ces artistes amateurs, mystiques, bizarres, obsessionnels nous étonnent, nous hantent et font sourire. Des métamorphoses et des mythologies se créent avec des dévotions de charbonnier et des désespoirs de gosses.
J’aurai du plaisir à revenir fréquenter ce lieu car depuis ma première visite chez ces enfants éternels, à Lausanne où se situe pour moi le temple de cet art mis en lumière par Dubuffet, je ne suis toujours pas remis du choc.

mercredi 4 mai 2011

Touristes en chine 2007. # J 15. Charmante Liyang.

Démarrage à 8h, le temps est toujours « abîmé ».
A vingt kilomètres de Dali nous visitons un Village Xizou sous une pluie qui fait briller les légumes. Les marchandes qui proposent des produits du lac ont adopté l’imperméable, le pantalon et les bottes en plastique. Nous longeons des rizières, les maisons Baï ont des portes caractéristiques en brique peintes en blanc avec des fresques noires en hauteur. Nous entrons dans une des maisons à cour carrée dont le propriétaire avait été dépossédé lors de la révolution culturelle pour loger des familles.
Nous suivons un spectacle attrape touriste pour la cérémonie des trois thés (amer comme la naissance, sucré comme l’âge adulte, mélangé comme la vieillesse) avec des danses nunuches.
Nous nous arrêtons dans une boutique de batik puis dans une ville avant l’aéroport pour manger avec 45 Y pour 5 avec saucisses, jambon, champignons légumes, poivrons, riz à volonté.Nous arrivons à Liyang, (ou Li Chan) ville ancienne sans rempart à 16h, la pluie ne nous a pas lâchés.Nous nous installons à l’hôtel Sanhe, style guest house, une maison traditionnelle charmante meublée en pin non traité mais encore parfumé. Nous apprécions des massages des pieds peu conventionnels car extrêmement fermes : une bonne occasion de rigolades quand nous exprimons notre satisfaction par des cris.Promenade dans les rues tortueuses de la ville ancienne traversée par des canaux bordés de saules pleureurs. Les jolies rues commerçantes à flanc de colline sont inondées de monde. Le bois et les lanternes rouges participent à l’unité architecturale. Ces constructions traditionnelles avaient mieux résisté au tremblement terre ravageur de 1996 que la ville plus récente où un tiers de la population avait disparu.
Repas dans un restaurant local, nous goûtons une sorte de pizza, fried noodles et cornets glacés sur table basse et tabourets au ras du sol.Le spectacle de chants et de danse Naxis, perturbé par le bruit de la boîte de nuit voisine, nous plait, bien qu’il y ait trop de parlotte. Les voix de femmes évoquent les voix bulgares, une dame assez âgée présente une guimbarde et une chanson à cappella qui respire l’authentique. Un musicien a tendance à s’endormir sur scène, il nous met en joie.Nous nous attardons dans les rues bien éclairées sous des toits magnifiques. Des petits bateaux en papier en forme de lotus recueillent une bougie et flottent sur les canaux. Douce lumière rouge. Nous marchandons quelques bracelets et un collier et revenons à l’hôtel en deux groupes, pour cause de photos.

mardi 3 mai 2011

Coupures irlandaises. Kris&Vincent Bailly.

Au début de ma lecture, je croyais que l’album avait mal été référencé et qu’il aurait mieux convenu au rayon jeunesse. Et finalement se rafraichir la mémoire sur le conflit irlandais à travers le regard de deux jeunes bretons s’avère être une rencontre profitable. Au temps du Swinging London plus de trois mille morts dans cette guerre maquillée en « troubles ».
La candeur des deux adolescents en séjour linguistique à Belfast permet de ne pas rester dans un registre dramatique. La sincérité de l’auteur qui a rapporté pour une part sa propre expérience est perceptible.
L’un est reçu dans une famille catholique, l’autre chez des protestants plus aisés en 1987 quand les soldats font partie du paysage. Les enfants jouent mais les armes chargées sont dangereuses. Un dossier vient compléter utilement l’histoire agréablement dessinée.

lundi 2 mai 2011

Sans queue ni tête. Jeanne Labrune

Les psys et les putes font le même travail.
Une seule idée mais étirée pour un scénario manquant pour le coup de profondeur psychologique.
Il y a bien quelques scènes cocasses comme le travesti sur le divan avec un jeu de mots entre « Pouah » et « poids » mais tout cela n’en fait qu’un petit film pas désagréable mais un peu vain.
Le psychanalyste n’avait pas besoin de sexe et la prostituée pas de nécessité à se prendre la tête.
Hupper is down, et comme elle le dit « là, ça commence à devenir limite ».

dimanche 1 mai 2011

Gianmaria Testa.

Comme Paco Ibanez m’avait donné envie d’apprendre l’Espagnol,
Testa nous met à l’Italien sans peine, avec son 6° CD :
« Da questa parte del mare »:
« e in mezzo al mare va
una barca scura
che ha perso il vento
perso alla sua vela
e chi la sta aspettar
l'aspetta ancora »
« et au milieu de la mer va
une barque noire
qui a perdu le vent
perdu sa voile
et qui l’attend
l’attend encore »

« De ce côté de la mer » est un CD sur les migrations, et les ritals en furent jadis de ces voyageurs.
Ce morceau de texte ci dessous est en hommage à Izzo Jean Claude, celui des polars.
«Pourtant nous la connaissions nous aussi
L'odeur des cales
L'amertume du départ
Nous le savions nous aussi
Et une langue à désapprendre
Et une autre à apprendre en vitesse
Avant la bicyclette.
Nous le savions nous aussi
Et la buée de notre haleine sur les vitrines
Et la tiédeur du pain
Et la honte du rejet.
Nous le connaissions nous aussi
Ce regard muet »

Sans misérabilisme, avec force, le chanteur à la voix éraillée comme il sied à l’expérience. Chef de gare, il a commencé dans la chanson à 37 ans. Sa douceur enjôleuse, rappelle à certains Léonard Cohen et pour moi Georges Brassens jusqu’à la moustache avec une rythmique qui éveille bien des nostalgies. Le plaisir est complet avec cette voix proche de celle de Paolo Conte avec aussi son côté jazzy, au service de textes émouvants sur une musique à écouter pendant des heures.

samedi 30 avril 2011

Petite fille.

Mia est venue au monde le 29 avril 2011
chez Stéphanie Claudin et Julien Chassigneux.

lundi 25 avril 2011

Avatar. James Cameron.

A la télévision, les images sont déjà impressionnantes, alors avec la 3D qu’est ce que ça devait être ! Des restes de snobisme m’avaient conduit à ne pas apporter ma part à la recette de plus de 2 milliards d’Euros générée par cette production qui avait nécessité 10 ans de maturation pour près de 3h de film menées bon train.
Sur la planète Pandora chaque pas génère une auréole phosphorescente et les êtres bleus qui l’habitent harmonieusement ont l’oreille expressive, la tresse branchée; ils sont bien plus humains que les méchants terriens impérialistes qui viennent voler leur énergie. L’humidité qui règne chez eux ne leur cause pas de sinusite malgré l’épaisseur de leur appendice nasal qui heureusement filtre bien une atmosphère fatale aux habitants des vaisseaux colonisateurs.
On ne retient que les images brillantes, les trouvailles visuelles ; l’hybridation des humains et des êtres virtuels est le sujet même du film dont la réalisation est époustouflante dans la lignée des projectionnistes et leur lanterne magique.
« Alien » c’était il ya 24 ans et Sigourney Weaver était déjà là.
Peu importe le schématisme du propos et les personnages caricaturaux, le cinéma ne change pas le monde : ceux qui conduisent les machines implacables de destruction de notre planète n’ont pas levé le pied. Pas du tout : après l’échec de Copenhague, il ne nous reste qu’à réciter quelques mantras et mettre dans la poubelle adéquate les jouets qui devaient mener vers un Eden situé aux confins de nos imaginations.
…………
Je reprends samedi 30 avril les publications sur le blog.

dimanche 24 avril 2011

Le requiem de Fauré. Michel Corboz.

J’ai toujours l’impression de faire mes premiers pas quand je vais à un concert de musique classique et n’avoir que des clichés à ma disposition à la sortie.
Ah, la précision suisse, la retenue ! C’était l’ensemble vocal de Lausanne.
En 1915, Fauré, le fils d’instit ariègeois, pouvait dire: « L'effroyable tempête que nous traversons nous rendra-t-elle à nous-mêmes en nous rendant notre sens commun, c'est-à-dire le goût de la clarté dans la pensée, de la sobriété et de la pureté dans la forme, le dédain du gros effet ! » Il a connu Wagner et n’est pas tombé sous sa coupe.
Je ne sais ce qui fait le phrasé de Fauré goûté par les musiciennes, je sais seulement que sa pavane me transperce à chaque fois, mais je n’ai pas été bouleversé ce soir, même si j’ai aimé l’harmonie des voix et des violons. Par contre j’ai vraiment apprécié Haendel en première partie où il est question aussi d’un « seigneur qui écrasera les rois ». Mon inculture m’avait fait prendre ce morceau fondateur pour un requiem que je trouvais bien gai avec des airs évoquant les Carmina Burana qui me sont plus familières, avec trois siècles d’écart. Mais c’est comme si j’avais pris mon dessert avant le plat de résistance : les délices baroques de l’allemand m’ont assourdi les nuances du français en majestueux ensemble où « les anges te conduisent au paradis »
pour « qu’avec Lazare, jadis si pauvre, tu connaisses le repos éternel. »
Pas de tonitruant jour de colère ( Dies irae), mais une acceptation douce de la mort par le maître de la chapelle qui avait éprouvé le besoin de renouveler la musique religieuse qu’il se devait de jouer à la Madeleine.

samedi 23 avril 2011

La carte et le territoire. Michel Houellebecq.

Ces 400 pages ne sont pas anodines, et c’est tellement bien de s’empoigner pour de la littérature, pourtant je m’aventurerai prudemment dans un commentaire venant après tellement d’avis autorisés.
Les Inrocks ont bien repéré que chaque personnage est en fait l’écrivain : le peintre personnage principal, le commissaire de police, Houellebecq lui-même tient un rôle éminent, mais aussi le chien bichon Michou, voire un chauffe eau en objet signifiant. Qui n’a pas écouté son Chaffoteau ne sait pas ce qu’est la vie, ni la solitude. Même si ce n’est pas tout à fait neuf depuis Flaubert en Madame Bovary. De l’auto fiction, de l’anticipation, une vision acérée de notre époque, de la poésie, de l’ironie, de la mélancolie.
Oui « la carte est plus intéressante que le territoire » : le roman cartographie la réalité.
Beaucoup de critiques ont parlé d’une moins grande âpreté dans cette livraison de l’amer, j’ai remarqué des plages de tendresse, mais le tableau est toujours aussi désespéré.
« La voix des gens ne change jamais pas plus que l’expression de leur regard. Au milieu de l’effondrement physique généralisé à quoi se résume la vieillesse, la voix et le regard apportent le témoignage douloureusement irrécusable de la persistance du caractère, des aspirations, des désirs, de tout ce qui constitue une personnalité humaine. »
Je suis entré dans ce livre en entendant la voix de Lucchini, et mon plaisir en était grandi avec la grandiloquence, l’intensité et l’humour correspondant à celui qui ne cesse de raviver les classiques de préférence désabusés et décapants. La présence de Julien Lepers et d’autres n’est pas artificielle comme dans beaucoup de productions oubliables : j’ai ressenti cette œuvre comme un symptôme de notre temps, un point de vue « moderne » sur notre monde, un exercice jubilatoire d’écriture.
Au pays de Jean Pierre Pernaud, il braque sa frontale sur l’argent roi et la douce fin des territoires dans La France en passe de devenir un musée vidé de toute authenticité. Sa réflexion sur l’art n’est pas académique mais d’une efficacité certaine qui va bien au-delà d’un avis amusant sur Picasso qui alimenta les gazettes mais interroge les valeurs de notre société.
Avec minutie il nous fait relire les notices des appareils photos, les dépliants publicitaires :
« Un sourire vous entraînera du jardin (espèces méditerranéennes) à votre suite, un lieu qui bousculera tous vos sens. Il vous suffira alors de fermer les yeux pour garder en mémoire les senteurs de paradis, les jets d'eau bruissant dans le hammam de marbre blanc pour ne laisser filtrer qu'une évidence : ici, la vie est belle. »
Il nous rend moins benêt pour un temps, mais désespéré, déshérité pour longtemps; pendant trois semaines je n'ai pas ouvert un roman.

vendredi 22 avril 2011

Contre le chômage de masse et la précarité. Crise financière ou crise sociale ?

4‭ ‬618‭ ‬000‭ ‬inscrits‭ ‬à‭ ‬Pôle emploi‭,
Plus de ‬1‭ ‬100‭ ‬000‭ ‬en deux ans. ‬
500‭ ‬000‭ ‬personnes ont été rayées des‭ ‬fi‬chiers et ‬moins de la moitié‭ ‬ont retrouvé‭ ‬un emploi‭.
La plupart sont en‭ ‬fi‭n de droit‭.
« Depuis deux ans, on s’est contenté de déplacer les fauteuils sur le pont du Titanic »
« On a fait une perfusion au malade qui a une hémorragie interne. » Stieglitz
Il y en aura toujours des malins qui savent tout, pour trouver les débats conventionnels, superflus, mais étonné par l’éloignement de la préoccupation de l’emploi de nos écrans, en béotien de l’économie, je suis venu à l’écoute d’un panel qui me semblait intéressant aux états généraux du Renouveau à la MC2.
Pierre Larrouturou, qui a prôné la semaine de 4 jours au PS avant de rejoindre Europe écologie avait bien préparé son exposé et son image de l’iceberg me parle.
« La partie émergée de l'iceberg (les finances, la monnaie) est bien évidemment très commentée, mais le vrai danger nous vient du chômage, des inégalités, et d'une cupidité devenue menaçante pour la prospérité de tous. Le chômage n'est pas seulement une conséquence de la crise, il en est une des causes fondamentales. En bref, nous sommes confrontés à un appauvrissement social terrible, et en Chine, cela pourrait même entraîner de grands désordres politiques et sociaux à court terme. »
Lionel Zinsou, banquier, ancien conseiller de Fabius, d’un optimisme qui m’a semblé surjoué a permis au débat de s’animer en contredisant Paul Jorion qui avait prévu, lui, la crise des subprimes. Le sociologue voit en 2007 comme en 1929 des concentrations de fortunes avec en plus des manipulations de la bourse américaine et des jeux dangereux des spéculateurs sur les matières premières. Jacques Mistral, ancien conseiller de Rocard cherche son modèle plutôt du côté de l’Allemagne et la pauvre Karima Dalli de chez Europe écologie, seule politique en milieu économiste, a paru bien légère malgré une langue de bois bien épaisse.
La dérégulation, les dettes qui explosent datent de Ronald Reagan, et si nous sommes au terme d’une phase de croissance longue, la France est dans une situation financière précaire, le pays vit au dessus de ses moyens, l’écroulement est programmé et aucune mesure n’est prise. On parle de "global collapse".
C’est alors que j’ai arrêté de prendre des notes, les bons du trésor américains me seront toujours intellectuellement inaccessibles bien qu’ils soient dit on déterminants.
L’iceberg se rapproche, et sous la banderole du titre du débat je ne vois plus goutte.
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Au premier jour, Dieu créa le soleil. Et le Diable créa les coups de soleil.
Au second jour, Dieu créa le sexe. Et le Diable créa le mariage.
Au troisième jour, Dieu créa un économiste. Le Diable était plutôt ennuyé.
Il réfléchit un moment et créa... un second économiste.

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Dans le Canard de cette semaine : La photo du crucifix plongé dans l’urine : « Cette affaire n’a que trop d’urée ».
Même discours, quatre ans après, dans les Ardennes : « L’assassin du pouvoir d’achat revient toujours sur les lieux de ses frimes !»

jeudi 21 avril 2011

Jean Loup Sieff

Ses photos en noir et blanc m’ont parues plus éloignées dans le temps que celles de Cartier Bresson ou Doisneau dont les personnages sont pourtant habillés à la mode d’une époque antérieure. Les prises de vues en studio, saisissent le temps qui passe sur les corps: Reggiani, Rempling, Sagan, Deneuve, Yves Saint Laurent... Photos parfaites de femmes parfaites, aux lumières caressantes avec si peu de dentelles. Très magazine des élégantes, 60 chic, avec parfois sur des pages face à face, des statues funéraires du cimetière du Montparnasse et des modèles aux drapés magnifiques, irréelles. Le grain de peau sous une robe si petite recèle une sensualité explosive et commence bien la série en portant la nostalgie de ces années : « faites comme si je n’étais pas là » disait-il à ses poseuses. Nous ne sommes plus là en 2011.

mercredi 20 avril 2011

Touristes en chine 2007. # J 14. Eaux à Dali.

Lever matinal (4h50) pour prendre l’avion. La pluie n’a pas cessé depuis hier au soir et d’après Yuihu c’est une pluie moyenne, il y aura une petite pluie à Dali.
Vol assez rapide. Par le hublot nous voyons beaucoup de verdure, des cultures, des lacs, de la terre rouge.
Installation et repos d’une heure à l’Asia hôtel après prise en charge par un nouveau chauffeur. Nous sommes au centre de la région du Yunnan dans la ville du marbre (marbre se dit : pierre de Dali) en général blanc veiné de gris comme dans les montagnes dans la brume des peintures classiques.
Dali est la ville de l'ethnie minoritaire Baï, qui signifie blanc. Pour les fêtes le costume des femmes est blanc, les pantalons et hauts sont brodés de roses roses, les coiffes sont très particulières. Pour tous les jours : les vêtements sont bleus, fermés à la chinoise.
Nous nous dirigeons vers le lac Erhai (oreille à cause de sa forme) en longeant des champs par une route en galets. La terre est noire, où poussent des aubergines, salades, maïs, sur des tables sans mauvaises herbes. Nous croisons un très beau ficus chenu aux racines impressionnantes. Quand nous embarquons pour une croisière sur le lac avec un groupe de jeunes chinois, nous voyons une bonne troupe de cormorans attachés destinés à la pêche. Nous visitons l’île Jinsuo Dao où le marché est sur le quai avec ses coquillages, crevettes séchées, civelles, poissons chats, poissons qui se dégustent sur place.
Yuizou nous conduit à un charmant temple de village, de taille et de décorations modestes qui abrite aussi un club du troisième âge. Les vieux tapent le carton, au premier étage les vieilles chantent des soutras répétitifs accompagnées de percussions : 2h le matin, 2h l’après midi. Elles sont installées toutes vêtues de bleu face à face, perpendiculaires à l’autel devant lequel prie une des leurs, le bâton d’encens à la main. Images fortes où l’on retrouve des pratiques magiques qui évoquent le chamanisme. Nous nous promenons dans le village aux demeures authentiques qui s’effondrent.
La vieille ville de Dali est orientée Sud/Nord bien sûr. La porte Sud est d‘une épaisseur conséquente. La grande rue est bordée de saules, trop restaurée, flanquée de boutiques à touristes, les néons cachent trop à notre goût les façades des vieilles maisons plus modestes et différentes de celles de Pingyao.
Restau de poissons, carpes, cèpes et aubergines très épicées.
Visite des trois pagodes SanTa Si : jolis jardins, les trois pagodes ont des airs penchés. Des pétards attirent l’attention de Yuizou, il nous conduit à une fête dans un petit monastère. Fête des enfants, au cours d’un énorme pique-nique. Des offrandes sont disposées devant les autels bourrés d’encens et dans le temple (poulet, papiers écrits par un écrivain destinés à être brûlés dont la fumée s’envolera jusqu’à Bouddha). La salle où les femmes se sont protégées de la pluie est enfumée comme une salle hors sacs. Dans les champs l’on reconnaît des plans de cannabis. Des femmes portent des palanques ; retour dans le centre et découverte du marché. Repas au Yunnan café : rouleaux aux crevettes excellents, retour à pied à l’hôtel.

mardi 19 avril 2011

Bienvenue dans le monde merveilleux de l’informatique. Scott Adams.

Un volume dans la vie du héros Dilbert d’origine américaine dont les tirages se comptent en millions d’exemplaires avec des traductions en 22 langues différentes dans des milliers de journaux.
Charly Brown serait devenu ingénieur informatique et porterait une cravate réticente, Snoopy serait rémunéré en tant que consultant et nous serions dans un humour dans la filiation de Mafalda. En trois cases, le sort en est jeté, et se révèlent les folies, les drôleries, la lucidité.
Dilbert demeure impavide, à peine effleuré par une vie de bureau absurde où le boss est incompétent et abuse du langage managérial.
- Excellent rapport. Il faut juste remplacer à chaque fois le mot « utiliser » par
« exploiter ». Remplacer « aider » par « faciliter » et au lieu de « faire » mettez « entrer dans la phase d’implémentation »
- Hmm…c’est encore un peu trop lisible.
- Je pourrai réduire la taille des caractères et le photocopier sur le fax.

La mondialisation est passée par là, et tous les spécimens humains sont représentés : le sadique, le consciencieux, et même la femme qui n’est pas un archétype
De l’humour connoté, à prendre par petites doses pour en saisir tout l’arôme.

lundi 18 avril 2011

Road to Nowhere. Monte Hellman.

Dernier plan, le cinéaste tient sa caméra alors que la police cerne une maison:
“Lâchez votre arme ! ”.
Pas de quoi s’affoler : il n’y a que des balles à blanc dans ce film qui m’a laissé à distance.
La seule réussite est que les pistes sont si bien brouillées que nous devenons indifférents au scénario qui superpose au cours du tournage d’un film : la réalité, la fiction et les souvenirs.
Depuis les plans lents du début, j’avais pourtant l‘intention d’apprécier cette proposition -comme on dit aujourd'hui- mais je me suis vite lassé et je n’ai pas vu le rapport entre les séquences historiques vues sur ordi et le scénario.
...........
Robert Mitchum est mort. Olivier Babinet
Et le cinéma se sent un peu patraque. Enième road movie dans des voitures volées où Olivier Gourmet en agent peu artistique conduit un autre looser qui passe son temps à dormir vers un festival minable sur le cercle polaire. Là quelques haut-parleurs crachotent sur le parking désert, un pôle encore qui ne fait plus rêver. Triste.

dimanche 17 avril 2011

Thelonious Monk. Antoine Hervé.

Pour clôturer la saison des leçons de jazz à la MC2 Antoine Hervé a fait parler le piano dans un hommage à celui qui fut surnommé « Melodious Thonk ».
Pour dénoncer les donneurs de leçons en politique qui parlent beaucoup sans se mouiller, j’avais retenu l’expression : « ceux qui jouent du piano en se tenant à dix mètres du clavier »
Ce soir, Antoine Hervé a mis les mains dans la musique et nous a servi un beau concert pendant une heure et demie. Je m’étonnais qu’il ne tourne pas les pages de ses partitions c’est qu’il a improvisé en hommage au pianiste inventif qui a influencé des cohortes de musiciens. Je révise ce que le pédagogue et le virtuose m’ont fait découvrir cette année : les phrases musicales qui se répondent, qui varient, des oiseaux au vol imprévisible, des ruptures, des surprises, de l’humour, la recherche d’un horizon qui fuit dès qu’on s’approche. Le charme de cette route est dans ses détours, ses zigs et ses jazz.

XXI. Printemps 2011.

Le trimestriel culte en son numéro 14 est toujours aussi passionnant, varié, une bouffée de fraîcheur dans l’air pollué du temps. 37 pages consacrées à « nos meilleurs vieux » avec des religieuses qui ne veulent pas aller en maison de retraite, un groupe de féministes qui imaginent une maison pour partager du temps et la rencontre de délinquants qui ne sont plus jeunes du tout. Le reportage photographique est consacré aux enfants qui vivent en prison avec leurs mères à Buenos Aires et la bande dessinée décrit la route du kif au Maroc. C’est Jonathan Littell le reporter au Sud Soudan, un pays neuf. Nous partageons la tournée d’un facteur à Kaboul, la vie d’un contrebandier dans le Sinaï et quelques plans sur les riches de Rio qui voient la vie du haut de leur piscine sur les toits. Des portraits hauts en couleurs d’un américain qui fut un compagnon de Mao et du patron d’Emmaüs Défi. Les brèves sont toujours pertinentes. Je n’avais jamais entendu parler d’Isabelle Lambret qui a vécu 9 mois en captivité en Somalie, son récit puissant va à l’essentiel. « J’avais raison d’y croire » dit elle quand elle retrouve la liberté.
Dans le même esprit de reconquête, ils éditent « 6 mois » un bisannuel, 350 pages de photographies sans une virgule de publicité autour de 12 photojournalistes avec un dossier principal consacré à la Chine et des rubriques concernant l’actualité, des entretiens, des récits variés et des univers à partager : à trouver dans ces lieux rares et précieux que sont les librairies.

vendredi 15 avril 2011

La laïque part en vrille.

Je n’ai plus que le sourire daté d’une Marianne dessinée par Jean Effel sur les timbres de la quinzaine de l’école publique pour m’accrocher, quand je vois qui a ramassé le mot « laïque » pour servir à son contraire !
A gauche, nous avions déjà gémi quand le « Roublard Souverain » (appellation Patrick Rambaud) avait cité Jaurès dans des discours écrits par d’autres.
La captation du mot laïque par ses ennemis d’hier vient encore de nos abandons, le vide laissé par la religion catholique finissante nous laisse sans audace.
« Le roi est mort, la religion est morte, et les esprits s’égarent » Emmanuel Todd
Quantitatif :
La fermeture de dizaines de milliers de postes dans l’éducation nationale chaque année devient la jauge dont on s’accommode.
Pour avoir milité jadis avec la CFDT en milieu enseignant, en regardant les massacres d’aujourd’hui, j’ai encore plus le sentiment que nous œuvrions alors dans le feston qualitatif alors que l’urgence est présentement au quantitatif.


Quelques chiffres
vus dans l’hebdomadaire « Le Point »:
- 700 millions d’Euros consacrés à la gratuité de la scolarité des enfants des français à l’étranger alors que les subventions sont à la baisse pour les associations de soutien scolaire.
- Plan de cohésion sociale (réussite éducative) :
411 millions en 2008, 79 millions en 2009
- en 2005 : 62 % de la classe d’âge a eu accès au bac, ce nombre a baissé de 5% en 10 ans.
La moitié des inscrits en fac échouent en premier cycle.
- Compréhension de l’écrit, évolution depuis 2000 :
France : - 9, Allemagne : + 13
- Culture mathématique :
France : - 14, Allemagne : + 10
- Revenus d’un prof en début de carrière en 1990 : 1,6 Smic, en 2010 : 1,5 Smic
- Scolarisation des 3 ans : 35% en 2000, 15% en 2009


Fonctionnaires : Quand j’ai transmis à mes correspondants quelques mots de Michel Serres qui insiste sur les qualités de l’école française, Debra m’a répondu en soulignant l’envie accompagnant le mépris des français en ce qui concerne les fonctionnaires avec en outre les contradictions de notre modèle républicain sans cesse invoqué d’où suintent d’amères marinades. Elle partage le constat de la destruction de l’éducation nationale et s’il est facile d’approuver sa remarque que tous les profs ne sont pas des saints (encore heureux voire bien heureux en terre laïque), j’ai plus de mal à envisager que certains se vengeraient sur les enfants des frustrations générées par le système.
Des fausses poitrines sont proposées à des fillettes par des marchands aux Etats-Unis et des crèmes antirides dans les kits de maquillage pour des écolières de huit ans.
Il va falloir ouvrir une cellule d’aide psychologique pour les vieux instits.
……..
Suggestions du Canard pour les lectures de Frédéric Lefebvre pour prolonger ceux de la semaine dernière : « Ainsi parlait Zara » de Nietzsche, et bien sûr « La princesse Tam Tam de Clèves » de Mme Galerie La Fayette.

jeudi 14 avril 2011

Chagall et l’avant-garde russe.

Le peintre aux petits bonhommes naïfs n’était pas « ma came » comme dirait la femme de « Notre Fugace » (appellation Patrick Rambaud).
Dans l’effervescence du début du XX° siècle, parmi d’autres peintres, il est aisé de comprendre que « l’inclassable, l’original n’est pas né nulle part ».
La formule est de Guy Tosatto lors de sa conférence devant les amis du musée en complément à l’exposition de 150 œuvres des années 1908 à 1930 qui ont déjà attiré beaucoup de monde.
Marc, (Moïse) Chagall a adopté la nationalité française quand notre pays était un phare et non la contrée du « Phosphorescent » (appellation Patrick Rambaud) ; il est né en Biélorussie à Vitebsk et les souvenirs de son enfance là bas, où la communauté juive était très importante, vont habiter son œuvre tout du long.
Paul Gauguin le fauve, venu de l'impressionnisme, enrichi par le symbolisme, théorisera le "synthétisme", il permet au jeune russe de penser un monde où se réconcilient le primitif et le moderne.
Les icones, les gravures de la tradition populaire ont nourri la simplicité du conteur qui va au-delà de l’anecdote.
- Le violoniste sur le toit est une âme qui s’élève au dessus de la rue où un homme est mort de froid.
Ce parcours au musée de Grenoble est l’occasion de connaître Larionov et Gontcharova et leurs peintures néo-primitivistes, de voir des Kandinsky originaux avec une série de paysages aux couleurs séduisantes.
- Improvisations III est un témoignage clef du passage à l’abstraction. Les variations du titre en témoignent : « cavalier au dessus d’un pont » puis « tableau avec mur jaune ».
1912 : A l’écoute des autres et de lui-même. C’est le temps de « La Ruche » avec Soutine, Zadkine, Apollinaire, Cendrars... Les formes se distordent, les couleurs s’exaltent. Il a vu des Van Gogh, précurseur de l’expressionisme.
Dans le foisonnement des écoles qui naissent et meurent chaque année, le cubisme est passé à la postérité, retiendrai-je que l’orphisme en fut une branche ainsi que le rayonnisme ?
Le peintre errant en fera sa farine :
« Seul est mien
Le pays qui se trouve dans mon âme.
J’y entre sans passeport
Comme chez moi… »

1914 : il est contraint par la guerre de rester en Russie où il ne faisait que passer
1915 : Croix noire sur fond blanc, de Malevitch, c’est du suprématisme ; Pougny et sa boule blanche dans un tiroir repeint en vert claque comme une œuvre contemporaine, 100 ans après.
- La route vers le marché aux bestiaux mène vers le cosmos et recèle tous les âges de la vie.
- Blanc et doré, « le double portrait au verre de vin » célèbre le bonheur du couple qu’il a formé toute sa vie avec Bella.
Le futurisme saisit la vitesse, le constructivisme débouche sur l’architecture et veut signer l’avènement d’une humanité nouvelle.
Chagall dirigera une école d’art où il introduit Malevitch qui l’évincera. Ses toiles portent la trace de ces querelles avec cet indéfectible goût pour la poésie et l’expression individuelle.
« J’ai apporté mes objets de Russie et Paris leur a donné la lumière »

mercredi 13 avril 2011

Touristes en chine 2007. # J 13. De Xian à Kunming

Ce matin le rendez-vous avec Amandine est à 9h seulement, petit déj’, check out tranquille. Nous enfournons les bagages dans le minibus.
Xian a été capitale impériale pour 12 dynasties pendant 2000 ans :
de 1000 avant J.C à 1000 après.
La grande pagode de l’oie sauvage.
Explications sur le bouddhisme : histoire de Sakyamuni en jade et pierres précieuses. Sakyamuni = Siddhârta et Bodhisattva = anges
Les trois dieux : Fu = bonheur, Lu = réussite professionnelle, Show = longévité.
Près de la pagode en rénovation, des ouvriers travaillent du bois d’acajou pour les poutres du temple en construction. Les menuisiers venus du sud s’activent. Des manœuvres soulèvent de lourds morceaux d’une stèle couchée et cassée. Nous montons dans la pagode (20Y) avec ses 7 étages par des escaliers en bois. Promenade dans le jardin aux arbres vénérables. Des cerfs-volants flottent au-dessus d’une grande esplanade dallée.
La mosquée et le quartier Hui (minorité musulmane). Ce métissage a eu lieu lors du commerce de la soie. Quelques personnes en ont gardé « le long nez » ou des yeux moins bridés.
La religion du père est conservée par ses descendants.
A la descente du bus, nous traversons le souk, ruelle étroite protégée par des avancées de fortune. L’une des plus grandes mosquées de Chine ressemble en de nombreux points aux temples bouddhiques avec ses cours intérieures, son architecture et son minaret central si bas qu’il ressemble à une tour du tambour ou de la cloche. En tant que non-musulman, nous ne pouvons pénétrer dans la salle de prière dans le dernier bâtiment dont les portes ouvertes nous permettent de voir l’intérieur. La mosquée est orientée selon l’axe ouest /est et non sud/nord.Dans les rues, les femmes ont la tête couverte dans un style Bruegel et les hommes portent un petit bonnet. Dans le quartier, nous voyons les boutiques des boulangers, tripiers, des bouchers. L’hygiène n’est pas une préoccupation évidente. Nous débouchons sur une grande avenue mais nous sommes perdus. Nous essayons de nous renseigner en vain. Repas dans un restau de chinese food où une jeune femme propose son aide. Nous revenons au souk pour quelques achats : cage à criquets, cheval de bronze et coussins, sac, papier de riz.
Xian est une ville coquette derrière ses remparts longs de 14 km, les taxis verts et les bus roulent au gaz, les chauffe-eau sont solaires, les immeubles sont construits dans le style chinois. Amandine avec son efficacité s’occupe de notre enregistrement dans un aéroport moderne. Embarquement à 16h15, repas à 17h.
Kunming à 18h40. Nous trouvons notre nouveau guide Yuizou (prononcer Wizo = poisson dans le bateau), jeune homme énergique, un peu rond, maniant volontiers l’humour. Il pleut mais la température est agréable, nous sommes presque à 2000 m d’altitude. L’Hôtel Dragon comporte 4 étoiles avec des employés en uniforme de Spirou à l’entrée. Les chambres sont confortables avec fruits et eau à disposition. Le change s’effectue en 30 s, nous avons accès à nos mails. L’alcool, cadeau de Diane, ne plait à personne, nous prenons du thé à la place et faisons un repas de fruits.

mardi 12 avril 2011

Livret de phamille. JC Menu.

Jean Christophe Menu, n’est pas qu’un théoricien de la BD, il a créé « l’association » une maison d’édition qui propose des bandes dessinées essayant de renouveler le genre.
Cet épais volume aux petites cases regroupe des planches publiées dans divers fanzines, entre 1991 et 94, reliées par la teneur autobiographique des récits. L’auteur n’y est pas forcément à son avantage, mais sa sincérité est émouvante et si parfois sa femme n'est pas commode, c’est qu’elle doit assurer le quotidien et trois grossesses successives avec un mari qui est encore parfois tellement un môme : c’est qu’il est dans la BD, touchant et infernal. Les tensions entre l’intériorité nécessaire à la créativité et les tâches prosaïques est une bonne source d’humour et quand des auteurs se rencontrent avec leur égo bien reluisant, ils peuvent rappeler des situations vécues par chacun et pas forcément dans les salons ou les colloques. Les filles qui grandissent apportent une fraîcheur bienvenue.

lundi 11 avril 2011

Pina 3D. Wim Wenders.

Par la danse, Pina Bausch, nous avait fait approcher de plus près la beauté, le tragique de notre condition humaine, avec intensité.
Wenders nous emmène au cœur des ballets de la dame de Wuppertal.
La 3 D permet des approches inédites et repousse les voilages qui semblent flotter jusque dans la salle, tout près de nous.
Un artiste au service d’une autre artiste : la mission est accomplie qui consiste à mieux révéler le monde en nous faisant partager le langage des corps, la légèreté et la douleur des hommes et des femmes, leurs solitudes, et nous faire sourire de nos impatiences.
J’avais même l’impression que les sons eux-mêmes avaient une autre dimension, avec les souffles si proches, les éléments eau et terre m’éclaboussant.
C’est plus qu’un hommage revisitant plusieurs chefs d’œuvres. Les rapprochements, les ouvertures nouvelles sur des paysages qui en deviennent magnifiques, nous conduisent au-delà de la danse contemporaine. Les beaux visages des danseurs nous livrent un peu du mystère de ce qui constituait le charisme de Pina. La troupe du Tanztheater en cortège vibrant ouvre et clôt le film, je la suivrais volontiers comme un enfant à la suite d’un joueur de flûte.
Bernard Pivot milite « pour l’augmentation du goût de la vie », la maigrichonne y contribue encore.