L’école malmenée, accablée, dépouillée est pourtant réquisitionnée paresseusement pour répondre à tous les maux de la société, aux démissions parentales et à la moindre des éruptions médiatiques :la nutrition, les addictions, la sécurité routière, l’insécurité, la sexualité, les communiqués de la municipalité, du conseil général, régional, du ministère, des ministères, les bouffées de la mode et les rafistolages culturels, le développement durable puisqu’il est abandonné ailleurs...
Le public est captif, le blabla citoyen, la photo sera bonne, les blasés goûteront une heure de cours qui « pète ».
Comme lors d’une discussion, je faisais part de mes réticences à ce que l’on introduise pendant les heures de classe quelques bons préceptes concernant les handicapés, une camarade m’a fait parvenir quelques réflexions de Jean Claude Michéa.
Au-delà des années qui se sont écoulées depuis l’interview, datant du temps où Allègre n’avait pourtant pas fait valoir encore toute l’étendue de sa nocivité, j’ai apprécié la vigueur du philosophe quand il conteste le rôle d’animateur que l’on assigne à l’enseignant au détriment de la transmission d’un savoir critique.
Il constate avec Antoine Prost, pourtant l’un des premiers partisans de la modernisation démocratique de l’école, qui admet « que sous le règne des pédagogies « égalitaires » l’exclusion et les inégalités ont accéléré leur croissance et les chances de promotion sociale des classes populaires ont diminué. »
Alors ? Alors les circulaires s’accumulent pour ne pas oublier :
qu’ « en phase de démarrage d’une situation séquentielle le stagiaire interconnecte le nouveau et le déjà-là ».
Il pointe l’effacement des familles au détriment de l’industrie des médias et du divertissement : cette culture de la consommation « que l’adolescent qui lui est assujetti, vit toujours comme un comportement « rebelle » et « romantique », alors même qu’il assure sa soumission réelle à l’ordre médiatique et marchand. »
« Un ressort a été cassé. »
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Le dessin du Canard de cette semaine:

Ferme ta geule, Luc Ferry par franceinter







