lundi 30 mars 2026

Le mépris. Jean Luc Godard.

J’ai enfin vu 63 ans après sa réalisation ce film présenté comme majeur dans l’œuvre d’un des réalisateurs des plus considérables et un des sommets de la carrière de la lumineuse Brigitte Bardot. 
J’en avais vu des séquences et particulièrement « et mes fesses, tu les aimes ? » mais jamais dans sa longueur, interminable (103 minutes). Cette scène avait été rajoutée sur une suggestion des producteurs. 
Le « mépris », annoncé n’est pas du tout évident tant les querelles entre le mari et la femme m’ont parues artificielles, loin de toute réalité psychologique qui peut être un choix signifiant, mais ici nous sommes éloignés de toute empathie, de tout intérêt.
Il reste le site de Capri et la maison d’architecte pour que des images soient agréables.
La musique grandiloquente surgissant toujours à contre-temps peut être également un parti pris, mais cette originalité me parait aussi potache que le générique énoncé oralement.
Il y a bien des films qui semblent avoir aussi mal vieilli que moi et même mon si cher Fellini n’a pas échappé aux ravages du temps. Me voilà cette fois, en face de mes snobismes de jeunesse qui me portaient à mépriser De Funès et à dire « amen » à tous les avis des Cahiers du Cinéma ;  c’était « classe !»  à tous les sens du terme.
Que vient faire Fritz Lang dans cette imposture ? Son Odyssée semble tournée par un novice grossier. Si comme dans tous les films de l’époque, les cigarettes sont omniprésentes, nous retiendrons que de dérisoires détails comme le chapeau de Piccoli, à défaut de toute profondeur perdue dans des bavardages abscons.
Heureusement des poètes d’aujourd’hui peuvent redonner du sens à cette époque inventive, et perpétuer la fraicheur de cette  « nouvelle vague » qui ne méprise pas toujours le spectateur. 

 

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