Comme les enluminures pour le Duc de Berry ne rendaient pas
compte de la misère au moyen-âge, les décors instagrammables de cette
adaptation du roman d’Emilie Brönte enlèvent toute épaisseur à un récit devenu
artificiel.
La musique honorable n’est pas suffisante pour nous plonger
dans une ambiance mystérieuse avec vents sur la lande, passions et solitudes, quand des couchers de soleil aux filtres rouges succèdent à chaque plan aux lumières si jolies vues dans les peintures flamandes. Si les décors sauvent certaines productions,
cette fois ils plombent la reconstitution:
le dénuement violent de la demeure
du père parait aussi factice que le kitch du manoir du mari trompé.
L’amour « toxique » comme on dit à présent n’émeut
guère sous les cravaches tocs et les avilissements de carton pâte : la
noirceur humaine mériterait quelques nuances de gris.

De toute façon, l'époque est au carton pâte, à la caricature... surtout la caricature de nos "classiques" que nous mettons à bout de bras pour nous convaincre que nous sommes résolument "modernes", dans l'ensemble. Même ayant déserté les médias, je ne peux pas m'extraire du poids de toute cette démocratie planétaire. Peu d'amis reconnaissent que la démocratie va main dans la main avec... l'oligarchie, comme banqueroute d'une aristocratie qui donne sens et responsabilités aux puissants. L'oligarchie ? n'engage à, en rien, pas plus d'ailleurs que la démocratie directe, qui, en mettant le pouvoir entre les mains de... TOUS fait naître la tyrannie de l'opinion qui est... très volatile, et irresponsable.
RépondreSupprimerEt de le remarquer nourrit notre désespoir...