dimanche 8 mars 2026

La guerre n’a pas un visage de femme. Svetlana Alexievitch / Julie Deliquet.

Parmi un million de femmes russes ayant chassé les nazis,neuf actrices, interprétant d’anciennes combattantes de la seconde guerre mondiale, témoignent pendant deux heures et demie.
C’était la guerre froide en 1975 au moment où dans un appartement communautaire une jeune journaliste pose ses questions à des ukrainiennes, une sibérienne, des soviétiques qui révèlent leur guerre, la seconde guerre mondiale.  
Le texte de la Biélorusse prix Nobel de littérature, essentiel, est sobrement mis en valeur par la mise en scène et rendu criant de vérité et d’émotion par le talent des actrices. 
« Les femmes sont des armes de guerre ».
L’évident message féministe s’élève bien au delà  des anathèmes contreproductifs des pointillistes de la fin des mots. Et si j’ai craint quelque effet de mode avec la salle restée allumée et les harangues frontales, je les ai appréciées tant la véhémence s’impose et que progresse subtilement la dramaturgie.
Depuis le documentaire bourré d’anecdotes intimes toutes signifiantes, nous revenons, au bout des trois mille guerres depuis que l’homme est Homme, à la question : 
à quand la der des ders ?  
Brancardière, tireuse d’élite, pilote, leur récit choral allant chercher la poésie et les chansons au cœur des horreurs offre un éventail d’interprétations, de vécus différents pour compléter les versions officielles. Les thèmes riches, intenses traitent de la mort, de la peur, de la haine, de la faim, et des moments de joie, des vêtements et des godillots trop grands, des corps  épuisés et désirés. 
« Face à la mort, c’était encore la vie ».
Elles ont suscité la méfiance et comme beaucoup se sont résolues au silence.
Ce soir elles nous ont parlé, fort, redonnant du sens au mot devenu un peu pâlichon à force d'avoir été utilisé : devoir de mémoire.

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