Depuis que dans les débats, l’hystérie a supplanté la nuance,
le recours aux mots les plus gros titille le clavier, à moins que le silence
s’impose et que retombe la poussière des décombres.
Nous nous effarouchons volontiers de la violence de certaines diatribes
alors que nous en approuvons d’autres.
Toute expression tonitruante n'est pas forcément du même tonneau que la
légitimation du racisme par ceux qui prétendent dire tout haut ce que d’autres
pensent tout bas, très bas. Ainsi parmi tant de vigoureux propos qui appellent d'hypocrites écarquillements, les provocations de Charlie par exemple me
paraissent toujours salutaires.
Tandis que nos tourments intimes en nos miroirs se confondent avec les
bouleversements du monde derrière écrans, notre décadence accompagne celle du siècle, l’éco
anxiété se cultive et la décadence de l’empire romain semble avoir encore de la gueule depuis
les parapets où nous sirotons des breuvages délicieusement amers. Y en a qui rigolent, d'autres dessinent des cacas.
Percés de part en part par les commentaires concernant
l’impitoyable Poutine ou les folies de Trump, notre vision du monde, nos
relations de proximité en sont affectées ainsi que nos équilibres personnels.
Notre petit égo s’embrume lorsque notre représentation globale
se brouille.
Coupables boomers, nous pourrions établir des apparentements
depuis la trahison de nos idéaux de jeunesse vis à vis du basculement
d‘alliances internes à l’OTAN.
A ce niveau, il n’est question ni de décence, ni de modestie
avec une telle analogie, il s’agit seulement d’ouvrir le poste.
La biodiversité s’amenuise, l’humanisme rétrécit, la mèche
raccourcit avant le grand boum !
Le cynisme n’a pas forcément supplanté la naïveté et il est
bien difficile de ne pas se sentir visé par la dépression dans l’ordre
économique ou dans les équilibres géo politiques.
Avons-nous honoré la dette envers nos ancêtres quand celle
que nous laissons à nos enfants devient abyssale ?
Nos divergences en matière de richesse et de valeurs
s’accroissent, les phares qui nous guidaient se sont éteints. Le souci du bien
commun s’efface, la discipline collective n’est même plus une option pour
assurer une certaine prospérité. Les populistes promettent d’aider tout le
monde en ouvrant par là les portes à des régimes intolérants et autoritaires.
Nos misères culturelles, économiques, militaires,
démographiques, technologiques, scolaires, peuvent bien passer au scanner
quotidiennement, nous sommes paralysés et les diagnostics ignorés surtout en
période électorale, moment démocratique par excellence qui génère un rideau de
fumée qui asphyxie la République elle même.
Cette molle description renvoie à des fatigues de l’exigence
qui se retrouvait jadis en tête de journées écolières, quand la dignité passait par
des devoirs accompagnant les droits et que nous savions que les choses avaient un
prix.
« Les hommes, il
faut toujours qu’ils compensent leur effondrement amoureux
par une ascension
sociale. »
Jean-Michel Ribes et non… Jeffrey Epstein.
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