vendredi 22 novembre 2019

Progressisme et conservatisme : moteurs de notre vie collective ?

Le débat animé par Raphaël Bourgois (France Culture) organisé par La Villa Gillet à Lyon dans le cadre de ces journées « (re)faire société mode d’emploi » était tentant, puisque dans l’intitulé, la société est envisagée comme un lieu de contradictions fécondes.
Mais malgré une table séduisante avec Pascal Ory historien,
Agathe Cagé une ancienne du cabinet de Najat Valaud-Belkacem,
et Alexandre Delvecchio du Figarovox,
la salle n’était pas comble, bien que les lycéens de l’établissement des Chartreux qui recevaient ces intellectuels, aient pu faire diminuer la moyenne d’âge des spectateurs présents.
Pas de quoi être très optimistes pour l’avenir quand pourraient se prévoir des systèmes de plus en plus contraignants appelés par l’urgence climatique absolue.
Les mouvements écologistes qui ne se confondent plus forcément avec une nouvelle gauche permettraient de dépasser le clivage, progressistes/ conservateurs, droite/gauche ou gens de quelque part/gens de nulle part mais n’ont que de  bien improbables chances de remporter la mère des batailles et devenir père de la nation, dans l’efficace système institutionnel français.
L’historien replace la confrontation droite / gauche dans la spécificité de la révolution française, atypique, puisqu’elle ne s’adossait pas à la religion, en l’occurrence : la réformée.
Le terme « populisme » pointe inévitablement son groin aussi bien par son emprise mondiale que dans la profondeur historique : le boulangisme fut une invention française où sous un vocabulaire gauchiste, la droite radicale visait le pouvoir.
Si pour Agathe Cagé, l’opposition progressiste /conservateur semble n’être qu’une proposition électorale,  le progrès est-il le « Bien » quand  l’intelligence artificielle rendra les profs inutiles ? Cependant cette division simpliste issue d’un marketing politique n’a pas joué seulement lors de la dernière élection présidentielle. A mon sens, le manichéisme a fait plus de tort que l’analyse de Terra Nova qu’elle voit comme déterminante dans l’abandon de la classe ouvrière par la gauche. J’ai divorcé d’avec Libération quand la moindre critique envers la ministre de l’Education de Hollande vous renvoyait du côté de l’extrême droite.
C’est le rédacteur du Figaro qui parle des gilets jaunes, décrit la dépossession économique, culturelle et démocratique, la démocratie représentative paralysée, et cite Gramsci:
«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres».
Celle qui fut aussi directrice de campagne de Benoît Hamon reconnaît le calme plat dans les productions intellectuelles à l’exception du  think tank libéral, l'Institut Montaigne.
Est-ce que le discrédit de la gauche se repère après la défaite de 2008 ou remonte à la rigueur de 83 et au double langage en vigueur alors ? Au-delà des interprétations des pourcentages concernant la faible progression des écologistes aux européennes malgré la mobilisation médiatique ou bien savoir s'il faut additionner les abstentions au vote RN pour estimer l’importance d’un bloc populaire à 60%, personne ne remet en cause la légitimité des votes. Ce réconfort momentané n’atténue pas mon désarroi persistant lorsque sur les réseaux sociaux s’excitent les putschistes en herbe.
Certes les gouvernements ne font que courir derrière les conséquences du réchauffement climatique, mais les mouvements écologiques  pencheront-ils vers un libéralisme green washé ou loin du libre échange s’ancreront-ils dans l’égologie ?
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Le dessin en tête d'article vient du "Soleil" journal québécois via "Courrier International". 

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