mercredi 2 septembre 2026

Lons le Saunier

Nous  roulons ensuite tranquillement jusqu’à ARLAY adresse de notre Airb&b.
Il se situe au bord de la Seille dans un décor champêtre charmant, avec un petit passage à gué et l’aménagement des rives en terrain de pique-nique et de pétanque.
Lorsque nous sonnons à la porte, c’est le père de notre hôte qui nous ouvre. Il finit le ménage pour rendre service à son fils  mais nous accueille chaleureusement, soucieux 
de notre bien être, tout comme J. M, notre logeur contacté par téléphone.
Nous le laissons terminer en paix, et partons pour une première approche de notre nouvelle destination : LONS-LE-SAUNIER. En ayant branché la clim dans la voiture, les 34 degrés extérieurs nous saisissent à notre arrivée dans la ville. Nous choisissons un parking offrant la gratuité pendant 2 h non loin d’une rue principale que nous remontons  jusqu’au magnifique café théâtre central.
Un peu plus loin derrière lui, la statue de Rouget de Lisle, brandit le drapeau d’une main et lève l’autre bras dans un geste de commandement et de ralliement. Œuvre réalisée par Auguste Bartholdi (celui de la statue de la liberté) la ville a voulu par sa présence honorer l’enfant du pays.
Une sono tonitruante s’interrompt 
heureusement assez vite et la place retrouve son ambiance de petite ville tranquille désertée par ses habitants pendant les vacances. Nous cherchons à repérer pour le repas de ce soir un restaurant associatif de réinsertion signalé dans un guide, nous le débusquons bien mais il affiche fermé le vendredi. Alors nous rentrons  dans un Spar pour choisir de quoi grignoter à la maison et retournons à Arlay.
Nous profitons du beau temps pour longer la Seille en promenade apéritive avant de nous enfermer pour souper avec un minimum d’ustensiles mais dans un gite très joli, neuf et spacieux. Nous nous réveillons au chant du coq. Au moment où nous sortons pour charger la voiture, notre hôte J. M., pompier de garde hier et cette nuit, vient nous saluer et discuter pour nous vanter la région.
Sur ses conseils avisés, nous partons à CHATEAU CHALON.
La route superbe qui y mène donne à voir de magnifiques vues sur des paysages peignés de vignes, m’évoquant ceux des rizières en terrasse.
Ce village médiéval se perche sur un piton rocheux au bord d’une falaise sous laquelle des murets contiennent de minces bandes de terre. Du belvédère, le regard embrasse tout à la fois. Ce « plus beau village de France » ou du moins l’un des plus beaux accueillait autrefois une abbaye ; il reste comme souvenir de cette période la maison d’une abbesse et d’une chanoinesse ainsi que quelques fortifications, les vestiges d’un donjon.
La vieille école ne reçoit plus d’élèves mais a été transformée en musée des classes d’antan. 
Ce village, c’est celui de Bernard Clavel, 
c’est aussi la capitale du vin jaune.
Toujours sur les recommandations de J.M et de son père, nous nous dirigeons ensuite vers BAUME LES MESSIEURS.  
Dans un cirque et une reculée, une abbaye clunisienne a trouvé au 11ème siècle le refuge comme l’isolement, nécessaires au recueillement de ses moines.
Elle prit le nom d’abbaye Saint Pierre.
Véritable petit hameau, elle regroupe plusieurs bâtiments. L’église a réinstallé son retable récemment restauré ; cependant, protégé derrière des grilles, il reste trop éloigné pour que nous puissions l’apprécier, il faudrait participer à une visite guidée afin de  l’approcher.
Ici, nous croisons plus de monde qu’à Château Chalon. Des familles de touristes  et des marcheurs parcourent l’abbaye, située sur les chemins de randonnées menant aux  grottes et aux cascades.
Pas  prêts à les suivre, nous retournons sur Lons car nous ne pouvons repartir sans passer par le musée de la vache qui rit. Les documents des vitrines présentent d’abord les origines de l’entreprise et son évolution jusqu’à aujourd’hui. Tout commence avec Jules Bel puis son fils Léon préoccupés par les moyens de conserver le fromage et ensuite la crème de fromage. 
Utilisant en 1er lieu des boites en métal, ils expérimentent l’emballage en  papier alu, le conditionnement en portions.
D’autre part, le musée s’attarde autour du nom du produit, décline les produits dérivés,
les contrefaçons et la pub très importante, l’emploi de la BD et de l’humour pour sa promotion,
il indique les nombreuses filiales crées très tôt dans le monde.Nous revenons dans le centre ville avec l’intention de manger au café du théâtre mais nous devons nous replier « Chez Georges » faute de place, où nous attendons longtemps des petits farcis. 
Voilà, ici prend fin notre voyage, nous renouons avec la chaleur absente en France et en Belgique durant tout notre périple ; nous n’hésitons pas longtemps à user de la climatisation sur la route restante jusqu’à Saint-Egrève. 38 degrés nous attendent à la maison.

mardi 1 septembre 2026

Anaïs Nin. Léonie Bischoff.

« Sur la mer des mensonges » fait bien partie du titre, mais j’ai voulu dissocier ces mots péjoratifs de la femme originale dont la biographie nimbée de poésie emmène aussi au-delà du mot contemporain « polyamour ».  
Ces 190 pages exhalent des parfums d’avant guerre, suaves, bien que quelque peu éventés, sous les volutes de l’art nouveau, dans la douce fièvre de formes nouvelles qui se cherchaient en littérature et dans les existences. 
« Je me sens innocente. Mes mensonges et mes costumes sont ma liberté. Si je ne me crée pas un monde pour moi-même, je mourrai étouffée par celui que d'autres définissent pour moi. Je n'ai plus peur des mensonges. Ma morale n'existe que lorsque je suis confrontée à la peine de quelqu'un d'autre. »
La dessinatrice aux crayons de couleur rend toute la douceur, la sincérité d’Anaïs Nin. 
L'écrivaine, à l’image d’Henry Miller avec lequel elle entretient une relation passionnée, exploite ses connaissances pour nourrir ses journaux intimes qui la sauvent et la hantent, bien que les blessures qu’elle a pu occasionner soient estompées.
L’énumération de ses expériences érotiques pourrait contredire la délicatesse du traitement par la lauréate du prix du public du festival d’Angoulême de 2021. En effet en conservant son amour pour son gentil mari, Anaïs Nin ne résiste ni à ses analystes, ni à son cousin homosexuel, ni à la compagne de Miller, June, ni semble-t- il à son père dont la réalité de la relation incestueuse reste mystérieuse. 
« Les gens souffrent de leur folie parce qu'ils ne savent qu'en faire. 
Les artistes y plongent, s'en parent comme d'un costume, y découvrent d'autres vies. »

lundi 31 août 2026

La Bataille de Gaulle. Antonin Baudry.

Première partie : L'Âge de Fer. 
Quelle Histoire incroyable ! Ce film permet de mesurer le poids des mots sur le destin des nations, où des coups de bluff servent des visionnaires déterminés, courageux et solitaires.
Je savais finalement si peu de choses sur le rôle de celui dont ma génération d’après guerre se moqua avant de reconnaître la valeur du grand homme. L’appel du 18 juin que le réalisateur ne met pas particulièrement en exergue, avait polarisé les mémoires. 
Le rôle de l’empire colonial dans la constitution d’une France libre est bien mis en valeur dans ce premier chapitre de 2h 45: Mers el Kébir, Dakar, Saint Pierre et Miquelon… La bataille héroïque de Bir Hakeim fut décisive pour la reconnaissance de la France Libre tellement fragile en ses débuts.
Puisque le réalisateur diplomate tenait la plume dans « Quai D’orsay » 
il est souvent fait référence à l’aspect BD pour signaler avec un brin de condescendance quelques répliques portant à sourire et quelques raccourcis forcément nécessaires dans une cascade de péripéties complexes. Pour moi cette catégorisation est plutôt positive et garantit efficacité et plaisir. Présentée en parallèle par rapport à l’épopée guindée du chef qui tutoie la France, l’histoire romantique de Fernand Bonnier de La Chapelle qui assassinera l’amiral Darlan à Alger se révèle féconde.
Deuxième partie : « J’écris ton nom. »
La détermination, la vision, le courage de personnages historiques avec les actions déterminantes de Leclerc, de Jean Moulin ont permis la victoire, malgré leur isolement. 
Le réalisateur rend palpitantes les tractations audacieuses, tout en situant les enjeux déterminants vis-à-vis des américains quand deux hommes exceptionnels De Gaulle et Churchill rivalisaient et s’appréciaient. 
Dans une période où les moments forts se succèdent, le débarquement, la libération de Paris sont habilement traités. 
«  Paris, Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé, mais Paris libéré ! 
Libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des Armées de la France, avec l'appui et le concours de la France toute entière ! » 
Ce sublime discours n’a pas eu besoin d’être mentionné puisque c’est tout le propos du film.
D’autres épisodes sont mis en avant, parmi tant de coups audacieux, de destins admirables. 
Le poème d’Eluard célébrant la liberté a été souvent apprécié du public, alors qu’il a été abimé à mes yeux par des Gilets Jaunes rejouant à la Résistance tout en ignorant ce que le général apporta à la République.   
« Sur les images dorées
 Sur les armes des guerriers
 Sur la couronne des rois
 J’écris ton nom » 

lundi 29 juin 2026

Casser.

Les désillusions finissent par peser dans la valise à roulettes du boomer arrivé bientôt à quai. 
Je ne dresserai pas une liste exhaustive de mes erreurs d’appréciations, de mes déboires, pas plus que je recenserai les mots ou expressions devenus incompréhensibles à ceux qui sont nés dans ce siècle. Ainsi  l’appréciation : « on lui donnerait le Bon Dieu sans confession » devenue tellement désuète depuis que les accusations ont remplacé les examens de conscience devant un Dieu devenu pièce de musée.
En conclusion de cette saison aux couleurs sombres, maquillées de mots de poètes disparus, je m’interroge : « Que sont mes amis devenus ? »
Déjà en d’autres temps échevelés, un marchand d’armes nous avait bien menés en bateau (ivre) alors que ces jours pleuvent les déceptions, dans tous les domaines :
- tel brillant vulgarisateur scientifique a plagié,
- un entraineur est parti vers des lieux plus dorés que ceux d’un stade qui avait revêtu de belles couleurs sang et or, le temps d’un dimanche innocent.
Quand les débats étaient politiques et que des doutes étaient formulés sur les capacités de la gauche à gouverner, un DSK pouvait être prescrit. Las : Sofitel et Carlton. Jack a les traits tirés.
Jadis, les bouffe-curés respectaient les combats charitables de l’abbé Pierre mais le saint homme lorgnait trop les seins.
« On était bien là », quand Depardieu partageait ses rires. Mais au bout de la valse, tout est parti en couilles !
L’histoire de l’art est révisée, Picasso et Gauguin endommagés.
La littérature s’abime : « La légende des siècles » s'oublie face aux appétits sexuels de Victor Hugo. 
L’émoi est  cassé pour les candides bluettes de Patrick.
Ces petites histoires s’impriment davantage et minent la grande Histoire.  
Pourtant ces anecdotes n’auraient pu prendre place dans un quelconque volume de « La France héroïque et ses alliés », fallacieux livres brochés dont j’avais hérité d’un grand père combattant de 14 et que ceux qui me suivent porteront à la benne.
Mes icônes colorées, les Gavroche et autres 
« clairons à leur poste gelés,
Restés debout, en selle et muets, blancs de givre,
Collant leur bouche en pierre aux trompettes de cuivre »
 
proposés à mes élèves ont perdu de leur bagout.
Les mots désormais nous embrouillent :
«  On est chez nous » chanté à Saint Denis est dans la même tonalité que ceux qui estiment qu’ils ne sont plus chez eux. Ils gueulent : «  cassez-vous ! » les étrangers, et ceux qui se voient étrangers dans leur propre pays.
Pour apporter quelques dérisoires points positifs, notre nation pourrait être fière, à défaut de briller dans le classement PISA, de fournir le plus fort contingent de joueurs nés en France parmi tous les sélectionnés pour la Coupe du monde (près d'un sur douze). Mais racistes et racisés ont oublié ce qu’est le jeu, tout en se cherchant comme lutteurs complices de MMA.
Il faut bien quelque bonne volonté pour croire encore en la chaleur de la fraternité quand le goudron fond sous un soleil de plomb, et bien chercher entre les lignes que dans le monde, l’espérance de vie et le revenu par habitant ont augmenté.
Les sinistres concierges de "l'enfer c'est les autres" de LFI et du RN, dans les pas de Trump, Poutine, Netanyahou en maîtres du brasier, eux, ne nous déçoivent pas. 
« Tous les hommes sont fous,
et qui n'en veut point voir doit rester dans sa chambre et casser son miroir. » 
Marquis de Sade
…………….
En cherchant si j’avais déjà usé du mot « casser » dans ce blog, je retrouve un article de 2008 : 
Je pose ma plume d'oie jusqu'en septembre. Bonne pluie à mes lecteurs.

dimanche 28 juin 2026

Le chant du cygne. Schubert / Ludwig Rellstab / Antoine Thiollier.

Dernière œuvre de Schubert, à la lettre son chant du cygne, pour le dernier spectacle de la saison à la MC 2. 
Le palmipède altier chante enfin harmonieusement juste avant sa mort. 
« Ces oiseaux ne chantent nullement la tristesse et encore moins, je crois, les cygnes, qui, appartenant à Apollon, sont devins ; et comme ils prévoient les biens dont on jouit dans l'autre vie, ils chantent et se réjouissent plus ce jour-là qu'ils n'ont jamais fait. » 
Socrate (dans son dernier discours). 
Accompagnés au piano, la mezzo-soprano et le baryton interprètent les ultimes Lieder (chants) du musicien romantique aux 1000 compositions.
Je suis reconnaissant à ceux qui ont organisé ce concert du dimanche d’avoir affiché la traduction des paroles d’amour, de beauté de la nature. 
« Mes chansons implorent doucement toute la nuit jusqu’à toi. »
J’ai apprécié les mélodies délicates mais j’aurai aimé que les chants soient moins démonstratifs, la langue plus douce. Dommage que Françoise Hardy ou Vincent Delerm ne soient pas leaders sur ce segment du marché des chansons.

samedi 27 juin 2026

Un été avec Romain Gary. Maria Pourchet.

La formule estivale proposée par France Inter où un auteur, soumis à la révision, fournit l’occasion d’un exercice d’admiration, jamais ne déçoit. 
Nos temps impitoyables ont éloigné cette livraison de tout zèle inconditionnel offrant donc plus de crédibilité dans l’éloge. 
« Parmi tout ce que vous êtes en même temps, le métèque, le diplomate […], le polonais, le Lituanien, le Français, l’Américain, le Juif, le chrétien… dans ce grand foutoir identitaire qui échouera toujours à vous définir la seule vraie clarté tient peut être à ceci : Européen. »
 « L’aviauteur » Romain Gary qui signifie « brûle » en Russe, a écrit quarante livres sous huit pseudonymes dont celui de Brûlard (Stendhal n’avait pas terminé « La vie d’Henri Brûlard »).
Il a obtenu un prix Goncourt avec « Les Racines du Ciel »  
l’autre avec « La Vie devant soi » sous le nom d’’Emile Ajar (Braise). 
« Les femmes je n’ai pas su les aimer, j’étais trop maigre à l’intérieur […]
mais je leur ai donné le peu qu’il me restait, la littérature prenant tout le reste. »
Maria Pourchet aura bien du mal à séparer la fiction de la réalité, dans une œuvre pourtant très autobiographique. Elle reprend le leitmotiv de la mère de l’auteur de « La promesse de l’aube ». 
« Tu seras, tu seras, tu seras… de ceux qui partent et désobéissent.
Je vous dis tu un instant, c’est le pronom des camarades. » 
Romain Gary s’est suicidé en 1980. 
« L’enfant saisit le violon. Il leva l’archet, mais ses forces lui manquèrent ; il étreignit alors le violon, le serra contre sa poitrine, contre sa joue…
ses lèvres touchèrent les cordes silencieuses. 
Il mourut ainsi, le violon serré dans ses bras. »  

vendredi 26 juin 2026

Beau.

Avant ces jours torrides, les bulletins météo parlaient d’ « amélioration » quand revenait le soleil et de « dégradation » quand s'annonçait la pluie salvatrice : désormais l'intouchable 
« beau temps» fera mois le beau.
Depuis « La fontaine » de Duchamp (1917) la beauté est devenue une valeur relative, Vincent Lagaf' le confirmait avec « Bo le lavabo » (1980).
La joliesse se réfugie à l’intérieur de chacun parait-il, quand toute manifestation flirtant avec le charme se fait mal voir. Pourtant les influenceuses arborent lèvres gonflées, ongles démesurés, leurs silhouettes truquées s’habillent virtuellement de produits qui piquent l’attention, pour s’adresser aux foules de noir revêtues.
L’anonymat des réseaux, la dissimulation des chevelures, la cagoule devenue un accessoire tendance, jouent à cache-cache, alors que se dévoilent volontiers des « sourires de plombier » pas seulement chez les réparateurs de lavabo.
La séduction demeure cependant une attention aux autres et l’accoutrement s’harmonisera au sein des tribus s’étourdissant sous des lumières stroboscopiques, toutes solitudes agrégées.
Les repas figuraient comme des cadeaux quotidiens, mais combien de tables ne sont plus dressées entre les boites hermétiques du midi et les biscuits apéritifs du soir qui s’effritent sur les claviers ?
Des plats sophistiqués aux épices rares font oublier de temps en temps ce glissement vers un nourrissage dont le plaisir est aboli pour goûter une séquence consacrée aux autres, à soi. 
Il n’y aura pas d’enjeu successoral pour se répartir les serviettes intactes de Mamie, et pour les soins du linge on repassera !
Ces mots ci dessus appelant les cinq sens autour d’un tableau adorable, d’un plat délicieux, d'un air divin, d’une petite robe noire, quand les foins sont coupés, se voudraient de bon sens.
J'essaye de décrire « un point de vue », terme en voie d’être remplacé par le mot « biais » soupçonné de malhonnêteté et persiste à éviter quelques contradictions vues chez d’autres. 
Ainsi les critiques des réseaux sociaux ne jurent que par le nombre de « like » pour juger de la pertinence d’une idée, redoutent l’arrivée du RN, mais anticipent sa venue, l’ayant facilitée en savonnant avec zèle la planche des gouvernements successifs.
Juillet, août approchant,  je ne mettrai pas en veille mon goût pour la discussion, plutôt que de jouer de la disqualification devenue inévitable dans les conversations, qui prête des intentions aux contradicteurs au lieu de débattre du fond, abusant de mots paralysants tel « islamophobie » pour fourrer dans le même gros sac, libres laïques et tristes racistes.
Le réformisme est devenu un transformisme : les désirs collectifs de changement en particulier dans le domaine social, affrontés à « la force des choses », mutent vers des domaines individuels. Narcisse 2.0  joue pour l’éternité avec des tatouages démesurés, pratique les sports les plus extrêmes, voire se mutile en jouant avec son sexe. Ce choix s’accompagne parfois de désir d’enfants à se faire livrer par utérus interposé, alors que d’autres couples en âge de procréer préfèrent les croquettes aux biberons.
Au moment où le nombre des décès dépasse celui les naissances, les luttes pour l’avortement me semblent décalées, comme si les campagnes de contraception n’avaient pas « porté leurs fruits », comme si la survie de la planète devait passer par la disparition de l’espèce humaine. 
« La beauté du monde qui disparaîtra bientôt a deux extrémités :
celle du rire et celle de l'angoisse, coupant le cœur en deux. » 
Virginia Woolf