dimanche 25 octobre 2026

24 Place Beaumarchais. Brahim Koutari.

Dans le Petit Théâtre de la MC2 de Grenoble, le comédien promis à un CAP d’électricien est venu en voisin depuis Echirolles. Il convoque ce soir, son père et sa mère et évoque sa ZUP, 
« Zone huppée ».
Un contrôle au faciès à l’âge de 14 ans va marquer son récit écrit par Adèle Gascuel et mis en scène par Catherine Hargreaves.
S’il aime la caricature en mettant en cause classiquement une conseillère d’orientation, 
il prend habilement ses distances avec le vocabulaire à la mode tel que « la société post-coloniale », bien que la lecture d’une proclamation militante à la fin du spectacle, mettant dans la même phrase lycéens et Palestiniens, viennent alourdir le propos.
Il a échappé à l’assignation aux seuls rêves de footballeur ou à la condition de dealer, en montant à Paris au théâtre du Soleil où il va réussir sur les planches. 
Il a bien dû rencontrer des personnes qui l’ont aidé à faire valoir son talent et amené à sortir d’une position de victime dans laquelle il se complait. S'il n'en parle pas trop, la qualité de son interprétation, sa sincérité, son énergie ne peuvent en pâtir.
Sa dignité qui le conduit à porter un jugement ironique sur ceux qui s’appliquent à mimer « wesch »marqueur de la banlieue, valorise ses spécificités culturelles et religieuses. 
Il prie sur son tapis et rappelle les « Mystères » sur le parvis de cathédrales au moyen-âge quand la religion faisait son théâtre. 
Lorsqu’il interpelle un contradicteur imaginaire tout en s’interrogeant s’il ne  commettait pas lui-même un délit de sale gueule, il éloigne des soupçons de communautarisme qui ont pu m’effleurer parfois.

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