Dans le Petit Théâtre de la MC2 de Grenoble, le comédien
promis à un CAP d’électricien est venu en voisin depuis Echirolles. Il convoque ce soir, son père et sa mère et évoque sa ZUP,
« Zone huppée ».
Un contrôle au faciès à l’âge de 14 ans va marquer son récit
écrit par Adèle Gascuel et mis en scène par Catherine Hargreaves.
S’il aime la caricature en mettant en cause classiquement
une conseillère d’orientation,
il prend habilement ses distances avec le
vocabulaire à la mode tel que « la société post-coloniale », bien que
la lecture d’une proclamation militante à la fin du spectacle, mettant dans
la même phrase lycéens et Palestiniens, viennent alourdir le propos.
Il a échappé à l’assignation aux seuls rêves de footballeur
ou à la condition de dealer, en montant à Paris au théâtre du Soleil où il va réussir sur les planches.
Il a bien dû
rencontrer des personnes qui l’ont aidé à faire valoir son talent et amené à
sortir d’une position de victime dans laquelle il se complait. S'il n'en parle pas trop, la qualité de son interprétation, sa sincérité, son énergie ne peuvent en pâtir.
Sa dignité qui le conduit à porter
un jugement ironique sur ceux qui s’appliquent à mimer « wesch »marqueur de la
banlieue, valorise ses spécificités culturelles et religieuses.
Il prie sur son
tapis et rappelle les « Mystères » sur le parvis de cathédrales au moyen-âge
quand la religion faisait son théâtre.
Lorsqu’il interpelle un contradicteur imaginaire
tout en s’interrogeant s’il ne commettait
pas lui-même un délit de sale gueule, il éloigne des soupçons de communautarisme
qui ont pu m’effleurer parfois.

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