L'Aquarelle ci-dessus est peinte par Jean-Claude Golvin
archéologue spécialiste des reconstitutions.Dès la préhistoire, les habitants ont choisi de cultiver l’oasis
qui s’étend sur 2000 km
le long du Nil. Ils profitent des riches limons
laissés par les inondations du fleuve :
« Quand le fleuve
est venu de lui-même arroser leurs champs et, sa tâche faite, s'est retiré,
chacun ensemence sa terre et y lâche les porcs : en piétinant, les bêtes
enfoncent dans la terre le grain et l'homme n'a plus qu'à attendre la
moisson. »
HérodoteLa Haute-Égypte, au sud, se distingue de la Basse-Égypte, au
nord, autour de son delta, avec Memphis,
au centre, la « Balance des Deux Terres ». Statue de Ramsès 2.Le Sema-Taouy : autour du symbole de la trachée artère et du
cœur, le lotus du Sud et le papyrus du Nord s’entremêlent. Les dominants venaient de la haute Egypte, et bien après
l’unification vers 3100 av. J.-C. qui marquait la naissance de l'Égypte
pharaonique, cette hiérarchie subsiste même si les Méditerranéens vivent en
harmonie avec les nubiens à la peau plus sombre.Au XX° siècle, leurs dirigeants, Nasser venait du Nord, Sadate,
du Sud. « Rois de Napata » statues découvertes en 2003 dans
la capitale nubienne de Kerma (Soudan). A l'époque de l'Ancien Empire (vers 2500 av. J.-C.) la
population est estimée autour de 1,5 million d'habitants, puis sous Ptolémée entre 4 et 8 millions.
Aujourd’hui la population du Caire augmente de 1 400 000 habitants chaque
année.
La brique en terre crue, matériau de base des temps anciens, est fragile.Thèbes, Louxor, Karnak ont été construites sur des
levées de limon qui permettaient d’échapper aux inondations tout en restant
près de l’eau.Pi-Ramsès (« maison de Ramsès ») ancien centre de
pouvoir avait été construite sur des éminences de sable s’élevant au dessus des
marécages du delta.Champollion a pu voir au temps de l’expédition de Bonaparte
mélangées à des matières organiques ont été utilisées
comme engrais. ("sebakh"). Une fresque dans la Tombe de Rekhmire, à Louxor,
illustre la fabrication de ces briques.Sur le revers d’une palette lybienne qui servait à
préparer le fard,
un faucon, une lionne et un scorpion, symboles de pouvoir
tiennent une houe destinée à fonder une ville.Bien que des sites soient parfois difficiles d’accès, près
de Louxor, les vestiges d'une ville vieille de 3 000 ans viennent d’être mis au
jour et constituent la "Cité d'or perdue", la plus importante découverte archéologique depuis la tombe
de Toutankhâmon.Cette représentation d’un charpentier en cheveux portant une
barbe négligée en signe de deuil vient de Deir el-Medina, un village
d’artisans, travaillant aux monuments de la vallée des rois, construit sur un
plan orthogonal comme à Armana.Chaque maison comportait une pièce de réception, un séjour,
une chambre à coucher, et une cuisine en plein air ; un escalier permettait d’accéder à la terrasse.Les maquettes de maison d’âmes déposées dans des
tombes suffisaient aux plus modestes
ne pouvant s’offrir de grandes chapelles
funéraires.Des représentations de processions menant vers la tombe,
nous renseignent sur le mobilier du quotidien: coffres, lits, sièges, destinés à
l’éternité.L’urbanisation actuelle liée à une démographie galopante
rend plus difficiles les fouilles, alors que l’accent est enfin mis sur les
manières de vivre dans les cités anciennes et l’organisation territoriale
« longtemps ignorée ou mal comprise en raison de la nature périssable de
ses matériaux de construction et de l'orientation passée de la recherche vers
l'architecture monumentale. »Texte écrit à partir de la conférence de Daniel Soulié
devant les amis du musée de Grenoble, complété par des illustrations et
quelques lignes suggérées par l’IA.
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