jeudi 16 avril 2026

Waterloo.

Le vent froid d’hier  n’a pas réussi à maintenir le soleil, un vilain temps s’impose dès notre réveil.Guy brave la pluie pour récupérer Gédéon à son parking gratuit, pour cela il doit demander de l’aide à notre logeur afin de contourner la grille fermée et dénicher l’autre sortie.Nous quittons  Bruxelles assez tôt en direction de WATERLOO.
Nous devons patienter devant l’Office du Tourisme qui ouvre à 9h30 avant de décider de la démarche à suivre. En effet, plusieurs sites et musées se proposent à nous : le musée Wellington, le mémorial 1815, et le dernier QG de Napoléon ; il nous faut faire un choix.
Après avoir bu notre café dans la petite ville, nous  confions au GPS l’adresse : route du lion 1815  1420 Braine-l’Alleud, pour  atteindre sans encombre le Mémorial  moderne, semi enterré au pied de la butte du Lion.
L’endroit se situe en pleine campagne et dispose d’un parking gratuit. 
Une fois les droits d’entrée acquittés, nous tombons directement sur une grande maquette installée dans le hall. Elle reproduit  avec précision  les emplacements des troupes de Napoléon s’opposant à celles des Alliés commandées par le Duc de Wellington et par le Maréchal Blücher. Le modéliste hollandais créateur de cette maquette géante travailla 30 ans pour la réaliser, il se documenta dans les moindres détails pour placer les chemins, les bâtiments des 3 fermes dont celle de Hougoumont, ne lésina pas sur le nombre de soldats, de chevaux, sur les pièces d’artillerie très fidèlement reconstitués.
Sous le regard amusé des visiteurs deux enfants (vivants) d’une dizaine d’année déguisés l’un en Napoléon et l’autre en élégante de l’époque,  tournicotent tout autour de la table, bien parés pour le voyage dans l’histoire préparé par leurs parents.
Dans la salle suivante, des écrans interactifs placés dans des tambours diffusent des vidéos explicatives sur Napoléon et la révolution Française.
Puis nous traversons une grande galerie meublée de vitrines remplies de mannequins plus grands que nature. Ils portent les costumes de fantassins et de cavaliers, juchés sur des chevaux.
Dans l’une d’elles  figurent Napoléon  avec  son état-major, d’autres abritent les armées alliées vêtues de  leurs uniformes, rangées en ordre de marche.
Très belle réussite muséographique, cette galerie s’avère impressionnante.* Bien sûr, les armes occupent un espace dédié.
Une vidéo décrit tout le micmac nécessaire avant de pouvoir tirer un coup de feu à partir des fusils à baïonnette  Le temps de charger laisse largement l’occasion à l’ennemi de vous envoyer ad patres.*
Pour retracer la bataille de manière plus réaliste, une petite salle de cinéma projette un film de Gérard Corbiau (Farinelli, le Roi danse) en 3D avec lunettes adaptées,  pendant lequel nous suivons heure par heure le combat.
Nous retenons cette phrase attribuée à Wellington « A part une bataille perdue, il n’y a rien de plus douloureux qu’une bataille gagnée ». * Eh oui, le désastre humain fut considérable ; il est évoqué à travers quelques crânes retrouvés, ou encore des dessins de blessures.
Moins macabres, mais intéressantes, des cartes satiriques  anciennes  montrent les frontières de la France et de l’Europe à différentes dates ;  des allégories animalières attribuées à chaque pays dévoilent leurs ambitions, leurs passions et leur comportement les uns vis-à-vis des autres.
Il ne nous reste plus que le panorama pour terminer la visite.
Cette fresque immense de 1912 réalisée par le peintre Louis Dumoulin  s’expose à 360° dans un bâtiment circulaire construit expressément pour lui.
Pour en profiter pleinement, un escalier conduit à une plate-forme centrale au-dessous de laquelle, un décor fait de moulages de chevaux, de rochers, de végétation, dans les tons gris passe muraille prolonge les peintures grandioses.
L’itinéraire du musée nous invite ensuite à poursuivre la visite à l’extérieur : au milieu d’un bivouac reconstitué, une jeune fille et un jeune homme habillés en soldats napoléoniens sont à notre disposition pour nous expliquer l’usage et la pratique des canons de 4 livres, en ajoutant qu’il en existait aussi de 12 livres.
Ces armes tiraient les boulets à l’horizontale, ils  ricochaient en entrainant un maximum de dégâts.
Mais à Waterloo, la pluie trop abondante avait rendu le terrain trop boueux et nuisait aux rebonds des boulets qui s’enfonçaient sans grande efficacité. Pour conclure leur exposé, nos deux soldats déguisés nous offrent un tir réel sans boulet, nous montrant tous les gestes nécessaires préparatoires avant de crier : « feu » !*
Enfin, nous abordons la butte aux lions. Par un escalier de 226 marches raides, nous gravissons cet imposant tertre pyramidal complètement artificiel érigé au milieu de la plaine, et au sommet duquel siège un lion monumental tourné vers la France.
L’animal royal  symbolise la victoire du Royaume Uni des Pays Bas, il pose sa patte sur un boulet pour signifier la paix retrouvée en Europe.
Durant notre ascension, la pluie s’échappe des nuages bas, nous mettant dans les mêmes conditions météo qu’en 1815, elle s’intensifie jusqu’à se transformer en « brache », rien ne lui résiste, elle s’infiltre partout sous les parapluies et sous les vêtements.
Nous arrivons ruisselants à la voiture à l’intérieur de laquelle nous effectuons un changement acrobatique d’habits,  indispensable ! Heureusement, la buée sur les vitres assure de la discrétion pour notre strip-tease mal commode, bien que personne ne traine sur le parking.

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