Le vent froid
d’hier n’a pas réussi à maintenir le
soleil, un vilain temps s’impose dès notre réveil.Guy brave la pluie
pour récupérer Gédéon à son parking gratuit, pour cela il doit demander de
l’aide à notre logeur afin de contourner la grille fermée et dénicher l’autre
sortie.Nous quittons Bruxelles assez tôt en direction de WATERLOO. Nous devons patienter devant l’Office du Tourisme qui ouvre à 9h30
avant de décider de la démarche à suivre. En effet, plusieurs sites et musées
se proposent à nous : le musée Wellington, le mémorial 1815, et le dernier
QG de Napoléon ; il nous faut faire un choix.Après avoir bu
notre café dans la petite ville, nous
confions au GPS l’adresse : route du lion 1815 1420 Braine-l’Alleud, pour atteindre sans encombre le Mémorial moderne, semi enterré au pied de la butte du Lion.L’endroit se situe
en pleine campagne et dispose d’un parking gratuit. Une fois les droits d’entrée acquittés, nous
tombons directement sur une grande maquette installée dans le hall. Elle
reproduit avec précision les emplacements des troupes de Napoléon
s’opposant à celles des Alliés commandées par le Duc de Wellington et par le
Maréchal Blücher. Le modéliste
hollandais créateur de cette maquette géante travailla 30 ans pour la réaliser,
il se documenta dans les moindres détails pour placer les chemins, les
bâtiments des 3 fermes dont celle de Hougoumont, ne lésina pas sur le nombre de
soldats, de chevaux, sur les pièces d’artillerie très fidèlement reconstitués.Sous le regard amusé des visiteurs deux enfants
(vivants) d’une dizaine d’année déguisés l’un en Napoléon et l’autre en
élégante de l’époque, tournicotent tout
autour de la table, bien parés pour le voyage dans l’histoire préparé par leurs
parents.
Dans la salle
suivante, des écrans interactifs placés dans des tambours diffusent des vidéos
explicatives sur Napoléon et la révolution Française.
Puis nous
traversons une grande galerie meublée de vitrines remplies de mannequins plus
grands que nature. Ils portent les costumes de fantassins et de cavaliers,
juchés sur des chevaux. Dans l’une d’elles
figurent Napoléon avec son état-major, d’autres abritent les armées
alliées vêtues de leurs uniformes, rangées
en ordre de marche. Très belle réussite muséographique, cette galerie s’avère
impressionnante.* Bien sûr, les
armes occupent un espace dédié. Une vidéo décrit tout le micmac nécessaire
avant de pouvoir tirer un coup de feu à partir des fusils à baïonnette Le temps de charger laisse largement
l’occasion à l’ennemi de vous envoyer ad patres.* Pour retracer la
bataille de manière plus réaliste, une petite salle de cinéma projette un film
de Gérard Corbiau (Farinelli, le Roi danse) en 3D avec lunettes adaptées, pendant lequel nous suivons heure par heure
le combat. Nous retenons cette phrase attribuée à Wellington « A part une
bataille perdue, il n’y a rien de plus douloureux qu’une bataille
gagnée ». * Eh oui, le
désastre humain fut considérable ; il est évoqué à travers quelques crânes
retrouvés, ou encore des dessins de blessures.Moins macabres,
mais intéressantes, des cartes satiriques
anciennes montrent les frontières
de la France et de l’Europe à
différentes dates ; des allégories
animalières attribuées à chaque pays dévoilent leurs ambitions, leurs passions
et leur comportement les uns vis-à-vis des autres.
Il ne nous reste
plus que le panorama pour terminer la visite.
Cette fresque immense de 1912
réalisée par le peintre Louis Dumoulin
s’expose à 360° dans un bâtiment circulaire construit expressément pour
lui. Pour en profiter pleinement, un escalier conduit à une plate-forme
centrale au-dessous de laquelle, un décor fait de moulages de chevaux, de
rochers, de végétation, dans les tons gris passe muraille prolonge les
peintures grandioses.L’itinéraire du
musée nous invite ensuite à poursuivre la visite à l’extérieur : au milieu
d’un bivouac reconstitué, une jeune fille et un jeune homme habillés en soldats
napoléoniens sont à notre disposition pour nous expliquer l’usage et la
pratique des canons de 4
livres, en ajoutant qu’il en existait aussi de 12 livres. Ces armes
tiraient les boulets à l’horizontale, ils
ricochaient en entrainant un maximum de dégâts. Mais à Waterloo, la
pluie trop abondante avait rendu le terrain trop boueux et nuisait aux rebonds
des boulets qui s’enfonçaient sans grande efficacité. Pour conclure leur
exposé, nos deux soldats déguisés nous offrent un tir réel sans boulet, nous
montrant tous les gestes nécessaires préparatoires avant de crier :
« feu » !* Enfin, nous
abordons la butte aux lions. Par un
escalier de 226 marches raides, nous gravissons cet imposant tertre pyramidal
complètement artificiel érigé au milieu de la plaine, et au sommet duquel siège
un lion monumental tourné vers la France. L’animal royal symbolise la victoire du Royaume Uni des Pays
Bas, il pose sa patte sur un boulet pour signifier la paix retrouvée en Europe.
Durant notre ascension, la pluie s’échappe des nuages bas, nous mettant dans
les mêmes conditions météo qu’en 1815, elle s’intensifie jusqu’à se transformer
en « brache », rien ne lui résiste, elle s’infiltre partout sous les
parapluies et sous les vêtements.
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