Dans mon idée,Tardi est tellement l’homme du noir que j’ai à
peine vu qu’il y avait d’autres couleurs, dans cet album de moins de 100 pages,
sinon le rouge bien sûr.
La périphérie parisienne, dans les années 50 est sombre et
les histoires glauques.
« Je ne savais
pas où j'étais... J'ai arpenté les rues sordides de l'agglomération.
Dans quelle banlieue,
dans quel enfer stalinien étais-je en train d'user mes pompes. »
Cette ambiance parfaitement rendue prend plus d’importance
que l’intrigue forcément resserrée dans
ce format qui accumule les péripéties et les coïncidences.
La seconde guerre a laissé des traces, des balafres et
quelques cadavres vont joncher un sol boueux entre deux terrains vagues
imprégnés de mazout.
Nestor Burma, le détective prognathe, pourtant embrumé d’alcool
a tôt fait de débrouiller les énigmes dont le mystère n’a pas le temps de
s’installer. Le désinvolte serait en situation d’être accusé, mais on n’a pas
le temps de douter de ses capacités à résoudre les problèmes.
L’essentiel se tient « Chez Auguste » dans « un rade pourri … mais
engageant ».
La langue a vieilli, et nous aussi.
« Le patelin ma
semblait assez éloigné, j’étais à pince et ça urgeait…
je m’étais donc permis de
forcer la porte de la cagna d’un ferrailleur, bêtement située sur mon hasardeux
itinéraire. »
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