mardi 14 avril 2026

9 secondes. Bruno Patino Morgan Navarro.

Nos capacités de concentration ne dureraient-elles que le temps pour un poisson rouge d’oublier qu’il vient d’effectuer un tour de bocal ?
Plutôt que de me coltiner un essai plein de petites lettres, ces 144 pages de dessins pédagogiques suffiront-elles pour me situer au pays des trolls scrollant ?
Suis-je toujours maître de mon temps, de ma tête ?  
La fille d’un journaliste chargé d’écrire un article sur l'économie de l'attention, elle aussi sous influences, va mettre la famille sur le chemin de la rédemption. 
La grosseur du fil narratif n’entrave pas la lecture qui en revient aux sources de nos addictions, aux balbutiements d’Internet, en « émocratie », avec des entrées originales sortant des connivences entre geeks ou celles des sociologues des tribunes Mondaines.
Des graphiques séparent les chapitres 
pour représenter l’évolution du temps passé avec ses enfants, ses collègues ou seul,
le temps passé devant les écrans,
nos réactions face aux fake news…
Huxley et Orwell sont évoqués : 
«  … ce flot de contenu n’est pas organisé par Big Brother, certes, mais par une économie prédatrice au sein de laquelle nous sommes les acteurs de notre propre propagande ».
Orson Welles lors d’une émission de radio avait fait croire à un débarquement d’extra-terrestres. 
« Ceux qui furent les plus virulents pour crier au scandale n’y ont pas cru eux-mêmes,
mais ils ont supposé que d’autres ont pu y croire. » 
Quelques films et des séries sont appelés en renfort : « Rashōmon »  quand un événement est interprété différemment selon les individus, « X Files » : «  I want to believe », le personnage de Dark Vador, Patrick Le Lay, Jürgen Abermas : 
«  Aujourd’hui, non seulement nous ne partageons pas toujours la même réalité factuelle, 
mais en plus, à cause des « filter bubble’s » ( bulles d’information) 
nous ne parlons plus forcément des mêmes choses. »

1 commentaire:

  1. "Ceux qui furent les plus virulents pour crier au scandale n'y ont pas cru eux-mêmes, mais ils ont supposé que d'autres ont pu y croire".
    Voilà une très belle pépite. Cela fait plus de 30 ans que je m'intéresse à notre foi, nos croyances dans la société. Je trouve ça intrigant que nous ne nous interrogions pas plus à ce phénomène là, précisément, car ce serait... intelligent de nous poser la question de savoir pourquoi nous sommes si indignés... POUR LES AUTRES.
    Est-ce que ça pourrait être le début de la sagesse de nous interroger sur pourquoi nous voulons tellement le bien... POUR notre pas si prochain que ça ?

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