Je suis ravi que les violons soient sortis ce soir ;
une bonne vingtaine avec alto, contrebasses et violoncelles.
S’oublient alors
toutes les expressions laissant entendre l’exagération ou la dissimulation dès
qu’il est question de cordes vibrantes, quand les instruments dont un
Stradivarius de 1714 sont joués avec cette fluidité.
La beauté se laisse
apercevoir en un trait d’archet où se joue la complicité fine d’un soliste avec
la puissance du groupe.
Vivaldi encore ! Et il faudrait s’en défendre comme si
la virtuosité, la joie, l’inventivité devaient passer aux oubliettes.
J’ai tant aimé scander mes années d’enseignements avec les pommes
de l’automne, les bonhommes de neige en hiver, le muguet de mai et les
plongeons estivaux que cette révision fleurie me ravit. Les saisons reviennent, et enchantent les mémoires qui
aiment à se réinitialiser pendant une heure trois quart de musique rafraichissant
les feuilles.
Les quatre chapitres emballants de l’Italien,
étaient
précédés par « Du temps de Holberg »
d’Edvard Grieg,
entrecoupés d’airs de danses viennoises,
de sonorités
écossaises « Scènes des Highlands »
de sir Granville Bantock,
et « Soleil sur Tachkurgan » du chinois Chen Gang.
La star canadienne Timothy Chooi a fait jaillir des
étincelles, l’orchestre les a multipliées dans son feu d'artifices.

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