jeudi 9 avril 2026

Bruxelles # 5

Pour cet après- midi nous envisageons un voyage au cœur de l’art nouveau.
Cette fois-ci, c’est vers le sud de la ville qu’un tram nous conduit.
Il nous dépose dans les parages du musée Horta situé rue Americaine 
dans la commune Saint Gilles. 
Heureusement que nous disposons du n’° de la rue car des échafaudages dissimulent en grande partie la façade de ce qui fut la maison de l’architecte belge.
Une 2ème déconvenue nous attend lorsque dès l’entrée un gardien nous demande si nous avons des réservations, le musée devant  limiter le nombre de visiteurs pour des raisons d’espace à l’intérieur des pièces.
Devant notre réponse négative et l’affluence du public, bien que la billetterie affiche complet, il nous laisse tenter notre chance à la caisse : un contingent de personnes accédant tous les ¼ d’heure, il reste en tout et pour tout une place disponible à 15h 45 et une autre à 16h.
L’employé compréhensif prend pitié et s’engage à nous faire passer discrètement tous les 2 à 15h 45 ; les créneaux d’ouverture du musée de 14h à 17h 30 nécessitent effectivement de réserver.
Juste avant l’heure dite, tout doit être obligatoirement déposé aux consignes : 
pas de sacs, pas d’appareils photos, pas de smartphones, interdits.
Puis l’autorisation de pénétrer dans les lieux s’accompagne de l’obtention d’un dépliant destiné à faciliter notre cheminement, sans requérir en permanence au personnel vigilant posté dans les pièces.
La demeure se divise en 2 parcelles mitoyennes, 
2 immeubles recevant l’un la famille de Victor Horta et l’autre son atelier.
Tout l’espace s’articule autour d’une cage d’escalier de plan carré "en S".
En suivant le circuit du dépliant, nous traversons successivement : L’entrée et le couloir des domestiques. Six portes fermées encadrent un étroit couloir à l’usage des domestiques pouvant entrer dans la maison et accéder directement à la cuisine.
Le rez-de-chaussée de l’atelier est réservé à l’architecte et à l’administration, l’atelier servait à trois sculpteurs chargés de fabriquer les modèles en plâtre et en bois avant leur réalisation par des artisans. La première volée d’un escalier magnifique et le hall d’entrée  marquent  la frontière entre  l’habitation et  les ateliers.
La salle à manger mélange matériaux humbles et matériaux riches.
La véranda ajouté en 1906 prolonge la salle à manger séparée par une porte fenêtre entièrement dessiné par Horta jusqu’aux moindres détails.
La vue plonge sur le jardin. Le salon de musique répond au goût mélomane de son propriétaire, il y organisait des soirées musicales. L’espace  surplombe de quelques marches la salle à manger. Le fumoir servait à recevoir les clients. Près de l’atelier, le bureau se voit doté d’une cabine téléphonique ornée de verres américains. L’atelier des dessinateurs dispose d’une grande verrière orientée au nord recevant toujours la même lumière. La chambre à coucher, détail amusant et pratique, cache un urinoir mobile. Elle disposait d’un chauffage d’appoint. Aujourd’hui disparu, le dressing n’apparait qu’en 1906.
La salle de bain possède un petit chauffage d’appoint et des ouvertures pour l’aération. Le boudoir est destiné  à l’épouse d’Horta. Le salon de famille accueillait  des moments plus  intimes avec sa famille, les  invités étant plutôt reçus au salon de musique. La chambre d’amis se situe en soupente, son système de panneaux mobiles en acajou diminue la sensation d’exiguïté et offre des possibilités de rangement. Elle communique avec une petite salle de bain
La cage d’escalier, véritable colonne vertébrale de la maison, contient l’escalier d’honneur dont les marches deviennent de plus en plus étroites au fur à mesure qu’il s’élève.
La couleur jaune du verre du lanterneau et des murs amènent de la luminosité
La chambre de Simone Horta, la fille de l’architecte, bénéficie d’une vaste terrasse,
Le boudoir de Simone Horta donne sur le jardin d’hiver. Les chambres des domestiques au nombre de trois se partagent les combles. De là, par une ouverture, nous avons vue sur la structure de l’escalier et du lanterneau.
Le laboratoire photographique prend place à l’entresol. Le breakfast room et l’office étaient sollicités  pour des déjeuners informels avec l’avantage d’accéder au jardin. La cuisine dut subir une bonne rénovation, suite à des dégradations, reconstruite à l’identique.
A chaque étage de cette maison qui en possède plusieurs, aucune pièce ne se trouve au même niveau, à chaque fois, trois ou quatre marches les séparent, constituant une manière de se passer le plus possible de murs de séparation. Quant aux plafonds, ils renoncent  à la platitude au profit de voûtes et de nervures. 
 
Une grande partie des fenêtres s’ouvre sur le jardin calme et touffu (inaccessible au public).
Sans surprise, les caractéristiques de l’art nouveau, l’influence du japon et les motifs floraux  se remarquent dans les balustrades, les poignées de portes ou encore les boiseries. Le confort apporté par la modernité de l’époque transparait dans le téléphone, les salles de bains, les radiateurs en fonte ouvert pour chauffer les plats ou les gants mouillés.
Mais en 1919 la mode de l’art nouveau commence à passer, 
Horta vend sa maison-atelier pour s’installer rue Louise.
Nous laissons place au nouveau contingent de visiteurs, bien que nous n’y soyons pas contraints en raison de ce parti pris de déplacement libre au rythme de chacun.
Pour rester dans le thème, nous partons explorer  le quartier Louise 
car il  conserve encore des constructions de ce style si élégant, 
rescapées après un  certain des-engouement amorcé dans les années 20.
Ainsi,  nous  respectons pas à pas le circuit obtenu à ODT, pour ne pas rater des façades qui se fondent  dans l’environnement  de grisaille d’immeubles plus récents.
C’est l’occasion de découvrir d’autres architectes de l’Art nouveau comme Paul Hankar.
Ce dernier  réalisa une maison au 71 rue Defacqz, un hôtel situé au 48 de la même rue  commandé par le  peintre Ciamberlani  qui se chargea lui-même de créer les magnifiques sgraffites de la partie supérieure. 
A côté au n°50, Hankar  répondit à la demande d’un autre peintre avec l’hôtel René Janssens.
Frustrés de n’avoir pu voir la façade en travaux de la maison Horta, au moins nous pouvons  apprécier celle de l’hôtel Tassel avec son bow-window en arrondi que l’architecte Horta conçut pour son ami professeur au 6 rue Emile Janson
Nous flânons ainsi  le nez en l’air jusqu’ à l’avenue Louise afin de prendre le tram 8, 
puis le tram 7 que nous abandonnons à Pétillon.
Nous prévoyons notre diner de ce soir en passant au Proxy Delhaize 
et nous enquérons d’un endroit où acheter des timbres.
L’employé nous envoie à la galerie marchande d’un carrefour au bout de la rue, il est vrai que nous n’avons pas beaucoup vu de bureaux  postes (hormis dans des supermarchés) ou des distributeurs de billets (à part dans des gares de métro).
Nous rentrons à la maison sous le soleil  et un vent  froid pour ne plus ressortir.

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