samedi 11 avril 2026

L’anniversaire. Andrea Bajani.

L’auteur a décidé de ne plus revoir ni son père ni sa mère. 
« Est-il possible d’abandonner ses propres parents ? 
Ou, mieux, est il possible de dérober à eux, tout simplement en effaçant son corps d’un geste net et définitif ? Et de les condamner à vivre jusqu’à la fin de leurs jours, pour ainsi dire, avec un membre fantôme ? 
On ne peut pas donner ce genre de réponse de manière affirmative. On peut juste le mettre à exécution, et c’est ce à quoi je m’employai avec la pondération définitive que seul l’instinct accorde, car autrement la raison, apeurée, reculerait. » 
Le natif de Rome, enseignant à Houston, dissèque la vie de sa famille et révèle avec subtilité, la violence des relations qui ont amené sa mère, sous la coupe de son mari violent, à abandonner toute liberté. 
 « Ma mère préparait les repas, faisait des mots croisés, s’endormait sur le canapé pendant que mon père lisait. »  
Ce roman de 165 pages, met en évidence les paradoxes de l’amour, la complexité des rapports humains avec acuité. 
« … mon père voulait qu’elle ne soit rien, de façon à pouvoir être quelque chose;
et ma mère voulait n’être rien, car n’être rien était au moins quelque chose. »
Les tensions sont palpables dans une construction habile où l’écriture sans exaltation 
mais avec intensité décrit des vies minées par la violence. 
 « ça , c'est un livre pour ta mère » a toujours signifié, 
dans la bouche de mon père,qu'un roman ne valait rien ».

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