jeudi 11 avril 2024

Paris 1900. Art nouveau.

Après Bruxelles,
le cycle de conférences consacré à l’art nouveau
pour les amis du musée de Grenoble se poursuit avec l’Exposition Universelle de 1900 et ses 52 millions de visiteurs dans la « Ville lumière ». « La Belle époque »
La tour Eiffel date de l’exposition de 1889 qui s’organisait autour de l’axe Trocadéro/Champ de Mars, alors que dans le prolongement du pont Alexandre III, ont traversé plus d’un siècle, « Petit et Grand Palais »  ont été construits pour célébrer le XIX° siècle finissant. 
Si pour le centenaire de la Révolution, les ingénieurs étaient à l’honneur, cette fois ce sont les architectes des plus classiques qui sont distingués.
« La porte Binet »
devant laquelle triomphait « La Parisienne », a été détruite .
Le journal « La Mode illustrée » proposait le « patron » de sa sortie-de-bal 
de la maison Paquin.
Autre grande allégorie : « La fée électricité » devant
« Le palais de l’électricité » 
situé alors sur l’esplanade des invalides.
« Le pavillon bleu »
par Gustave Serrurier-Bovy venant de Belgique, berceau de l’art nouveau, et René Dulong architecte français, fut aussi éphémère.
L
a célèbre Loïe Fuller avait son théâtre, « temple de la danse serpentine ».
Sous des aspects rococo, « 
Le pavillon des vins de champagne » présentait ses productions dans des meubles aux lignes souples du « Sezessionstil » comme disaient les Viennois.
« Le pavillon de Siegfried Bing » impose le terme 
« Art Nouveau », où sont  exposés des meubles d’ Eugène Gaillard.
Hector Guimard  inspiré par la maison Tassel (1893) par Victor Horta à Bruxelles, a gagné sa notoriété au « Castel Béranger » où 60 appartements sont proposés par madame Fournier la propriétaire. Mais dans un environnement où Hausmann avait imposé l’uniformité même le vocabulaire médiéval dérange. 
Il s’agit bien d’une œuvre d’art total par la diversité des matériaux : murs en gré flammé du hall d’entrée, rampes d’escaliers, garde-corps, cheminées, papiers peints, proposant toutes les commodités modernes : une cabine téléphonique dans le vestibule principal.
« L’hôtel Nozal »
a été démoli en 1957,
et « L’hôtel Mezzara » , un moment internat de jeunes filles,
se verrait bien en musée de l’art nouveau.
Il reste 88 entourages d’entrées de métro emblématiques de Paris mais bien des édicules ont disparu comme celui de « Bastille ». En 1942, Guimard meurt à New York où il s’est réfugié avec sa femme juive, loin du pays qui ne le connaît plus.
Avenue Rapp,  et alentours Jules Lavirotte affirme son extravagance.
Et Alfred Wagon pour un pâtissier, justifie l’appellation « style nouille » place Etienne Pernet.
La structure métallique de l’immeuble du « Parisien » rue de Réaumur jadis quartier de la presse, dont on ne connaît pas l’architecte, sort du lot.
Rue de Hanovre se remarquent les productions du céramiste Alexandre Bigot 
collaborateur de plusieurs architectes.
Les  Cariatides en pied, rue d’Abbeville, sont libérées.
De « Maxim’s » qui aurait repris du « poil de la bête »
au « Bouillon Chartier » de la rue Racine, il y a de quoi se régaler, à tous prix.
Liane de Pougy demi mondaine, qui finira au couvent, figure avec  Marie-Joséphine-Anatole-Louise-Élisabeth de Riquet, comtesse de Caraman-Chimay, comtesse Greffulhe, duchesse de Guermantes de Marcel Proust, dans « Une soirée au Pré Catelan » par Henri Gervex. Le marquis de Dion (des voitures) et le pionnier de l’aviation Santos Dumont sont aussi de cette fête de la « haute » au bois de Boulogne. 
Anna Gould  dont le mari avait dit « Elle est surtout belle vue de dot » tourne le dos.
Elle a fait construire « Le palais Rose » avenue Foch copie du Versailles de louis XV avec théâtre privé pour des fêtes somptueuses, Il a disparu en même temps que les halles .
« L’hôtel De Camodo »
aux abords du parc Monceau est devenu un musée qui témoigne aussi du confort au début du XX° siècle. La disparition de Nissim de Camodo  pendant la première guerre mondiale conduit son père Moïse à léguer son hôtel et ses collections à l'Unioncentrale des arts décoratifs. Les quatre héritiers mourront à Auschwitz. 
« On est toujours dans son époque, on ne peut pas faire autrement que décrire son époque, même si superficiellement on a l'air de décrire le passé. » Patrick Modiano

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