vendredi 25 mai 2018

Un arbre en mai. Jean Christophe Bailly.

« Les gens, il conviendrait de ne les connaître que disponibles  à certaines heures pâles de la nuit » chantait Ferré, alors que dire pour les auteurs qui m’ont déçu comme Djian ou Despentes, méprisant leur public à Bron où j’étais venu les écouter, ou Bailly contredisant sa volonté d’accueillir des paroles singulières et s’énervant bien vite quand un intervenant cite un auteur qui ne lui convient pas ou minimisant le rôle des cathos de gauche ?
J’ai pourtant aimé ce dernier livre fin, sensible, nuancé, chaleureux, honnête, plus poétique que politique, du magistral auteur du "Dépaysement" http://blog-de-guy.blogspot.fr/2011/09/le-depaysement-voyages-en-france-jean.html
Il a su retranscrire la fièvre d’alors et le souffle qui nous emmena au dessus de nos conditions.
Il mesure le temps qui a passé, depuis ces jours entre Nanterre et le quartier Latin qui ont nourri son travail  d’écrivain au-delà de la thématique de 72 pages écrites en 2004, édités pour le cinquantenaire. 
«  Plus l’action politique devenait astreignante et répétitive, plus la part de poème se chargeait d’illusion, de nostalgie, elle protestait en face d’une efficacité d’ailleurs de moins en moins probante, elle protestait contre le fait même d’être une part, un contre-chant, une évasion. »
Après une nuit d’émeute, le chant des religieuses qui l’ont caché avec quelques comparses, affirme la beauté des matins.
« Peut être pourrait-on dire que de mai la mort fut absente » écrit-il alors que la belle métaphore de l’arbre de mai enraciné dans l’histoire et porteur d’avenir lui semble mort aujourd’hui.

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