lundi 14 octobre 2013

Blue Jasmine. Woody Allen



Un air de jazz qui revient : le nouveau  film de Woody Allen est là, attendu comme les premières asperges.
Pauvre petite fille riche, Cate Blanchett joue bien du rimmel qui dégouline pour aller vers une folie rabâcheuse : a tant mentir, nier la réalité d’une vie dépeuplée, il n’y a plus que cette issue.
De la « classe » siglée Vuitton au canapé télé : toujours le vide.
Et ce n’est pas la confrontation tragi comique avec sa sœur caissière de bonne volonté qui l’accable : elle ne la voit pas.
De la même façon, nous ne saurions voir dans notre confort occidental, ne sachant même plus préserver des formes d’urbanité, que nous allons vers la catastrophe économique, écologique sur fond de vacuité culturelle et politique.
L’humour saisonnier du septuagénaire met de l’élégance aux partages de nos délicieuses délectations moroses.
Mais je m’égare : le film mêle comédie agréable aux dialogues bondissants à une noirceur dont le grincement nous est familier : alors nous en sourions, par habitude.
La trame du « Tramway nommé désir », sans le désir.

dimanche 13 octobre 2013

Coquilles Saint Jacques sur fondue d’endives et quenelles.



Je cuisine plutôt au beurre alors que mon fils lui préfère l’huile d’olive que je  trouve trop parfumée sur ce coup, masquant le goût délicat des coquilles Saint Jacques dont la pleine saison va de janvier à mars.
Bien que je ne me détourne pas systématiquement des produits surgelés de chez Picard en particulier, la différence est sensible en faveur des produits du poissonnier du marché de Fiancey.
Faire fondre doucement, au beurre donc, les endives quasiment hachées avec des échalotes (ou sans), pendant 20 minutes, dans le jus d’une orange.
Faire blanchir pendant 10 minutes des quenelles au brochet ou nature, puis les couper en tranches. Surprendre les noix comme on dit quatre minutes à peine recto verso à la poêle en même temps que les quenelles à dorer. Servir le tout sous un trait de crème après avoir salé poivré.
Les quenelles dispensent du riz qui est souvent l’accompagnement habituel de ce plat aux saveurs subtiles.

samedi 12 octobre 2013

XXI. Automne 2013.



La thématique principale « Les terres du futur » avec sa connotation science fiction ne m’attirait guère, et puis comme d’habitude j’ai pris ce numéro 23 et il m’a intéressé de la première à la 210ièmepage. 
Nous sommes sept milliards d’hommes : pour avoir une idée de notre futur, un reporter s’installe dans une base de l’arctique avec ceux qui étudient les évolutions du climat, un autre rappelle la construction du chemin de fer qui allait d’Addis Abeba à Djibouti où les chinois construisent une nouvelle ligne alors que Jean Rollin suit un GR incertain dans Marseille et ses friches.
La diversité des lieux explorés est stimulante :
une école en Bielorussie,
ou  les abords d’une forêt d’eucalyptus  en Chine,
et surtout celle des personnes :
un combattant en Syrie essaie de préserver le patrimoine historique de la ville d’Alep,
un réalisateur de films très prolifique à Kaboul,
une acharnée dont les moutons sont morts mystérieusement dans un village des Vosges,
un économiste penché au chevet de la Bolivie, de la Pologne chargé de  
« transformer une soupe de poissons en aquarium »,
une chinoise devenue éditrice de BD en France qui pense  
« que s’enrichir pour acheter des sacs Vuitton, ce n’est pas ça la valeur d’un pays, ce sont la sagesse, les formes d’expression, la gastronomie, tous les savoirs accumulés pendant des milliers d’années »,
un journaliste emprisonné en Turquie,
« Quand on dépasse l’actualité, nul besoin de s’y accrocher »
une Betty Boop américaine a monté un lieu d’accueil pour des femmes atteintes de fistules, incontinentes suite à des accouchements difficiles. Marie Darrieussecq rappelle l’horreur de l’excision et de l’infibulation ;
 « quand les victimes ne meurent pas d’hémorragie, d’infection ou du tétanos, leur orifice vaginal est tellement abimé qu’il arrive fréquemment qu’on les rouvre au couteau pour leur « nuit de noces »

vendredi 11 octobre 2013

Arythmie scolaire.


La semaine de quatre jours à l’école faisait l’unanimité contre elle, sa réforme tout autant : quelques pierres de plus pour les murailles de ceux qui ne veulent que rien ne change, jamais.
Je pensais simplement que les enfants venant le mercredi matin à la place du samedi d’antan, les autres journées en seraient moins compactées et donc plus profitables.
Trop simple, il  a fallu que l’état se décharge encore sur les communes qui font passer pour des innovations pédagogiques des activités « occupationnelles » dérisoires avec parfois des intitulés aux titres ronflants pour des réalités prosaïques dans le genre « environnement dans la ville » qui concerne dans telle école parisienne, le tri de déchets.
Instit passé, je suis inquiet des échos des classes d’aujourd’hui, et je persiste à rappeler quelques témoignages fatalement teintés de rose, tant le bon sens, la mesure semblent faire défaut dans cette querelle.
Quand l’école comptait, au dessus des surenchères électorales, le samedi matin figurait comme un bon jour, un jour léger, un jour utile. Mais c’est inaudible.
Les 6 heures de classe n’étaient pas forcément harassantes comme le ressassent les médias qui participent à la dépréciation de l’école présentée comme un lieu de stress où  devraient se parachuter en continu des commandos de psychologues en soutien.
Ces 6 heures étaient peut être moins fatigantes que des horaires saucissonnés dans des ambiances où s’excitent les enfants davantage minés par une présence trop longue devant les écrans à la maison, soumis aux pressions excessives de certains parents ou aux démissions d’ autres.
Chers parents, dont je militais jadis pour la présence active à l’école pour des raisons politiques quand il s’agissait pour les citoyens de participer à tous les aspects de la vie : « l’école, la santé, … c’est l’affaire de tous », quand  devaient se rencontrer intellos et populo, et également pour une efficacité pédagogique qu’il vaut mieux cohérente et partagée.
Le personnage « parentdélève » est devenu un objet de dérision pour comiques en boucle, n’assumant guère son rôle d’adulte.
Parenthèses : cet électeur  transporteur des dernières rumeurs ne peut endosser toutes les dérives.
Pas plus que les médias flatteurs de nos paresses, mais pas tout le temps, en tout lieu : l’article de Glucksman dans Libé à propos des Roms a réveillé quelques uns de nos fondamentaux de gauche.
Ils n’avaient pas « vocation » à s’assoupir sous les paroles d’un Vals flattant une opinion  se laissant aller jusqu’où … jusqu’à La Pen !
Education physique, musique, peinture sont essentiels dans les apprentissages, et quand des intervenants extérieurs peuvent apporter leurs savoir faire en cohérence avec le maître - pardon la maîtresse - c’est extra ! Mais cantonner l’enseignement à la préparation d’évaluations maths/français en cascade suivie de tranches d’animation me parait contre productif.
Les enfants qui devaient être moins fatigués le sont bien plus aujourd’hui, et ils le seront d’autant plus que les micros trottoirs vont leur demander :
« Alors tu es fatigué ? »
« Tout à fait Thierry ! »
Quand me trotte dans le souvenir, les airs du joueur de saxophone de Goldman qui mettait tant de cœur à ce qu’il jouait, je ne peux m’empêcher de relever dans bien des conversations le regret de la notion de conscience professionnelle dans tous les métiers et me figer avec Ferré :
« le cœur quand ça bat plus… »
puisqu’il était question de rythme.
..... 
Les dessins du canard me paraissant fades cette semaine: un chat de Geluck

jeudi 10 octobre 2013

Gauguin chez Van Gogh.



Christian Loubet a tenu  son auditoire des amis du musée pendant une heure et demie autour de deux mois tumultueux que passèrent ensemble Paul et Vincent  à Arles entre octobre et décembre 1888.
Les deux solitaires ont  eu des vies « compliquées » comme on dit aujourd’hui pour éviter le mot « brisées ».
Vincent né un an après son frère dont il reçut le prénom, Vincent mort-né, entamera sa carrière de peintre quand son père disparaitra et Théo son frère appellera son fils, né en 1890, année du suicide du peintre : Vincent.
Le tableau des débuts du pasteur défroqué, « Les mangeurs de pommes de terre » déborde vers l’expressionisme en allant plus loin que l’école de Barbizon qui travaillait d’après nature.
La lumière vient du ciel.
Ses « chaussures » sont bien là et prennent leur relief chromatique avec le contraste des couleurs chaudes et des froides.
Van Gogh s’est exercé à différentes modalités sur fond d’or venu des icônes.
Le portrait du « Père Tanguy » marchand spécialisé dans la peinture orientale  peut souligner l’influence de l’art Japonais chez celui qui place la peinture comme un sacerdoce visant à élever l’esprit.
Dans un de ses premiers « Autoportrait au chapeau », le regard est inquiet, les « Cerisiers » au bord de l’incandescence et son « Pont de Langlois » avec ses couleurs intenses nous transporte déjà dans le post impressionnisme.
Avec l’argent de Théo, Vincent a acheté un fauteuil pour Paul Gauguin venu de son école de Pont Aven qu’il attend impatiemment dans sa maison jaune des faubourgs d’Arles où il a multiplié les tableaux représentant des tournesols.
Gauguin a perdu son père à l’âge de un an, il sera élevé par sa mère, fille de Flora Tristan, au Pérou  puis en France, avant de naviguer sur les océans et d’entamer une carrière de peintre, la même année que Van Gogh. Il  cherchera toujours un bout du monde qui retrouverait l’ingénuité des premiers temps, lui « l’indien du Pérou ».
Il apparait timide dans un autoportrait des débuts, il n’a pas encore vu la latérite des Antilles.  Dans « Les Antillaises à la cueillette » : « la lumière transpose, le trait expose, le cadre renforce ». Les arbres bretons seront bleus et ses toiles d’alors incendient la lande, les personnages enserrés de noir sont présentés solennellement, avec distance, comme dans un vitrail, le « Cloisonnisme » dites-vous ; les nabis (les prophètes) s’en inspireront.
« Les bretonnes après le sermon » voient le combat de Jacob et de l’ange se matérialiser sur un champ rouge où les oppositions entre le bien et le mal  sont tranchées.
Au « Cimetière des Alyscamps », les deux peintres son côte à côte,
"C'est drôle, Vincent voit ici du Daumier à faire, moi au contraire je vois du Puvis coloré à faire, mélangé de Japon."
Leur portrait de « Madame Ginoux », la patronne du café dont la fameuse terrasse lumineuse contrastait tellement avec la nuit, marque à la fois leurs différences et leurs influences croisées.
Pour le Hollandais, elle apparait comme une icône, alors qu’elle a le regard torve sur fond de joueurs chez celui qui finira aux Marquises.
Avec ces personnalités « hautes en couleurs », la communication est difficile et les oppositions exacerbées : s’inspirer de la nature, où la recréer ? Le divin ou les humains ?
Vincent a rencontré Paul par l’intermédiaire de son frère Théo, le marchand de tableaux, qu'il considère comme son frère jumeau.
Celui-ci vient de vendre du Gauguin alors que Vincent  n’aura qu’une seule toile négociée juste avant sa mort.
Une dispute éclate entre eux avant la Noël, Vincent apporte un morceau de son oreille coupée au rasoir à Rachel une prostituée de proximité. L’oreille depuis le moyen âge symbolise la matrice.
« L’homme à l’oreille coupée» revient à la vie sous sa chapka sombre.
Dans « Le christ au jardin des oliviers » c’est Gauguin  qui se représente, abandonné, avec des cheveux roux qui valurent des cailloux à son ami, le réprouvé.
« Le christ jaune » de celui qui se voulait anticlérical sera refusé par le prêtre de la paroisse où il devait s’accrocher mais il figure en arrière plan d’un autre autoportrait à côté d’un vase aux allures primitives.
Le « Semeur » de lumière de l’un, peintre atomique, avec ses cyprès montant comme des flammes de la terre jusqu’au ciel, figurera aussi en faucheur avant que les corbeaux ne s’envolent dans le soleil devant l’ultime champ de blé.
Les chevaliers de diverses civilisations de l’autre, se rencontrent, et toutes les religions se retrouvent, les esprits symbolisant la mort côtoyant des Eve tropicales.
Une vahiné regarde par la fenêtre les « Tournesols sur un fauteuil » dans lesquels un œil se cache. Les graines venaient de France.
Autour d’un autre Noël, Gauguin avale du cyanure mais rate son suicide, après avoir peint « D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? »  Œuvre testament  inspirée du symbolisme et du primitivisme, où s’annoncent les fauves et l’art moderne.
Paul  aura réalisé son atelier aux tropiques, lui pour qui Vincent avait rêvé d’un atelier du midi qui aurait fait école.
Signac à Saint Trop et Cézanne, Renoir, Matisse, Bonnard, Picasso, Chagall, De Staël, Klein poseront leurs chevalets au sud.

mercredi 9 octobre 2013

Ethiopie J5. Pays dorze



Nos nouveaux chauffeurs arrivent au petit déjeuner dans deux 4X4 pour affronter les pistes d’un paysage qui change. Nous nous arrêtons  au bord d’un lac où nous dérangeons un homme qui se baignait nu, il nous montre de l’autre côté de la route les restes brulés et putréfiés d’un crocodile dévoreur de troupeaux qui venait s’alimenter dans cette crique : il a fallu 18 hommes pour l’extirper de l’eau.
Sur le parcours nous achetons des bananes et des pommes-cannelles. Au bord de la route, des enfants font montre de leur agilité par des danses expressives, avec des roues, de grands écarts de face et pas seulement de profil.
Nous nous arrêtons dans un village dorze de Chencha à 2500 m d’altitude. Les cases tressées  en forme d’ogive rappellent les éléphants de jadis qui ont fui vers le Kenya. Ces constructions traditionnelles s’élèvent  facilement jusqu’à une dizaine de mètres et leur durée de vie va de 70 à 100 ans. Le tressage en feuilles de faux bananiers est rénové tous les 20 ans. Quant aux bambous qui constituent l’armature, lorsqu’ils sont grignotés par les termites depuis la base, ou abimés par l’humidité, la case diminue peu à peu. Il faut alors réajuster les portes puis elle sera recyclée en annexe. Il existe une petite case pour les jeunes mariés en attendant  la construction de leur case familiale. Un jeune guide rasta, Yoyo, nous fait visiter l’intérieur de l’une de ces cases où les chaises en peau de vache reçoivent les voisins lors des cérémonies du café qui se multiplient dans la journée avec un facteur 3, puisque 3 services sont prévus à chacune des 3 invitations. C’est sur cette proposition de rythme que nous sommes réunis autour d’un verre d’araké provenant du faux bananier(encète) agrémenté d’ail, d’anis et titrant ses 65 °.  Nous nous en tiendrons à deux tournées hilarantes après la galette au piment puis au miel. Quand on boit avec ses amis de la bière il convient de boire au goulot de la calebasse, à deux en même temps, puis on transmet à deux autres.
Nous suivons le processus de fabrication des galettes  cuites entre deux feuilles sur un feu d’eucalyptus : de l’extraction de la pulpe depuis les feuilles qui donnent également des fibres fournissant des cordages voire des cordes pour les instruments de musique.
La pulpe est mise à vieillir passant d’une odeur de concombre à celle du fromage. Le stockage peut aller de 3 mois à 7 ans.
Après dégustation des produits locaux qui ne nous ont pas laissé indifférents, nous négocions de l’artisanat local dont la spécialité est le tissage du coton cultivé près du lac, ramassé par les enfants, filé par les femmes et tissé par les hommes. Les sobres étoles sont appréciées.
Au marché sont vendues des graines de tef, qui entrent dans la fabrication des galettes et du gingembre.
Sur le chemin du retour, au moment où nous nous arrêtons pour observer un beau point de vue un groupe d’enfants entame un chant responsorial très rythmé. Le soliste raconte ce qu’ils veulent en tant qu’écoliers et ce qu’ils n’ont pas en n’allant pas à l’école. Nous les enregistrons y compris les demandes de T-shirts. Lorsque nous poursuivons la route très pentue, les enfants prennent des raccourcis et réapparaissent avec leurs danses. Tout est dans le déhanchement différent au nord avec les épaules qui remuent alors qu’autour de l’Omo c’est plutôt le saut comme chez les Masaï.
A Arba Minch où nous nous dirigeons directement vers l’hôtel Tourism qui a plusieurs restaurants très fréquentés et de nombreux bâtiments aux chambres en rez de chaussée avec petits balcons et salons de jardin. Repas aux chandelles dehors sous une température agréable au chant des grillons.

mardi 8 octobre 2013

Palmer en Bretagne. Pétillon.



Surpris par la marée, isolé sur un rocher, c’est bien parce qu’il est à l’écart que le détective avec son imperméable plus utile dans ces contrées atlantiques qu’en Corse où il était précédemment en mission, va tout voir, mais sera-t-il entendu ?
Et il s’en passe des vertes et des pas mûres chez une espèce de Christine Lagarde qui reçoit en son manoir quelques spéculateurs d’art moderne se détestant cordialement (François Pinault et Bernard Arnault) parmi des communicants, l’un les yeux rivés sur son Smartphone ou une autre lorgnant sur quelque braguette débarquant en hélico : ça pue et pas seulement à cause des algues vertes.
« Nous avons eu douze cas d'intoxication alimentaire au Pardon de Saint-Hagut ... un kig-a-farz tandoori »
BD politique, je l’attendais ainsi de la part du dessinateur du Canard Enchainé, mais plus imprévues dans ce type de dessins comiques, les couleurs aquarellées rendent bien l’atmosphère de ce pays attachant et les traits vigoureux croquent les immuables et les modernes. Des oisifs suffisants exploitent le personnel mais le mareyeur porté sur la picole amène une tonique verdeur populaire comme le marin placide, et d’autres personnages bien campés.
Un agréable moment.

lundi 7 octobre 2013

Mon âme par toi guérie. François Dupeyron.



Le titre du livre écrit par le réalisateur lui-même, au départ de ce film original claquait davantage : "Chacun pour soi, Dieu s'en fout", mais  celui-ci ne correspond pas exactement au propos qui ne manque ni de tendresse, ni d’humanité, ni d’humour.
C’est Marie qui dit à Joseph : « je suis enceinte » et Joseph lui dit : « Quoi ? ».
Tout le monde a souligné la prestation du massif nounours Grégory Gadebois, et tous les acteurs sont excellents, comme est bienvenu le choix du sujet et intéressante la façon de filmer qui nous font douter que nous ayons à faire avec un film bien de chez nous.
L’économie de moyens lui va bien et nous en prenons plein les yeux du soleil et des douleurs.
Nous sommes dans l’arrière pays cannois, mais nous allons au delà d’un documentaire qui mettrait dans la lumière les invisibles des tapis rouges, bien que ces citoyens vivant dans des caravanes soient rares sur les écrans.
Freddy, le personnage principal étant lui-même réticent à faire valoir ses dons de guérisseur, nous pouvons entrer dans cette histoire dont quelques notations surréalistes nous interrogent sur ce qu’est la vraie vie. 
Portés par une bande son  dynamique, nous sommes entrainés sur le siège arrière de la moto, à partager des bières avec des potes marrants des fois ou pas du tout, à tenter d’apaiser des brûlures, à vaincre la peur, à conseiller d’avoir confiance en soi quand on est si peu sûr de soi …
Ce rythme aurait peut être mieux tenu sur une heure et demie que sur les deux heures, ce qui n’enlève cependant rien au plaisir de la découverte.

dimanche 6 octobre 2013

J’ai l’honneur d’être. Brigitte Fontaine.


La vieille nous réveille :
anti cléricale basique envers « Dieu ce mafieux »,
faisant rimer « les hommes qui préfèrent les hommes » avec Sodome et sacrum,
nous amenant à réviser ce qu’est une pythonisse quand s’allie la cruauté avec l’innocence d’un tigre doré.
J’aime ces alliances des contraires avec cette ode à une réprouvée :
« Ogresse seule et folle
Serpillère espagnole
Camisole de force
Relookée Crazy Horse »
Et ses goûts, très île Saint Louis :
« J’aime les noirs velours
Les cuirs au parfum lourd
Les soies arachnéennes
Les fourrures païennes »
La rencontre du feu et de la glace est plus banale, mais en tant que « lascard un peu vieux » je peux rêver de « jolis deltas », sans finir sur « un lit de berlues ».
J’apprécie également « les avis les moins partagés »,  et sa voix voilée qui peut faire « tilter les matous » plutôt que s’alanguissant à la surface « du fleuve d’amour » en péniche trop lente.

samedi 5 octobre 2013

Manifestation de notre désintérêt. Jean Rouaud.


On ne peut s’empêcher de voir dans ce livret aux éditions « Climats » la reprise de la recette d’« Indignez-vous » de Hessel dont le format bref contribua au succès.
Cette fois les 50 pages ne risquent pas de soulever les foules, comme si le désintérêt pouvait se proclamer, même à l’égard d’une société où les intérêts financiers qui nous gouvernent ne sont guère excitants.
Comme le capitaine Haddock écartant un fâcheux :
« votre appareil ne nous intéresse pas ». Séraphin Lampion était sourd .
Me reviennent les paroles de Ferré :
 « Les préfectures sont des monuments en airain, un coup d'aile d'oiseau ne les entame même pas... » quand une fois encore des mots bien choisis s’élèvent contre la marchandisation du monde, celui-ci  ne bronche pas.
L’écrivain qui voit les océans bouillonner sous le réchauffement climatique reconnait que certains de ses articles déjà publiés dans « Le Monde » n’ont guère suscité d’intérêt.
Il protestait contre « Notre Monarque Maximum » qui avait utilisé son livre pour un débat sur l’identité nationale aux délétères ambiances, et par ailleurs proposait Carmen comme Hymne national :
«  L’amour est enfant de Bohème
Il n’a jamais jamais connu de loi »
Un peu court.

vendredi 4 octobre 2013

Remboursez !


Moucheron englué dans la toile, je n’ajouterai aucun bruit autour des indécisions de Hollande, thème de la semaine des éditorialistes à la queue leu leu.
Je retiens seulement un  petit fait qui signe cependant une indécence contemporaine et une façon détestable d’envisager la vie publique :
la demande de remboursement par Jérôme Cahuzac de ses frais de déplacements occasionnés par son audition à l’assemblée nationale concernant ses fraudes fiscales.
Au moment où des débats portent sur quel mort porter au Panthéon, l’ancien ministre du budget jette une pelletée de plus sur quelques dépouilles respectables de Jaurès à Mendès.
Depuis que le chirurgien esthétique m’a ouvert les yeux, je ne ferme plus l’œil.
De surcroit : à défaut de réformer la fiscalité, que nos éminences au moins n’embouchent pas la trompette du « ras le bol fiscal ».
 « Solidarité » a fait son temps dans les boites à outils communicationnelles ?
Sommes-nous tombés si bas que nos élites n’osent rappeler que l’impôt est un pilier de notre vie en société ?
Et je n’avale toujours pas les tergiversations autour du non cumul des mandats.
Qui pleurera quand ils vont se ramasser une bonne pelle ?
…………
 Dans le Canard de cette semaine :

jeudi 3 octobre 2013

HEY! Modern art & pop culture. Halles Saint Pierre.



Nous sommes revenus à la halle au pied de Montmartre, lieu de l’art  brut considéré comme un « cabinet de curiosité du XXI° siècle ». Dans ce quartier, des magasins de tissus en gros à proximité offrent aussi de belles images.
De la profusion d’artistes présentés, je retiens le groupe Bazooka qui fit de Libé un laboratoire graphique dans les années 70 et aussi une impression générale d’une sourde violence.
Quand dans ces lieux proclamés « en dehors des pupitres universitaires » on pourrait croire que nos yeux de photographes en visite soient acceptés, il n’en est rien.
Alors qu’au Moma les photographies sont possibles, ici les vigiles sont vigilants.
Les animaux empaillés ont des visages humains, et des lapins bleus ont la clope au bec, Little Nemo voisine avec de beaux culs bondage, les affiches rock avec des crayonnages compulsifs, les mobylettes customisées avec humour  avec des tatouages...
Est ce « la révélation d’un avenir » ou seulement un retour vers le passé autour d’un café équitable ?

mercredi 2 octobre 2013

Ethiopie J 4. En allant à Sodo.



Départ de bonne heure après un lavage des vitres du véhicule où les tisserins ont laissé des traces.
Nous nous frayons un passage parmi les bœufs et les ânes en troupeau qui daignent s’éparpiller après avoir hésité. La route a été tracée sur le parcours des troupeaux ; ils sont chez eux.
Nous nous arrêtons près de jolies cases construites parmi des champs de faux bananiers appelés aussi ensètes.
« Nos ensètes les éthiopiens ».
Notre guide négocie la visite de l’intérieur de l’une d’elles entourée de dahlias. Elle est surmontée d’un haut toit de chaume, de chaque côté de la porte les bandes, d’inégale largeur, peintes horizontalement, sont caractéristiques de la région Gouragé.
Un pilier central recouvert de papier journal supporte une magnifique charpente de bâtons rassemblés avec soin. L’habitat des bêtes avec au dessus une réserve de bois est séparé du logis par une corde, au centre, un cercle délimite le foyer sur lequel des poteries originales de différentes tailles servent de canoun. Des ustensiles de cuisine sont rangés au fond. Des nattes isolent du sol trois femmes assises ou allongées. Peu à peu nos yeux s’habituent à l’obscurité, alors l’espace nous apparait dans toute son ampleur. Les enfants arrivent et le clair obscur convient bien pour saisir quelques portraits.
Nous reprenons le chemin du sud, et à Hossana nous faisons une première halte chez des protestants qui ne servent pas de bière. Notre minibus a manifesté des faiblesses et tandis qu’il file dans un garage nous découvrons la ville à pied. Danny entame la palabre avec une jeune fille qui pile le café, je m’entraine à l’anglais avec un éthiopien qui vit en Amérique une partie de l’année. Si de jeunes hommes refusent d’abord d’être photographiés, lorsque nous  nous apercevons qu’ils nous imitent avec leur téléphone, le contact peut s’établir.
Nous retrouvons le minibus qui nous conduit à l’hôtel international fréquenté par une clientèle bigarrée pour un repas copieux (mouton grillé riz et légumes) avec une armada d’employés efficaces.
Nous poursuivons notre route vers Sodo, en nous abstenant d’utiliser la troisième vitesse. Un terrain de foot est tracé à l’araire et les terrains de volley sont nombreux. Des tables de ping pong et des baby foots posés sur les bas côtés ont la faveur de la jeunesse. Celui qui gagne ne paye pas.
Sodo est une agglomération de 80 000 personnes aux larges avenues.
Nous débarquons dans un tout nouvel hôtel où l’eau n’arrive pas avant 19 h.
Il nous reste 2 h pour découvrir la ville. Dans notre quartier, les rues sont goudronnées ou pavées. Comme chaque fois le phénomène photo commence tranquillement, toujours en demandant et en montrant, puis les attroupements se forment avec des rires et des envies de passer devant l’objectif parce que le copain s’est vu en photo. Nous négocions des cacahuètes, gagnons des rues plus fréquentées avec des gamins qui semblent plus miséreux. Les filles rentrent avant nous à l’hôtel. Nous nous attardons au marché et quand nous revenons, je peux dire que : « c’est la première fois qu’une femme prend autant ma défense ». Nous sommes rentrés, escortés par une folle démente qui caillassait les enfants et tous les gens s’approchant un peu trop de nous. Nous regrettons de n’avoir pu poursuivre nos photos de tailleurs et repasseuses à cause de ses violentes interventions, et nous sommes surpris que personne ne se rebelle devant son agressivité.
Nous prenons l’apéro devant une fontaine ornée par des chevaux : whisky, coca, puis repas à l’intérieur sur des nappes blanches: fish and chips, spaghetti tomates.
De retour à l’hôtel, l’eau est là comme prévu et au-delà de nos espérances ! Notre salle de bains avec douche électronique et bain de vapeur, comme on en a jamais vue, est inondée ! Puis ce sera le WC qui fuit, finalement la chambre grandiose au lit immense s’est révélée pleine de surprises: que d'eau à Sodo! . Nous allons prendre notre douche chez notre voisine.

mardi 1 octobre 2013

La vraie vie du docteur Aga. Alix Girod de l’Ain Soledad Bravi.


Léger : le ton, les thèmes, le nombre de pages.
Depuis Gaston Lagaffe la vie d’une rédaction et ses à côtés concerne les lecteurs, là en principe les lectrices, puisque c’est du magazine « Elle » dont il est question. 
Mais tout poilu en manque de frivolité peut  y jeter un coup d’œil : « un quart d’heure douche comprise ».
Cette femme séduisante est remarquable car comme toute femme, spécialiste en tout,
sait résister à la mignonnerie de son tardillon et comprendre ses ados :
« Allez tous au Franprix ! Et on se finit au Picard ! »
Elle est patiente, sauf avec les sachets de jambon « ouverture facile », déteste le mot « mise en bouche » mais « contrepèterie » la fait rire.
Ses problèmes s’appellent taille 34, les macarons Ladurée,  la question « ya quoi à déj’ ? », l’épilation,  et elle fantasme sur Georges Clooney.
Ce n’est pas très original, c’est futile, bien servi par des dessins désinvoltes et rafraichissants.

lundi 30 septembre 2013

Ilo Ilo. Anthony Chen.



Un enfant pénible, des parents qui se mentent, débordés. Une nounou philippine arrive dans la maison : qui a le pouvoir ? Qui est écrasé ?
Humiliation, jalousie, les personnages vont évoluer.
La violence à Singapour, là bas comme ici, économique, sociale, confessionnelle.
Une impression de déjà vu pour un cinéma asiatique qui sait traiter les tensions familiales, la façon de filmer  n’est pas vraiment novatrice et ce serait plutôt « la caméra dort » qui aurait pu lui être attribuée à Cannes, tant la trace de ce film s’est évaporée rapidement depuis que je l’ai découvert en mai.
J’avais titré mon avis sur le site City Vox : « une tension douce ».

dimanche 29 septembre 2013

Le Forestier. Le cadeau.



Sur l’enveloppe de son dernier CD, "Le Fox", comme disait Renaud, figure attablé solitaire à la fin d’un repas de fête.
A l’intérieur avec les 10 chansons,  j’ai l’impression que les lumières viennent  aussi de s’éteindre.
Il joue avec les mots : « je ne suis pas un cadeau » ou avec « les coups » :
« tous les coups sont dans la nature »
mais si les musiques sont plaisantes, je ne vois guère de flamme.
« Le papillon ne vole plus. »
Oui « Le p’tit air »  passe bien avec la musique de Julien Clerc :
« Il suffit que quelqu’un murmure
 Le p’tit air que j’avais fait pour toi
Si c’est un peu de nous qui dure
C’est déjà ça »
Que reste-t-il après notre dernier souffle ?
Un enfant était monté dans le compartiment du train d’atterrissage d’un avion :
« La petite hirondelle
 On l’a ramassée
 Sans papiers et sans ailes ».
Dans le registre qui l’avait amené à nous guider dans nos années indignées, son ami Souchon est plus vif et Cabrel plus explicite.
Ben oui : les traders et autres 
« les parachutes dorés ils voudront les garder. »
Son parachutiste emblématique a passé les 40 ans
«Mais, malheureusement pour toi,
Bientôt se finira ta guerre :
Plus de tueries, plus de combats.
Que vas-tu faire?
C´est fini le travail d´artiste,
Parachutiste. »
Je l’ai trouvé plus fort dans « Le caillou » qui cause de notre terre :
« Sur un caillou à peine poli
Qui s’ gratte entre les pôles
Qui s’mouche à coups de tsunamis »
ou lorsqu’il s’en prend à notre boulimie d’informations :
« Donne lui du scoop
Du sel pour sa soupe
Donne lui du gras
Tu sais qu’il adore ça »
Alors comme il le dit en duo avec Camille, ce serait donc ça :
« La folie c’est de voir
La vie telle qu’elle est »

samedi 28 septembre 2013

Le sermon sur la chute de Rome. Jérôme Ferrari.



«  Rome est tombée mais n’est- ce pas, en vérité, comme s’il ne s’était rien passé ? La course des astres n’est pas troublée, la nuit succède au jour qui succède à la nuit, à chaque instant, le présent surgit du néant, et retourne au néant, vous êtes là devant moi, et le monde marche encore vers sa fin mais il ne l’a pas encore atteinte, et nous ne savons pas quand il l’atteindra, car Dieu ne nous révèle pas tout »
Il est question de Saint Augustin, d’un retour au pays pour faire vivre un bar en Corse,  et de la fin de l’empire colonial français.
 « Le temps s’est allégé de l’espoir et il file imperceptible et vide, au rythme toujours plus rapide des enterrements qui rappellent Marcel au village… »
L’écriture riche varie ses rythmes et l’avancée dans les 200 pages se mérite.
Les paroles qui ont traversé les siècles s’accordent au temps de la mort ; des personnages grotesques s’agitent autour d’un comptoir dans des chapitres parallèles.
Cette juxtaposition est déstabilisante mais l’apocalypse finale fait se rejoindre le sacré et le profane.
 « Les fouilles étaient terminées, ils avaient regagné lentement leur monde respectifs et ils tendaient les mains l’un vers l’autre au dessus d’un abîme que rien ne pouvait combler. »
Les mots choisis de l’écrivain né en 68 ne peuvent nous consoler, ses récits sont  tous tragiques et on aime ça.

vendredi 27 septembre 2013

Les mystères de la gauche. Jean Claude Michéa.



L’ouvrage exigeant du prof de philo languedocien porte au-delà des critiques banales à propos des frilosités de « la gauche ».
Il propose d’ailleurs d’abandonner la dénomination « Gauche » qui a  tant nourri nos espoirs, 
car « la mitterrandienne » a négligé le peuple non seulement sur le plan économique mais aussi culturellement.
Face au libéralisme amoral, inégalitaire et aliénant, il verrait bien une société « décente » dont le qualificatif vient d’Orwell, sa référence.
Cependant je crains que les pressés solitaires d’aujourd’hui ne se bousculent guère sous les belles charpentes théoriques où sont gravés les noms de Fourier ou de Marx.
Le corps principal du texte est exigeant, les scolies (des notes) qui occupent la moitié des 130 pages sont plus nerveuses et m’ont été plus accessibles, bien qu’elles versent quelques gouttes citronnées sur mon épiderme mis à vif par Cahuzac et autres sénateurs.
J’ai appris que Zola avait fait l’éloge de Thiers. Et quand il rappelle que sa ville de Montpellier se vendait « unlimited », sa critique de la publicité n’est pas anecdotique, pas plus que sa proposition d’appeler « principe de Bosman » « la loi qui pousse toute gauche moderne à vouloir accomplir les basses œuvres du capitalisme à sa place ». L’arrêt Bosman ayant permis aux émirs et mafieux divers de faire main basse sur le football, et « d’en corrompre l’essence ludique et populaire ».
L’expression « Le cœur à gauche et le portefeuille à droite » nous est familière et s’il est incontestable que le libéralisme est dans une logique déshumanisante et « écologiquement prédatrice », le cynisme s’est répandu sur toute chose, l’individualisme vaut pour tous.
Les autres ne comptent plus.
Le spectacle réunit le séparé, mais « il les réunit en tant que séparé »(Debord)
Bien que nourri de grands journaux (Canal +, Libé…), je m’autorise à penser que parfois « les choses allaient mieux avant ».
Mon conscrit remet en cause la notion de croissance, et adresse des avertissements contre le droit libéral qui vise à préparer « un monde mimétique et indifférencié […] dans lequel toute possibilité d’existence personnelle et authentique, de responsabilité morale effective, de bon sens élémentaire, ou de générosité véritable […] devrait être sacrifiée sur l’autel de la Forme et de l’Abstraction. »
Bien que dans ses dernières lignes il pense que « les classes populaires sauront elles mêmes inventer, le temps venu, les symboles fédérateurs les plus appropriés à leurs luttes », ses écrits n’ont pas figuré dans les ouvrages recommandés pour la plage, mais ils peuvent  apporter une cohérence à ceux qui ne se sont pas fait à l’idée d’une montée fatale de l’extrême droite en milieu populaire. 
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Dans le Canard de cette semaine:

jeudi 26 septembre 2013

Pons, Swarte, et Gabrielle Hébert au musée Hébert.



Il fait bon  faire un tour à La Tronche comme le faisait Ernest Hébert en route vers la villa Médicis et l’Italie; sa maison et son jardin sont apaisants.
Des photographies de sa femme sont exposées, sous le titre « Italiens pittoresques » traduisant quelque condescendance : les prises de vue  effectuées aux alentours de 1890 ont un certain intérêt documentaire.
Le duc d’Aumale propriétaire terrien en Sicile reçoit les hommages d’une paysanne, des buffles traversent une rivière, des maisons ressemblent à des cases africaines.
Les textes des cartels sont très explicites : « Paysannes remplissant leur conques à une fontaine dans laquelle s’abreuve une vache sur la droite. »
L’art contemporain en particulier est parfois plus laconique : « sans titre »
Surprise de trouver Joost Swarte dont les travaux préparatoires à un dépliant pédagogique concernant les jardins sont présentés. Sa ligne claire convient bien dans ce lieu où la peinture académique ne nous accable pas de ses pectoraux qui savent cependant se tenir dans l’exposition permanente. Le tableau de la mal’aria orthographié ainsi nous fait comprendre l’étymologie du mal auquel est confrontée la moitié de la population mondiale.
De l’autre côté de la rue, Louis Pons intitulé « braconnier de l’art » réussit à nous émouvoir davantage par ses  sombres dessins qui émergent de traits fins que dans ses collages de racines et de bâtonnets déjà vus ailleurs.