Le seul excès que je me suis permis lors de ces fêtes, fut d’avoir épuisé un de mes cadeaux rituel en une seule fois, après m’être promis pourtant d’en garder pour le lendemain. Et j’y reviendrai.
Où il ressort que Sempé n’a pas eu d’enfance, alors il dit :
«Il m'est arrivé de devenir, par moments, raisonnable mais jamais adulte»,
et cite : « un animal inconsolable et gai ».
Sans rancune à l’égard de ses parents pourtant violents, il est le meilleur interprète de la douceur, de l’innocence des années d’enfance.
Nous nous en emparons avec une nostalgie sans vergogne.
Il atteint l’universel hors d’âge, parce qu’il a si bien inventé, sublimé, depuis ses expériences tragiques du genre : « Approche un peu que je te donne une gifle et le mur t’en donnera une autre. » La résilience.
Son premier dessin : un chien dort dans la casserole qu’on lui a attachée à la queue.
Dans son dialogue avec Marc Lecarpentier, il fait l’éloge de la radio, du mensonge et conte quelques histoires émouvantes.
De toutes façons, il dessine un oiseau qui marche sur un fil comme un funambule et je suis ravi, c’est tellement fin.
C’est l’époque, qui était déjà démodée quand est apparu le Petit Nicolas - donc indémodable- des enfants en culottes courtes qui vont chercher les confitures en haut de l’armoire, où les garçons glissent sur les rampes d’escalier et tirent les sonnettes.
Les adultes sont si fragiles face à la nature, aux grands immeubles, à leurs rêves, alors les petits face à l’Océan gardant leur châteaux de sable, comme ils sont courageux!
Il est sévère à l’égard d’un de ses dessins, qu’il trouve trop facile, quand le petit garçon annonce, à ses parents tournés vers la télévision : « je marche ».
J’ai découvert une aquarelle que ne n’avais jamais vue et qui m’a touché : des adultes discutent autour de la table, l’enfant depuis sa chambre est le seul à voir les prémisses de l’orage d’une fin d’été qui renverse les chaises longues et fait s’envoler les feuilles d’un journal.
Pourtant bien des scènes parlent de l’insouciance, de jeux, avec des mots en voie de disparition qui viennent : espiègle, candide, heureux.
J’aime toujours ses images légères de bords de mer, de salles de danse, où les têtes dépassent à peine des herbes, éternelles, familières avec des variantes, alors je suis content.
mardi 3 janvier 2012
lundi 2 janvier 2012
Shame. Steve McQueen.
Nous sommes dans un autre siècle, un autre continent que « L’homme qui aimait les femmes » de François Truffaut. Ultra moderne solitude. « Sex addict » à ce qu’on dit et « chair triste ».
Dans sa course au sexe, Michael Fassbender reste insatisfait, pourtant il ne laisse pas les femmes indifférentes, et bien qu’il se mette tout nu, il se cache. Froid pour un sujet qui pouvait être hot, filmé proprement, accompagné de musiques envoutantes, le riche jeune homme reste une énigme y compris pour lui-même. Il aura beau faire le ménage de ses images dans ses tiroirs, son ordi aura beau être nettoyé, sa sœur aura beau apporter quelques éléments à son histoire avec virulence, il ne fait qu’illustrer la vieille blague qui promettait la surdité à celui qui abusait de la masturbation.
Il se retrouve démuni jusqu’à l’impuissance lorsqu’il doit mener une relation qui passe par les sentiments, dans la scène du restaurant, où les acteurs s’en donnent « à cœur joie ».
La distance mise par le cinéaste permet les interrogations, une autre séquence de course dans les rues de New York en pleine nuit m’a parue remarquable, nous entrainant par l’énergie de sa beauté contemporaine avec Bach en fond.
Dans sa course au sexe, Michael Fassbender reste insatisfait, pourtant il ne laisse pas les femmes indifférentes, et bien qu’il se mette tout nu, il se cache. Froid pour un sujet qui pouvait être hot, filmé proprement, accompagné de musiques envoutantes, le riche jeune homme reste une énigme y compris pour lui-même. Il aura beau faire le ménage de ses images dans ses tiroirs, son ordi aura beau être nettoyé, sa sœur aura beau apporter quelques éléments à son histoire avec virulence, il ne fait qu’illustrer la vieille blague qui promettait la surdité à celui qui abusait de la masturbation.
Il se retrouve démuni jusqu’à l’impuissance lorsqu’il doit mener une relation qui passe par les sentiments, dans la scène du restaurant, où les acteurs s’en donnent « à cœur joie ».
La distance mise par le cinéaste permet les interrogations, une autre séquence de course dans les rues de New York en pleine nuit m’a parue remarquable, nous entrainant par l’énergie de sa beauté contemporaine avec Bach en fond.
dimanche 1 janvier 2012
Année nouvelle
J’extrais d’un poème d’Emile Verhaeren pris dans l’inépuisable recueil d’Albine Novarino "366 jours de poésie"
pour l’année qui s’en va :
« Dites, l’entendez- vous venir au son des glas,
Venir du fond des infinis là-bas,
La vieille et morne destinée ?
Celle qui jette immensément au tas
Des siècles vieux, des siècles las,
Comme un sac de bois mort, l’année. »
Et de Luce Guilbaud pour l’année qui vient :
« Année nouvelle
donne-moi les fruits d’or
dont chaque graine
égrène les notes
qui chantent la douceur
d’aimer en arpège
jusqu’aux montagnes bleues
derrière l’horizon. »
pour l’année qui s’en va :
« Dites, l’entendez- vous venir au son des glas,
Venir du fond des infinis là-bas,
La vieille et morne destinée ?
Celle qui jette immensément au tas
Des siècles vieux, des siècles las,
Comme un sac de bois mort, l’année. »
Et de Luce Guilbaud pour l’année qui vient :
« Année nouvelle
donne-moi les fruits d’or
dont chaque graine
égrène les notes
qui chantent la douceur
d’aimer en arpège
jusqu’aux montagnes bleues
derrière l’horizon. »
samedi 31 décembre 2011
Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire. Jonas Jonasson.
Pour éviter les réjouissances à l’occasion de son 100° anniversaire, un alerte vieillard s’échappe de la maison de retraite.
Pas question pour lui de se reposer, car les rebondissements s’enchainent, les cadavres s’accumulent à la suite d’une valise dont il prend possession fortuitement.
Le ton est alerte dans ce le livre que les mensonges structurent.
«Le jeune homme décida subitement de renouer avec ses bonnes vieilles habitudes et de se servir d’un pied-de- biche pour avancer l’heure d’ouverture du bar-tabac. »
L’ambiance nordique convoque inévitablement Paasilinna le grand, mais le retour sur le passé du héros traine en longueur, forcément. Même si ses rencontres avec Franco, Truman, Mao, Staline… et les façons de passer de l’un à l’autre sont divertissantes, un peu de lassitude s’installe malgré quelques explosions.
Ce livre offert bien sûr pour mon anniversaire vaut pour son titre, il aurait gagné à perdre quelques pages sur les 454 qu’il comporte.
« Suharto… s’attaqua aux communistes, à ceux qui étaient soupçonnés d’être communistes, aux peut être communistes, à ceux qui étaient sûrement sur le point de le devenir, et à quelques innocents. En très peu de temps, il avait fait tuer entre deux cent mille et deux millions de personnes. Les chiffres n’étaient pas très précis, car beaucoup d’individus d’origine chinoise furent tout simplement expulsés d’Indonésie avec l’étiquette de communistes et durent se réfugier en Chine où ils furent traités de capitalistes. »
Pas question pour lui de se reposer, car les rebondissements s’enchainent, les cadavres s’accumulent à la suite d’une valise dont il prend possession fortuitement.
Le ton est alerte dans ce le livre que les mensonges structurent.
«Le jeune homme décida subitement de renouer avec ses bonnes vieilles habitudes et de se servir d’un pied-de- biche pour avancer l’heure d’ouverture du bar-tabac. »
L’ambiance nordique convoque inévitablement Paasilinna le grand, mais le retour sur le passé du héros traine en longueur, forcément. Même si ses rencontres avec Franco, Truman, Mao, Staline… et les façons de passer de l’un à l’autre sont divertissantes, un peu de lassitude s’installe malgré quelques explosions.
Ce livre offert bien sûr pour mon anniversaire vaut pour son titre, il aurait gagné à perdre quelques pages sur les 454 qu’il comporte.
« Suharto… s’attaqua aux communistes, à ceux qui étaient soupçonnés d’être communistes, aux peut être communistes, à ceux qui étaient sûrement sur le point de le devenir, et à quelques innocents. En très peu de temps, il avait fait tuer entre deux cent mille et deux millions de personnes. Les chiffres n’étaient pas très précis, car beaucoup d’individus d’origine chinoise furent tout simplement expulsés d’Indonésie avec l’étiquette de communistes et durent se réfugier en Chine où ils furent traités de capitalistes. »
vendredi 30 décembre 2011
Influence, argent, élections : qui détient le pouvoir ?
Au pays de la République des idées où il s’agit de reformuler quelques « exigences universelles face aux images de la décomposition de la vie politique », ce sujet me paraissait central.
Gérard Courtois (Le Monde) dirigeait la discussion entre Pierre Lascoumes (sociologue), William Bourdon (avocat) et Guillaume Courty (politiste).
La réglementation visant à contrôler les financements des partis politiques est exemplaire en France, le problème c’est l’application élastique entretenant le soupçon de 2 français sur 3 qui pensent que les politiques sont corrompus. Notre croyance est également molle concernant la défense de l’intérêt général par nos élus et ceux qui les entourent en staffs dans les cabinets.
De la même façon que la prohibition a fait la fortune de la maffia, la loi a produit des financements parallèles. Pour la contourner le nombre des micros partis a été multiplié par 10. Les commissions multiples annoncées depuis 1988 pour moraliser la vie politique n’ont pas de pouvoir de vérification des déclarations des messieurs qui nous gouvernent, encore moins le pouvoir de sanction. Des organismes consultatifs tels que ceux qui travaillaient derrière la façade désuète du Plan ont été démantelés.
Dans le domaine de l’énergie, des armes, des télécommunications … les marchés donnent droit à des rétros commissions via le Luxembourg, la City, les îles anglo normandes.
Ces zones grises sont assombries par nos méconnaissances, nos fantasmes : oui la politique a un prix.
Aux Etats-Unis, donner pour les élections peut s’assimiler à une offrande rituelle aux dieux sur un autel style époque romaine, à un cadeau à une maîtresse (celle de l’école) : il n’y pas de retour sur investissement, nous a-t-on dit.
Cette déploration face au lobbying peut paraître comme un prétexte pour masquer la déresponsabilisation des élus. Sur ce plan là aussi, la financiarisation de l’économie sécrète ses virus antidémocratiques, les juges sont mis en échec par la mondialisation. L’argent sale engraisse et va se caser du côté de Pékin.
Revient le nom de Woerth comme un hoquet de dégout dans les circuits qui pourrissent notre époque quand l’appartenance à un cabinet ministériel n’est plus un honneur de servir la collectivité mais une étape pour s’enrichir. L’état se privatise, c’est le règne de la connivence, de la consanguinité. Avec le cumul des responsabilités, les règles s’accommodent dans les cercles du pouvoir où grenouillent les médias complices.
......
Cette semaine dessin de Libé
Gérard Courtois (Le Monde) dirigeait la discussion entre Pierre Lascoumes (sociologue), William Bourdon (avocat) et Guillaume Courty (politiste).
La réglementation visant à contrôler les financements des partis politiques est exemplaire en France, le problème c’est l’application élastique entretenant le soupçon de 2 français sur 3 qui pensent que les politiques sont corrompus. Notre croyance est également molle concernant la défense de l’intérêt général par nos élus et ceux qui les entourent en staffs dans les cabinets.
De la même façon que la prohibition a fait la fortune de la maffia, la loi a produit des financements parallèles. Pour la contourner le nombre des micros partis a été multiplié par 10. Les commissions multiples annoncées depuis 1988 pour moraliser la vie politique n’ont pas de pouvoir de vérification des déclarations des messieurs qui nous gouvernent, encore moins le pouvoir de sanction. Des organismes consultatifs tels que ceux qui travaillaient derrière la façade désuète du Plan ont été démantelés.
Dans le domaine de l’énergie, des armes, des télécommunications … les marchés donnent droit à des rétros commissions via le Luxembourg, la City, les îles anglo normandes.
Ces zones grises sont assombries par nos méconnaissances, nos fantasmes : oui la politique a un prix.
Aux Etats-Unis, donner pour les élections peut s’assimiler à une offrande rituelle aux dieux sur un autel style époque romaine, à un cadeau à une maîtresse (celle de l’école) : il n’y pas de retour sur investissement, nous a-t-on dit.
Cette déploration face au lobbying peut paraître comme un prétexte pour masquer la déresponsabilisation des élus. Sur ce plan là aussi, la financiarisation de l’économie sécrète ses virus antidémocratiques, les juges sont mis en échec par la mondialisation. L’argent sale engraisse et va se caser du côté de Pékin.
Revient le nom de Woerth comme un hoquet de dégout dans les circuits qui pourrissent notre époque quand l’appartenance à un cabinet ministériel n’est plus un honneur de servir la collectivité mais une étape pour s’enrichir. L’état se privatise, c’est le règne de la connivence, de la consanguinité. Avec le cumul des responsabilités, les règles s’accommodent dans les cercles du pouvoir où grenouillent les médias complices.
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Cette semaine dessin de Libé
jeudi 29 décembre 2011
Stéphane Cerutti. « Roues libres »
Jusqu’au 17 décembre la galerie Alter Art présente, rue Saint Laurent, de drôles d’engins drôles aux vives couleurs, ludiques et poétiques. Des formes aux airs de Niky de Saint Phalle à mettre entre toutes les mains.
Les enfants peuvent aimer faire tourner les rouages pour produire quelques sons, inventer d’autres choix à la télévision et les amoureux de Peynet peuvent tester l’intensité de leurs sentiments. « Savoir qui croire ». Les cartels ne se prennent pas la tête : « heureux qui comme hélice » et les pieds après un 1km « s’amusent ».
C’est « un bamboulot » et « il n’en a pas trophée ».
Ces jouets avec leurs airs de bande dessinée permettent de réserver l’interrogation sur le temps qui passe à ceux que Noël remplit plus de nostalgie que d’espérance.
Les enfants peuvent aimer faire tourner les rouages pour produire quelques sons, inventer d’autres choix à la télévision et les amoureux de Peynet peuvent tester l’intensité de leurs sentiments. « Savoir qui croire ». Les cartels ne se prennent pas la tête : « heureux qui comme hélice » et les pieds après un 1km « s’amusent ».
C’est « un bamboulot » et « il n’en a pas trophée ».
Ces jouets avec leurs airs de bande dessinée permettent de réserver l’interrogation sur le temps qui passe à ceux que Noël remplit plus de nostalgie que d’espérance.
mercredi 28 décembre 2011
Sète.
Premier port de pêche en Méditerranée, où la crise frappe fort; la ville photogénique avec tous ses canaux est-elle condamné à devenir seulement un décor pour cinéastes ? Ainsi « La graine et le mulet » un des derniers qui va bien à ces lieux déjà arpentés par Agnès Varda. D’autres artistes qui y naquirent : Valéry, Brassens, Manitas de Plata, Vilar, Di Rosa, Combas … invitent le visiteur à fréquenter les musées qui ne manquent pas. J’ai sur ce blog évoqué les cimetières fameux, l’un dominant la mer, l’autre proche de l’étang de Thau.
En Méditerranée, entre tant d’eau et lames de terre salées, est-ce cette topographie singulière qui donne un air spécifique à la cité, à la gastronomie originale ? Je reviendrai vers Cette visitée déjà à plusieurs reprises et qui n’a pas épuisé pour moi tous ses mystères. Au Musée International des Arts Modestes, le MIAM, outre l’expo permanente remaniée nous avons découvert :
- les réalisations en bois animées d’Emile Ratier, paysan bricoleur qui devenu aveugle se mit à la création,
- des automates musiciens à base de boites de conserve qui s’animent bruyamment en tapant sur des pianos guitares et batteries miniatures.
- Frédéric Magazine, collectif d’artistes d’horizons divers.
- P.Q. : ville de Michel Gondry, en carton,
- des dessins Bamun du Cameroun, certains traditionnels, d’autres contemporains.
- de l’art carcéral Chicano : série de mouchoirs décorés, proches de l’art du tatouage.
- Une chaise, un trône plutôt construit à partir de l’assemblage de capsules de bouteilles appartenant à la Halle St Pierre de Paris.
- Des rouleaux constitués de feuilles de papier cousues et marouflées sur toile peints avec des couleurs végétales par des « Patmas » (peintres), support pour des conteurs indiens itinérants.
A La Pointe courte le musée est en plein air, nous avons fait un tour dans le quartier où un esprit de village particulier se dégage avec les petites maisons, les tables et étendages en bord de canal, et le port de barques qui reviennent de l’étang, encombré de filets, de congélateurs recyclés, de caisses en plastique et de cabanons construits à base de matériaux de récupération variés et décorés de bibelots hétéroclites. L’esprit s’affiche, fantaisiste. C’est le royaume des chats. « Interdit aux chiants » « Il vaut mieux une sardine sur le grill qu’un thon qui nage ». Ces quelques pensées laissent supposer la gouaille des habitants qui tiennent à s’appeler les pointus … Les ruelles portent des noms évocateurs : rue de la Pétanque, ruelle des Nacelles, traverses des Pêcheurs, des Jouteurs, des Tambours… Nous engageons la conversation avec un pêcheur de 70 ans occupé à confectionner un filet. Il ne se fait pas prier pour nous raconter sa vie, son quartier, on ne peut plus l’arrêter ! « Peuchère ! » Les conditions de vie et de pêche ont bien changé depuis son enfance et le mal de mer n’est jamais passé. Peu de chance que se petits enfants poursuivent dans cette voie.
En Méditerranée, entre tant d’eau et lames de terre salées, est-ce cette topographie singulière qui donne un air spécifique à la cité, à la gastronomie originale ? Je reviendrai vers Cette visitée déjà à plusieurs reprises et qui n’a pas épuisé pour moi tous ses mystères. Au Musée International des Arts Modestes, le MIAM, outre l’expo permanente remaniée nous avons découvert :
- les réalisations en bois animées d’Emile Ratier, paysan bricoleur qui devenu aveugle se mit à la création,
- des automates musiciens à base de boites de conserve qui s’animent bruyamment en tapant sur des pianos guitares et batteries miniatures.
- Frédéric Magazine, collectif d’artistes d’horizons divers.
- P.Q. : ville de Michel Gondry, en carton,
- des dessins Bamun du Cameroun, certains traditionnels, d’autres contemporains.
- de l’art carcéral Chicano : série de mouchoirs décorés, proches de l’art du tatouage.
- Une chaise, un trône plutôt construit à partir de l’assemblage de capsules de bouteilles appartenant à la Halle St Pierre de Paris.
- Des rouleaux constitués de feuilles de papier cousues et marouflées sur toile peints avec des couleurs végétales par des « Patmas » (peintres), support pour des conteurs indiens itinérants.
A La Pointe courte le musée est en plein air, nous avons fait un tour dans le quartier où un esprit de village particulier se dégage avec les petites maisons, les tables et étendages en bord de canal, et le port de barques qui reviennent de l’étang, encombré de filets, de congélateurs recyclés, de caisses en plastique et de cabanons construits à base de matériaux de récupération variés et décorés de bibelots hétéroclites. L’esprit s’affiche, fantaisiste. C’est le royaume des chats. « Interdit aux chiants » « Il vaut mieux une sardine sur le grill qu’un thon qui nage ». Ces quelques pensées laissent supposer la gouaille des habitants qui tiennent à s’appeler les pointus … Les ruelles portent des noms évocateurs : rue de la Pétanque, ruelle des Nacelles, traverses des Pêcheurs, des Jouteurs, des Tambours… Nous engageons la conversation avec un pêcheur de 70 ans occupé à confectionner un filet. Il ne se fait pas prier pour nous raconter sa vie, son quartier, on ne peut plus l’arrêter ! « Peuchère ! » Les conditions de vie et de pêche ont bien changé depuis son enfance et le mal de mer n’est jamais passé. Peu de chance que se petits enfants poursuivent dans cette voie.
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