mercredi 24 avril 2019

Lacs italiens # 18. Milan 3.

J. déclare forfait aujourd’hui pour une nouvelle expédition à MILAN.
http://blog-de-guy.blogspot.com/2019/03/lacs-italiens-13-milano.html 
Il reste le trio insatiable pour une 2ème approche de la ville du design et du modernisme italiens. Le GPS annonce   qu’exceptionnellement, il y a moins de ralentissement  sur l’itinéraire, notamment vers Monza, nous arrivons assez tôt à Milan, mais nous sommes coincés dans les bouchons après une tentative pour rentrer dans un parking couvert que nous dédaignons à cause du prix affiché et de son éloignement du centre.
Nous progressons  lentement dans le quartier des affaires de la gare Garibaldi en pleine construction d’immeubles élégants et contemporains au son des klaxons et malgré des queues de poisson. Dans un tunnel, une bifurcation  vers des parkings souterrains  nous parait être une bonne solution. Mais lequel choisir dans ce dédale ? Ils se jouxtent tous. Le mot "publico" nous inspire plus que les autres. Nous repérons bien l’emplacement de l’auto puis un ascenseur nous dépose Piazza Aulenti, près de l’auditorium,  au cœur  de l’innovation architecturale  de la ville.
C’est un joli espace où il fait bon prendre un café et un croissant en admirant les formes harmonieuses et les  matériaux variés des bâtiments (verre, bois, végétation…).
Nous prenons le métro Gare Garibaldi puis suivons les indications de Google Maps piétons jusqu’à la Casa Museo Boschi Di Stefano, via G Jan 15. L’entrée est gratuite, discrète comme beaucoup de monuments et il faut être vraiment devant, voire dedans pour la repérer.
Au rez-de-chaussée, un staff de petites dames nous accueille dans des pièces dans leur jus.
On peut y voir le travail de la propriétaire, artiste et femme d’ingénieur des années 20-30 ;   moulages, sculptures, ou  photos ont été placés jusque dans l’’ancienne cuisine au milieu d’objets du quotidien désuets ou publicitaires.
La cage d’escalier  dissimule un ascenseur d’époque, nous montons à pied en nous appuyant sur la rampe de métal art déco jusqu’au 2ème étage. Là aussi, des gardiens bénévoles se mettent au service des visiteurs pour fournir des explications sur l’appartement.
Après un monsieur d’un âge nous donnant le mode d’emploi et quelques renseignements, une petite bonne femme au français chantant et fluide nous prend en charge tout du long. Bavarde, elle nous raconte un peu sa vie de fille de diplomate au Moyen orient où elle a appris la langue française, en usage  dans la fonction de son père, elle parle aussi l’ouzbek et le turc, a beaucoup voyagé et fait voyager.
Elle évoque aussi  l’importance du bénévolat, indispensable en Italie pour ouvrir au public des monuments artistiques et historiques trop nombreux pour être tous pris en charge par l’état.
Elle nous guide dans les pièces de la maison où les murs sont tapissés de toiles  de peintres italiens contemporains à la famille collectionneuse, de la salle de bain au salon de musique.
Les portes de séparation vitrées sont  typiques, avec des encadrements de forme originale, les lustres proviennent de Murano, les meubles sont aussi  de conception et d’ébénistes italiens. 
Nous nous intéressons aux œuvres de Fontana dont nous connaissions les toiles fendues ou lacérées, mais ce sont surtout sa Déposition et sa Crucifixion en bas-relief ou statuaire qui nous étonnent.
 
 
Une visite vraiment digne d’intérêt  qui se termine au 3ème étage, destiné à des expos temporaires : photos et installation d’une œuvre musicale reliant un clavier posé sur un soufflet d’accordéon et relié à des statuettes en poterie posées sur des poteaux en bois. 
Mais le concert n’est prévu que ce soir, nous n’y assisterons pas. Nous quittons la Casa non sans que D. essaye l’imposant fauteuil en marbre de l’entrée.
A pied, nous nous dirigeons vers la Pinacota di Brera, découvrant ainsi un quartier différent. Nous remontons (ou descendons ?) le Corso Buenos Aires qui devient le Corso Venezia que nous quittons pour traverser un grand parc ombragé. Nous nous arrêtons dans un self, manger pour un prix plus que raisonnable  face à un choix appétissant de plats que nous pouvons désigner du doigt (16 € pour Guy et moi : plats boissons et cafés compris). C’est extrêmement vivant, bruyant et le monde se renouvelle en continu.
Les photographies prises au grand angle proviennent d'Internet (1-3-4-5-6-8-10-11-12), quand elles sont le nez sur le motif, elles sont personnelles.

mardi 23 avril 2019

Rat & les animaux moches. Sybilline Capucine Jérôme Daviau.

Classé au rayon BD adulte, ce livre de 200 pages peut convenir aux grands enfants, il traverse les époques avec un dessin proche des gravures du XIX° siècle, une calligraphie années 50 et un propos très contemporain : tolérant, compassionnel, tout en se gardant de toute mièvrerie.
Un rat indésirable dans une maison se retrouve dans une décharge avec d’autres réprouvés :
araignée, lombric, requin, bousier, lamproie… dans le « Village des animaux moches qui font un petit peu peur ».
Il va leur trouver des emplois en sublimant leurs défauts, l’idée est excellente.
Rendant hommage à la Hulotte, « le journal le plus lu dans les terriers », dont il emprunte la précision du trait et une part de l’humour, le dessinateur moralise sans moraline en offrant un destin positif aux bannis de la société.
Un « Caniche Royal de la Grande Lignée Bien Coiffée » parangon de la beauté apprêtée, apporte la contradiction parmi cette assemblée malheureuse, mais son arrogance destructrice accroitra sa solitude. Trouvera-t-il un scénariste  bienveillant pour le sortir de son marasme ?

lundi 22 avril 2019

Le parc des merveilles. Dylan Brown David Feiss.

Est-ce un effet de la sénescence, mais il m’arrive de trouver plus d’attraits dans certains films réservés aux enfants que dans des productions pour mon âge. 
Cette ode à l’imagination et à la positive attitude est vivifiante, elle porte un regard critique sur la marchandisation à l’œuvre dans les parcs d’attractions tout en rappelant leur pouvoir de séduction.
La langue de bois dorée qui abuse d’adjectifs hyperboliques est gentiment moquée en remontant aux sources d’une poésie qui résiderait dans la nature ou dans les épreuves surmontées. C’est que les constructions nées de l’imagination d’une petite fille et sa maman sont mises à mal lorsque celle-ci doit être hospitalisée. 
Si l’introduction d’une nuée noire dans un univers excité et tonitruant où tous les caprices sont exhaussés ne convient pas à tous les spectateurs, je trouve qu’elle ne génère aucun traumatisme puisque tout se résoudra fort bien.
Les animaux sont attachants, la fillette très moderne en prescriptrice face à un papa immature et une maman quelque peu gnangnan, les  textures sont magnifiquement rendues et les passages entre réalité et imaginaire complètement adaptés aux enfants à qui seraient donnés les moyens de cultiver leur créativité.

dimanche 14 avril 2019

Un ennemi du peuple. Ibsen. Sivadier.

La pièce de deux heures et demie aurait pu être inscrite au programme de la « biennale des villes en transition » (écologique) sise ces jours là dans la ville, tant les thématiques soulevées par le dramaturge norvégien sont d’une actualité brûlante.
En effet l’un des deux frères fondateur d’une station thermale veut révéler que l’établissement est pollué, alors que l’autre minimise le sujet au nom d’une prospérité de la ville risquant d’être compromise.
Je craignais que l’opposition ne soit trop manichéenne, entre vérité et égoïsme, il n’en est rien : les retournements de l’opinion, les hésitations, les convictions dévoyées, le manque de courage, les accommodements apportent de la complexité et reviennent sur les questions toujours présentes : qui est le peuple ?
Face à la majorité pilier de la démocratie, celui qui dérange se brûle :
« L’homme le plus fort au monde, c’est l’homme le plus seul. »
La mise en scène est puissante, Nicolas Bouchaud toujours aussi brillant, ce moment de théâtre fort. http://blog-de-guy.blogspot.com/2017/03/dom-juan-moliere-sivadier.html
Montée à Grenoble, la pièce énergique présente avec simplicité les protagonistes d’un dilemme plaçant la politique au cœur du quotidien, comment le collectif percute les individus, comment on se débrouille avec nos contradictions. Vaste sujet, passionnant.
Marat écrivait dans « L’ami du peuple », il a mal fini ; l’ennemi du peuple, ici n’a pas fait tellement mieux.
………………
Je reprends les publications sur mon blog lundi 22 avril. 

samedi 13 avril 2019

France-Amérique. Régis Debray.

Ne pas se fier à la première page simplette où une boîte de soupe Campbell, telle qu’Andy Warhol la popularisa, renferme un camembert, pour signifier « un échange de bons procédés » entre France et EU.
Les 230 pages illustrées de façon originale sont bien plus subtiles et riches grâce à l’apport d’une douzaine d’interlocuteurs dont les propos ont été recueillis lors d’émissions sur France Culture par mon intello préféré
« Comment se fait et se refait une civilisation ? »
Pour sortir de la « difficulté d’être contemporain de son temps », les échanges sont fructueux avec des spécialistes : Perico Légasse autour du vin avec quelques bons mots : «  l’évingélisation » entre autres, donne l’occasion de distinguer le Bourgogne, vin gaulois, du Bordeaux, vin marchand, celui de Londres.
Le mélange entre dissidence et conformisme nés des divers protestantismes est discuté dans le chapitre concernant le temple.
En conclusion de l’entretien avec Francis Marmande, un même hommage est rendu aux jazzmen et aux GI de 1944.
Concernant le féminisme, le mouvement qui apprit tant de Beauvoir s’est enrichi en retour d’un néo féminisme qui a contesté l’auteur d’« On ne naît pas femme, on le devient. »
La langue est un sujet sérieux, mais l’histoire de la pizza, qui est passée de la baie de Naples au surgelé, est tout aussi révélatrice de la mondialisation, comme le polar qui « a extrait le crime de son vase vénitien pour le jeter dans le ruisseau » comme dit Chandler.
Et depuis que Tintin, qu’une baby-sitter francophone fit découvrir à Spielberg, est l’objet d’études en sciences humaines, les caractéristiques de la bande dessinée de part et d’autre de l’Atlantique peuvent se rapprocher après avoir mis en évidence nos attitudes différentes à l’égard de l’enfance et des femmes. 
Les déplacements des capitales des arts entre Paris et New York témoignent d’un « commerce équitable » pour reprendre une expression employée à plusieurs reprises.
L’automobile, d’essence libérale a construit les villes, et les « remake » au cinéma illustrent parfaitement le sujet où les emprunts ne gomment pas les distinctions : le « glamour » de Grace Kelly n’est pas du même ordre que le charme de Deneuve.

vendredi 12 avril 2019

Directives européennes et directrices d’école.

La somme des bêtises qui ont les honneurs des médias à propos de l’Europe m’en autorise une de plus.
Le débat de la semaine dernière à la télévision, peu suivi d’ailleurs, a favorisé, dupliqués en plusieurs exemplaires, les partisans du « frexit », ainsi que ceux qui risquent de paralyser un peu plus des institutions déjà rhumatisantes, source de tous les maux d’après eux, sauf en ce qui concerne les moyens dont ils sont avides pour mordre la main qui les nourrit.
Loiseau avait petite voix, Glucksmann fut pathétique, l’insoumise de service a exorbité ses yeux, Hamon et celui du PC ont joué les blablateurs sans conséquence, Jadot, vieux briscard a pu les voir venir.
Il y avait bien plus à réfléchir dans un débat respectueux entre Debray et Bourlanges sur France Culture, mon cœur fondant à la citation rimbaldienne énoncée par l’ancien compagnon du Ché : « Je regrette l'Europe aux anciens parapets ! » du Bateau ivre où « Les Aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer ». Ma raison se réservant plutôt le député MODEM qui qualifie d’ « optimiste » le libéralisme.
Mâle d’un autre siècle, aggravant mon état de père, d’un rôle d’instituteur, j’eus à modifier le curseur qui affole les libertés, tant de libertaires étant passés au libéralisme.
Est-ce que je force ma nature pessimiste en rejoignant ce camp progressiste, ne voyant pas d’autre option pour mes petits enfants qu’un avenir fait de coopération et d’échange face à des options défensives voire agressives ?
Je me retrouve volontiers dans le cliché qui voit les jeunes partisans des vieux Sanders, Corbyn et Mélenchon, du côté des vieux s’accrochant au juvénile président.
Mais « qui suis-je », comme dit le pape, pour juger si la Serbie doit rejoindre l’UE ?
Par contre à défaut de mesurer les enjeux éducatifs actuels puisque j’ai quitté le milieu depuis un bon moment, reviennent quelques souvenirs d’il y a trente ans. 
Des instits, oh pardon des professeur(e)s des écoles, qui regimbent à la proposition d’écoles dépendant administrativement de collèges me font entrouvrir mon livret d’ancien combattant à la page « Maître directeur » (1986).
Depuis le gel de cette mesure Monory, le sens pointilleux des responsabilités égal chez les adjoints et leur collègue directeur-trice s’est émoussé me semble-t-il. La judiciarisation des relations sociales, la perte de prestige de l’école plongée dans l’ « esprit de sel » (acide chlorhydrique) médiatique, permettent que reviennent des dispositifs visant à des formes de management se voulant plus efficaces. La polarisation sur la gestion administrative évitera encore plus hypocritement de voir en face les problèmes qui se posent avec de plus en de gravité, constats après constats. En mathématiques: « Marie a 5 billes, elle en perd 2, combien lui en reste-t-il ?), 41 % des élèves de CP et 57 % des élèves de CE1 éprouvent de grandes difficultés. Les meilleurs élèves d’aujourd’hui sont au niveau des pires d’hier. Dehaene.» Lors des évaluations les élèves ne cherchent même pas la solution, le nombre de« non-réponses » a augmenté.
Ils sont raccord avec la société qui répond à côté quand les défis écologiques, économiques, politiques, sociaux attendent.
« Etre vieux, c'est quand vous connaissez toutes les réponses mais que personne ne vous pose plus de questions. » Bert Kruger Smith
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Le dessin est dans Courrier International.
Et la blague de Philippe:
"Comment s'appelle le polygone qui a le plus de côtés.
Le Carlos. Le Carlos Ghosn a des millions de côté."

jeudi 11 avril 2019

Van Dongen (1887-1968)

Le titre « Van Dongen, fauve, anarchiste et mondain » d’une exposition de 2011 au musée d’art moderne de la ville de Paris, convient à  la conférencière devant les amis du musée de Grenoble pour qualifier le dernier de la trilogie du cycle des peintres de la couleur.
Rattaché à la famille « Fauve », un an après l’exposition de 1905 qui consacra le terme pour désigner la première des grandes avant-gardes picturales, Cornélis rebaptisé Kees est né dans la banlieue de Rotterdam, il obtient la nationalité française en 1929 et meurt à Monaco à 91 ans.
Cet « Autoportrait » a été retravaillé, de la sorte avait-il essayé de recréer sa propre légende comme si la révélation de sa vocation avait jailli  à 25 ans, il avait débuté comme dessinateur. Sa haute silhouette apparaît à contre jour, le Néerlandais à Paris est fier de venir du pays de Van Gogh qui commençait-il était temps- autour de cette fameuse année 1905, à connaître une certaine notoriété.
Il travaille à « L’assiette au beurre » pour laquelle il illustre la vie du monde de la nuit à Montmartre sous les premières lumières électriques, où la pauvreté et la prostitution occupent toujours les rues.
Il connaissait les « Filles et souteneurs au moulin rouge. » de Steinlein aux traits anguleux,  aux couleurs austères des écoles hollandaises.
Il fréquente les milieux anarchistes : « Les Batteurs de pieux », de Maximilien Luce qui l’a accompagné, portent les coloris purs de la technique divisionniste.
Parmi tant de représentations du bâtiment construit après l’écrasement de la Commune, son « Sacré cœur » impressionne.
La brosse épaisse, les couleurs appliquées avec intensité rendent bien le mouvement de « La Mattchiche», danse provocatrice où cavaliers et cavalières aux traits stylisés comme des égyptiens se tiennent de près.
Il s’impose dans ce Paris qui attire les artistes du monde entier. « Le Carrousel »  est saisi dans sa frénésie tourbillonnante sous des touches dissociées qui dilatent l’effet spatial.
Le tableau gigantesque « A la Galette »  a été découpé en six. Les cadrages sont intéressants avec des touches de peinture dont les lèvres accrochent les éclairages et des personnages qui sortent du cadre comme les ouvriers sortant des usines Lumière sortaient du champ.
La « Femme fatale » provocatrice sous son extraordinaire chapeau a des reflets verts qui font ressortir les rouges, l’intention du « nègre blanc » était de« Peindre les femmes plus minces et leurs bijoux plus gros. »
Au bateau-lavoir fréquenté par Marie Laurencin et son compagnon Apollinaire, Max Jacob, il partage les mêmes modèles avec Picasso. Le « Portrait de Fernande Olivier » aux yeux charbonneux, nimbé dans un halo est sculptural, à la Cézanne.
« Les lutteuses de Tabarin » où jouent courbes et contre-courbes est moins contondant  que « Les demoiselles d’Avignon » de son voisin, bien que les couleurs soient proches.
Il fait un séjour en Espagne et au Maroc, «  Le doigt sur la joue » rappelle Matisse et ses contrastes chromatiques. Les regards ténébreux de tant de ses portraits font écho parfois au cubisme en plus lisible et plus sensuel.  
«  La gitane » est aussi dans la jubilation de la couleur.
L’« Andalucia » porte bien le châle.
Il lui a été reproché que la « Femme au jabot » soit par trop décorative,
 mais que peuvent dire les éminences critiques de « Tanger » ou la simplification cubiste va de soi ?
«  Souvenir de la saison russe d’Opéra » célèbre un art qui se renouvelle, les ballets de  Diaghilev, et flirte avec l’abstraction avec ces ondes accentuant un effacement des repères.
Avant le dépôt du label, « art déco », sa « Femme sur fond blanc » est dans un air du temps où le couturier Paul Poiret qu’il fréquente, retire les corsets et habille les corps minces de tuniques fluides. 
« La parisienne » et son petit chien est encore plus radicale
que la femme sous son chapeau appuyée à « La balustrade » avec une compagne pour illustrer le terme de «  métonymie » quand le tout peut être défini par une partie.
Guus, sa femme est « La Femme aux pigeons »,  remarque-t-on les oiseaux ?
« Van Dongen est en train de perdre aux yeux des artistes ce qu’il gagne aux yeux du demi-monde, ou peut-être même du monde en plein, je n’ai pas très bien su distinguer, d’ailleurs c’est la même chose. Son « Portrait de Rappoport » seul possède quelques-unes des qualités par lesquelles ce peintre valut ». Artaud
 « Anna de Noailles » première femme commandeur de la Légion d’honneur compte dans le Paris mondain, son portrait dans les gris bleutés date de sa « période cocktails », loin du monde de ses débuts fauves teintés alors d’expressionnisme allemand.
Il fut un seigneur de la nuit, donnant des fêtes somptueuses, « Autoportrait en Neptune ».
Mais il subira un ostracisme de tout le milieu après son voyage à Berlin, à l’invitation de Goebbels, même si la libération d’autres artistes était dans ses préoccupations avec ses compagnons d’alors Vlaminck et Derain.
Il se retire dans le midi où il continue à peindre ; ce « Portrait de B.B »  est « pop ».
« J’aime ce qui brille, les pierres précieuses qui étincellent, les étoffes qui chatoient, les belles femmes qui inspirent le désir charnel. La peinture me donne une possession plus complète de tout cela, car ce que je peins est souvent la réalisation obsédante d’un rêve ou d’une hantise… »