Un mensonge d’une élève dysfonctionnelle va mettre en branle
un engrenage fatal quand le fanatisme, oserait-on dire la mauvaise foi, la
désinformation sont dopés par les réseaux sociaux.
Ce film, tel un Panthéon, nous renseigne, et même si sa sortie survient seulement six ans après l'assassinat, c'est que les temps se sont accélérés, et nos mémoires saturées ont oublié.
Cet hommage échappe à la critique
cinématographique habituelle, même si sa facture restitue parfaitement
l’atmosphère d’un établissement scolaire et met en tension les spectateurs qui
connaissent l’issue de cet enchaînement terrible.
Une certaine gauche me navre dans ses critiques qui voient
des risques de stigmatisation alors que justement les profs sont montrés dans
leurs contradictions et que les parents d’élèves pas unanimes échappent à
l’essentialisation !
L’Obs avait été au premier rang dans l’affaire pour
faire ses choux gras d’une soi-disant « islamophobie » du côté
de Conflans - Sainte- Honorine.
La principale, interprétée par Emmanuelle Bercot, n’a pas abandonné Samuel Paty, joué par le doux Antoine Reinartz, mais je n’ai pu
m’empêcher de rire quand la secrétaire énumère les sigles de toutes les
instances à avertir en cas de problème.
Qui en 2020 pouvait envisager la décapitation d’un
professeur d’histoire géographie tellement précautionneux ? Le titre accusatoire ne reflète pas la complexité d'une œuvre qui ne juge pas après coup. Cependant le « pas
de vague », désormais indissociable de l’éducation nationale n’aurait-il pas accompagné
cette montée des périls ? Cette projection peut redonner du courage aux professeurs persistants à vouloir développer chez leurs élèves l’esprit
critique et le respect de la laïcité.

