L’omniprésent président des Etats-Unis à l'image du personnage maléfique du livre d'Harry Potter dont « -On-ne-prononce-pas-le-nom » harasse les fact checker, arrase toute humanité, il n’est que la partie la plus bruyante et obscène d’une société dont les lois
sont bafouées par les garants même de la démocratie. « Là où le droit
finit, la tyrannie commence » Locke.
Quelques fervents de L'Alliance bolivarienne, accoleront
systématiquement le terme « capitaliste » à « société »
alors qu’ils participent eux-mêmes à un système où ils exacerbent la viralité de
leurs antagonistes, auxquels ils s’allient bien volontiers au-delà de leur énième
motion de censure.
Le traducteur de Mein Kampf, Olivier Mannoni
retrouve :
« les racines de
maux qui… [bouleversent] notre vie politique :
l’usage de l’incohérence en
guise de rhétorique,
de la simplification en guise de raisonnement,
des
accumulations de mensonges en guise de
démonstration,
d’un vocabulaire réduit, déformé, manipulé en guise de langue. »
Cet extrait percutant de la version papier du « Monde » n'est pas publié sur les réseaux sociaux, contrairement à la mise en évidence
de Rima Hassan dont la mise en avant par LFI vise à accentuer la ligne
communautariste; merci qui ?
Tout commentaire, devant épouser les zigzags des
annonces du moment, s’efface avec elles, dans l’insignifiance.
Ces éclats aveuglants d’actualité, comme les
lumières des étoiles mortes qui nous éclairent encore, viennent de loin. Leur
fabrication s’est accélérée pendant la crise mondiale du COVID, boostée par
les nouvelles technologies de propagande. Alors que progressaient les opinions
extrêmes prenant en étau les modérés dont la franchise était mise en doute, la
pandémie a accentué la défiance envers les responsables politiques, sauf les
plus menteurs.
L’Europe s’était montrée réactive, mais la belle
endormie désormais dépourvue de parapluie suscite la méfiance. Pourtant «
Si vis pacem, para bellum » venu d’une langue morte est depuis longtemps traduit en
russe, alors qu’en français : « Si tu
veux la paix, prépare la guerre » est mieux compris en Allemagne qu’en Espagne
ou en Hongrie.
Au cours du confinement, le télétravail se
développait, les émissions de CO2 baissaient et une vision d’un « monde d’après »
plus respectueux de la nature et des hommes avait émergé. Le contraire est advenu. Le travail à domicile a
plus désocialisé qu’amoindri les fatigues des transports, les taxes carbone irritent
toujours plus les portefeuilles et jamais tant de monde a pris l’avion.
Le pire est revenu, il ne se cache même plus, des saluts
bras tendus menacent : la bête immonde a accouché, elle a remis ça, de notre
vivant. Dire que la recommandation de reboucher les stylos-feutres passait dans
le secteur expérimental en pédagogie pour une injonction fasciste dans les années 70. Nous
ne soupçonnions pas que certains se faisaient des sous dans la revente de bimbeloterie
nazie, alors que l’inflation des mots menant au point Godwin ne fléchissait
pas. Après nous être régalé entre nous de « vipères lubriques » et de
« hyènes dactylographes », l’indigestion est venue, seul l’infamant « social
traitre » moins imaginatif a subsisté… et on s’en tape !
« Occident » était un groupuscule d’extrême
droite, le RN et les chouchous du vice-président Vance combattent l’Europe : de quoi en
avoir les bras qui tombent après avoir perdu la tête.
Nos limites, nos frontières s’arrêtent-elles à l’Oural ?
Elles sont pourtant si belles quand Renan Ernest évoque
la nation :
« Une nation est
une âme, un principe spirituel.
Deux choses qui, à vrai dire, n'en font qu'une,
constituent cette âme, ce principe spirituel.
L'une est dans le passé, l'autre
dans le présent.
L'une est la possession en commun d'un riche legs de souvenirs
;
l'autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de
continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis. »
Trop belles pour être vraies, nous avons déjà tant de mal à
faire nation de Dunkerque à Mamoudzou, du neuf trois aux Hauts-de-Seine.