Lorsque nous pointons notre nez aux guichets de la gare, nous les
trouvons fermés et devons nous rabattre sur les automates, heureusement en
français et faciles d’emploi, pour payer nos billets de train direction Bruges.
Le ciel peu nuageux laisse espérer un meilleur temps qu’hier et bien compatible
avec nos prévisions du jour. En effet, nous envisageons
de prendre le bateau sur les canaux. La ville a imposé le tarif de 15 € à toutes les compagnies exploitantes,
inutile de prospecter et comparer les prix, quant aux bateaux privés, elle les
a interdits. Chaque entreprise possède 5 embarcations. Leurs pilotes qui font aussi office de guides, débitent leurs informations
en trois langues durant une promenade d’environ trente- cinq minutes.Énormément de canots à moteur circulent dans un va et vient incessant sur les canaux d’une profondeur de 1 à 3 m, que surmontent une
quarantaine de ponts. Il n’existe pas d’embarcadère relié aux maisons dont les fondations souffrent peu du contact
avec l’eau douce, même dans le cas où des portes en bois donnent sur le canal.Finalement, cette balade prisée par les touristes se révèle un bon
récapitulatif des lieux visités hier.L’afflux de visiteurs nous
décourage si bien que nous renonçons à entrer dans l’église Notre Dame
pour tenter d’approcher la madone de
Miche Ange.Nous préférons retourner au béguinage,
prendre notre temps, dans le calme. Nous observons de plus près les maisons blanches
numérotées C1 C2 …, le C signifiant
peut-être cellule ? Un bouquet de
fleurs séchées, souvent des hortensias, égaye chaque porte sombre. Pour entrer
en contact avec les locataires à l’abri du monde, elle dispose d’une sonnette et d’un judas prenant
forme d’un motif ajouré. Par endroits, des artistes investissent les lieux, un
jardin ou une maison ouverte pour
exposer quelques œuvres. C’est le cas dans l’église, mais les prie-Dieu
habillés de tissus ne nous emballent pas, comme les autres installations
proposées d’ailleurs.
Nous nous rapatrions vers le centre-ville, afin de
déjeuner dans un semi-self d’une rue commerçante puis nous entreprenons une
marche à pied en longeant les canaux jusqu’au Kruisport, caractérisé par
des moulins à vent comme en Hollande. Dans l’espace situé entre le 1er
et le 2ème moulin, s’est installée une grosse brocante, à la fois
vide grenier et bric à brac, où se vendent des statues africaines originales du
Congo (Belge, il va sans dire) qui retiennent notre attention. Elle s’étend à
l’intérieur d’un quartier résidentiel cossu dans lequel nous circulons, en
poursuivant nous croisons l’église ou la chapelle de Jérusalem, l’église Sainte
Anne rue Molenmeers, passons dans la langestraat en direction de la place du
Burg. Beaucoup d’antiquaires tiennent boutique dans ce coin, dont un hollandais qui regarde le tour de
France à l’ordi au milieu de magnifiques objets en provenance de Nouvelle
Guinée Papouasie (monnaies).Ayant bien marché et
ayant bien investigué la ville, nous nous dirigeons vers la gare par un chemin
différent à travers le verdoyant Minnewaterpark bien agréable, fréquenté par les familles et
les touristes.Le train pour Aalter
arrive presque immédiatement, nous ne l’attendons pratiquement pas. Pour
occuper le reste de la journée, nous récupérons ensuite la voiture. Nous optons pour une virée à DAMME,
à environ 36 km
d’Aalter. Damme, berceau de la légende de Thyl Ulenspiegel, autrefois
spécialisé dans le marché aux livres, est l’ancien (avant) port de Bruges,
relié à la ville par un canal. Etymologiquement le début de son nom, dam, se
traduirait par digue ou alors « Battre, tasser,
rendre compact, aplanir avec une dame ». Aujourd’hui, Damme se présente comme un petit
village typique construit autour d’une rue principale et doté d’un joli
beffroi. Il attire les bobos, des artistes investissent les lieux.Nous franchissons le seuil du Damme Ontsluierd
ouvert au public. Ce vieux bâtiment qui se délite lentement accueille pour
quelques temps des artistes en situation. Ils exposent leurs créations mais
travaillent aussi sur place, expliquent aux intéressés leurs techniques
comme leurs concepts. J’apprécie
particulièrement la sculptrice Christine Vanhove. Quand sept heures sonnent,
nous finissons juste notre déambulation artistique avant la fermeture des
portes.Nous prolongeons
notre présence à Damme par une petite promenade en retrait de la rue près de
l’église à moitié effondrée, où nous découvrons telle une sculpture un tronc
d’arbre tortueux couché. Il supporte des livres, peu ou pas abrités des
intempéries dans des stades de déliquescence différents. Sans doute, cette
installation évoque- t-elle les anciens marchés aux livres. Avant de partir,
nous jetons un œil au Sint-Janshospitaal fermé en attente de sa rénovation avant
d’être reconverti en ODT (Office Du Tourisme) ou résidenceLe retour à la
maison confié au GPS (Global Positioning System) nous conduit le long d’un canal sur une route étroite
bordée des deux côtés par d’immenses arbres, dont les troncs parfois penchent
sous la pression du vent ou bien au contraire se dressent bien droits.A Aalter, avant
d’abandonner la voiture à la gare nous effectuons quelques emplettes au
Delhaize, puis tout est
prêt pour passer une bonne soirée dans notre logement cosy.jeudi 15 janvier 2026
mercredi 14 janvier 2026
Le portrait anglais. Serge Legat.
aurait
préféré dans sa prime jeunesse « être apothicaire plutôt que peintre
ordinaire ».
Il produira plus de 2000 portraits, la peinture
d’histoire avait perdu de son prestige.« Commodore l'honorable Augustus Keppel » dans la position de l’Apollon du
réverbère, constellé
de repentirs avait lancé sa carrière. Après un voyage en
Italie, il continue à professer que la forme est plus importante que la couleur,
et revient avec un praticien qui sera chargé des draperies dans ses tableaux. « Lady Worsley »
en pied semble surprise sur fond paysager,
les techniques variant en fonction
des éléments représentés. Des lumières dramatiques ne ternissent pas la charmante « Lady
Skipwith ».
Reynolds a
été élu à l’unanimité premier président de la Royal Academy.
Le maître du grand style allie le portrait à la peinture
d’histoire, la figure humaine au paysage.La mythologie est aimable quand « Vénus
réprimande Cupidon »et gentiment érotique avec « Cupidon dénouant la
ceinture de Vénus ».« Madame Lloyd » dans un tableau de mariage interprète l’antiquité.« Mme Musters en Hébé », l’échanson des Dieux,
donne
à boire à l’aigle de Jupiter, elle représente la jeunesse comme le fit Jean-Marc Nattier avec « La duchesse de Chaulnes ».La coquette « Kitty Fischer, en Cléopâtre »
qui s’apprête à dissoudre une perle dans le vinaigre, alors « coqueluche » de la cour,
serait influenceuse aujourd’hui.« Le jeune Samuel » ajoute la piété à l’innocence
enfantine.
Celui-ci désignera plus tard les rois des hébreux Saül et David.« Master
Hare » marque un nouveau statut de
l’enfance à l’époque des Lumières.« L’artiste des sphères aristocratiques » appose
sa signature sur le bord de la robe de l’actrice, « Sarah
Siddons dans le rôle de la Muse Tragique » éternelle Lady Macbeth.
Le tableau apparu dans un film de Mankiewicz
est à l’origine
d’une récompense fictive devenue réelle. Thomas Gainsborough (1727/1788) dont Reynolds, son rival, disait:
« quoi qu'il tentât, il atteignait un degré
d'excellence élevé »
fit également
le portrait de la belle sans travestissement. « Autoportrait ».
Le provincial né dans le Suffolk, est devenu un protégé du roi et de la reine,
même s’il entre en conflit avec l’Académie Royale. « La reine Charlotte ».
Il a acquis sa
renommée depuis la ville d’eau de Bath
où ses « tendres lumières »
sont appréciées. « Conversation dans un parc » devient un genre, est-ce un
autoportrait ?
En tous cas, le jardin avec sa fabrique est bien anglais.« Les époux Andrew » se tiennent au milieu de terres fertiles bien
tenues.Ses tableaux à la bougie comme dans le film « Barry
Lyndon »
exagèrent les effets de contraste. « La Femme en bleu »,
« L’enfant en bleu ».Le paysage s’adapte aux vibrations humaines dans une « Promenade
à Saint James park », et on pense à Watteau,à Claude
Gellée dit « le Lorrain » pour des « Chevaux s’abreuvant au
coucher du soleil » et à Murillo pour sa « Fillette à la
cruche ».« Lady Hamilton » muse trente fois peinte par George Romney (1734/1802), fut la maîtresse de
l’amiral Nelson, elle mourut dans la misère après avoir eu la cour de Naples à
ses pieds. La « Petite fille avec des fleurs »
ou « Innocence »
place Romney parmi l'un des grands portraitistes
anglais du XVIIIe siècle.Le prodige, Thomas Lawrence (1769/1830), ne fut pas seulement un peintre
mondain,
« Les Enfants
de John Angerstein ».Il annonce le siècle à venir quand les effets visuels prendront
de l’importance comme avec le « Portrait
de Julia, Lady Peel » où la carnation est mise en valeur sous des
plumes peu dessinées et un fond brossé rapidement. Héritier de la magie picturale de Van Dyck, l’art du portrait à
l’anglaise est devenu une référence, son
art du paysage fera école. « Les ladies Waldegrave» Joshua Reynolds
Inscription à :
Commentaires (Atom)

