samedi 13 février 2021

12, rue Meckert. Didier Daeninckx.

En 2003, un journaliste indépendant téléphone encore depuis des cabines réservées à cet usage, mais bénéficie des compétences d’un pote habile avec Internet, il enquête sur un réseau pédophile chez les handicapés et remonte un système de vaste arnaque monté par une association sensée aider la recherche sur le cancer.
A l’époque l’auteur du « chat de Tigali » était communiste libertaire et les politiciens se devaient d’être pourris pris dans cet écheveau dangereux prétexte à une promenade documentée dans Paris. 
Le personnage principal, Lisbonne, porte le nom d’un officier de la Commune par ailleurs inventeur du striptease et la rue Meckert où il habite mais qui n’existe pas, porte le nom d’un auteur de roman noir.  En outre sa compagne dont il met volontiers « les jambes à son cou », est un agent immobilier qui fait partager l’historique des appartements qu’elle fait visiter. 
Dès que l’occasion se présente, il feuillette les journaux : 
« Les vieilles ficelles servaient toujours au saucissonnage du lecteur : le mal mystérieux dont souffrait la star, sur la couverture, et qui menaçait sa carrière, s’avérait être, en pages intérieures, une infection dentaire des plus communes. »
 La marque de cigarettes Lucky Strike se révèle « Grève Chanceuse » comme l’indique sa traduction et le monument aux morts de la guerre recense « les mômes fauchés entre l’assassinat de Jaurès et la disparition de Guillaume Apollinaire. » 
Parfois les traces sont appuyées : «  Autour du beffroi, les rues pavées du centre portaient la trace du repli des soldats américains sur leur base, après les attentats des cellules combattantes communistes dans les années quatre vingt. »
 La lecture plus proche du guide historique que du thriller n’est pas désagréable, l’écriture bien tournée, mais il y a tant d’autres polars plus habilement ficelés où les péripéties sont inattendues et le suspens haletant
............ 
Pause d'une semaine sur le blog: c'est que les gônes viennent à la montagne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire