jeudi 5 novembre 2026

Les fondateurs de l’école d’Anvers au XVI°siècle. Gilbert Croué.

Le bras de mer qui reliait Bruges à la mer du Nord s'est progressivement bouché au XV° siècle, l’activité commerciale des villes de Bruges, Gand, Bruxelles se déplace alors dans la ville d’Anvers située dans l’estuaire de l’Escaut facilement accostable pour des bateaux de plus en plus gros. 
Parmi les artisans, les artistes suivent la croissance de la première place financière devenue vertigineuse en passant de 15 000 habitants à 100 000 au XVI ° siècle.
Il y avait une tradition des retables anversois dont les peintres, 
moins chers que les sculpteurs, peignaient les volets. 
Les Pays bas étaient bourguignons, « Le retable de la Passion » est exposé à Dijon.
Gérard David (1450 / 1523) travaille à Bruges, il inspire des maîtres anversois. 
Le «  Repas pendant la fuite en Egypte »  doux et délicat, à la perspective aérienne, aux harmonies bleutées peut se voir au Prado chez les espagnols qui passèrent par là.
Quentin Metsys
(1466/1530) est reçu franc-maître au sein de la Guilde de Saint Luc d'Anvers. Sa « Vierge aux cerises »  dont les fruits ont un goût de paradis tout en symbolisant le sang du Christ, exprime la douceur de la Renaissance italienne.
« Les amants mal assortis »
relève de la satire. 
« … c’est une chose scandaleuse de voir qu’un homme d’âge s’amuse à ces galanteries puisque, comme le dit le poète, en cette dernière saison de la vie : 
« Il faut savoir prendre congé de Vénus et des Grâces ».  
Cesare Ripa.
 https://blog-de-guy.blogspot.com/2014/06/le-corps-souffrant-serge-legat.html
Le « Paysage avec saint Jérôme » par son fils Cornelis Metsys, au musée de Grenoble, place au centre d’une nature imaginaire, un rocher symbole du Christ. 
Le pénitent, docteur de l’église, perdu dans l'immensité se reconnaît à son manteau rouge.
« Le Paysage avec saint Christophe » de Joachim Patinir (1483/1524) :
 le géant de six mètres traverse le fleuve agité de la vie, 
l’enfant est si fragile dans ce « paysage-monde ». 
Ce monde vu « en vol d’oiseau » existe avec force dans « Le Baptême du Christ » 
surmonté du saint Esprit envoyé par Dieu.
Au dos du  triptyque « La Pénitence de saint Jérôme » d’une précision diabolique, figure Saint Sébald, patron de Nuremberg, la ville de Dürer qui assista au mariage de Patinir.
« Dessin du port d’Anvers »
Dürer
Où sont Loth et ses deux filles fuyant l’incendie et surtout la femme de Loth, transformée en statue de sel pour s’être retournée dans « Le Paysage avec la destruction de Sodome et Gomorrhe » ? Patinir 
« L'Empereur Héraclius décapitant Chosroès, roi des Perses »
 
réalisé par le peintre Jan de Beer (1475 / 1528) 
a tout de la théâtralité décorative du « maniérisme ».
 
Sa « Vierge et l'Enfant sur le trône, avec des saints » est quelque peu chargée.
Jan Gossaert
(1478/1532)
« Autoportrait » dit Mabuse parce que né à Maubeuge est qualifié de « romaniste » pour son style influencé par l’Italie.
La mythologie avec « Neptune et Amphitrite » permet de représenter la nudité pour la première fois dans les contrées septentrionales.
Zeus, 
le coquin de la mythologie, transformé en pluie d’or, tombe sur un tissu bleu 
comme celui de la Vierge : « Danaé ».
Son « Portrait d'un marchand » révèle d’une façon éclatante un caractère hautain.
Suivant la tradition de la corporation, il peint « Luc peignant la Vierge », 
pourtant l’évangéliste, protecteur des peintres, n’apparaît qu’au VIe siècle.
Joos van Cleve
(1490/1540), «  Autoportrait » tient un œillet associé aux fiançailles.
Il marie la douceur italienne et le quotidien flamand avec le verre de vin symbole du futur sacrifice du Christ dans « La sainte Famille ».
Barent van Orley
( 1488/1541), peintre officiel de la cour de Marguerite d'Autriche réalise « Charles Quint jeune » exposé dans le monastère somptueux de Brou que la régente avait fait construire en mémoire de son époux.
L’enfant Jésus dans « La vierge et l’enfant » joue avec un collier de couleur rouge passion, bien que le corail soit censé protéger du mauvais sort d’après des croyances populaires.
« Joris van Zelle »
 son ami, médecin humaniste et bibliophile lui doit sa place 
dans les musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.
 "C'est une joie pour le savant de plonger le regard dans cette brume du passé, où se dessinent des formes vagues, de leur rendre peu à peu la précision de la vie et les fermes contours des objets réels. L'art des Pays-Bas, flamand ou hollandais, a besoin plus que tout autre de cette élucidation par une enquête infatigable : non-seulement son histoire a été négligée pendant des siècles, mais les peintres de ses diverses écoles étaient si laborieux, avaient l'imagination si riche, la main si souple, qu'ils ont produit une œuvre immense, dont on ne connaît point les limites. ”  
Alfred Michiels

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