Chaque chapitre porte le nom d’une pièce de la maison, où
sont réunies deux filles et une petite fille, la narratrice, au chevet de la
maîtresse des lieux en fin de vie.
« Ce lieu, celui
de nos pensées, de nos amours et des blessures que l’on se transmet, c’est le
monde où j’ai grandi, c’est aussi celui où j’ai eu la chance d’avoir trois
mères, alors que d’autres n’ont même pas le droit d’en avoir une seule. »
Cette proximité complice entre femmes peut être pressante et
belle, sans se dispenser d’un banal secret de famille constituant le fil
dissimulé du récit devenu déterminant au fil des 239 pages.
« Elles
continueraient à se tenir par la main, mais peut être avaient-elles atteint l’âge où l’on
cesse de se regarder dans les yeux. »
J’ai retenu la finesse de l’écriture dans la description des
caractères et des relations :
les hommes dans des rôles secondaires ne sont pas
caricaturés, pas plus que ces trois générations de femmes.
« Elle avait peur
qu’on dise que ce n’était pas assez propre, pas assez grand, qu’on ne mangeait
pas assez bien.
Et quand tout était
parfait, elle souhaitait qu’on l’envie, tout en craignant qu’on la
jalouse. »
L’écriture limpide et profonde se met au service d’une trame
parfaitement tissée avec des hypothèses, des conditionnels et des
« si » tellement familiers, bien qu’ils ne fassent pas illusion au
moment des choix.
Le titre longtemps énigmatique, situé à la hauteur de ce
récit ardent, concerne une des protagonistes et non celle qui s’exprime avec
générosité et honnêteté.
« … j’ai voulu éprouver
son désarroi et sa solitude. Je n’y suis pas arrivée. »

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire