En son emballage élégant et son écriture soignée, le
trimestriel nous offre une nouvelle fois des occasions de réfléchir et de nous
divertir.
Ainsi sous le titre « faisons nous du bien » qui
annonce un dossier aux petits soins où un médecin fait danser Alzheimer,
l’entretien avec Boris Cyrulnik le plus réconfortant des neuro- psychiatres est
à la bonne place.
Les conseils pratiques et légers ne manquent pas pour prendre
soin de soi, des autres et du temps qui vient : théâtre et cuisine,
voyages et écriture, apprentissage des langues… plongée … sommeil.
La philosophe Olivia Gazalé précise le terme « carpe diem » :
« Le présent ne
se dévore pas, il se cueille. Il est ce qui s’offre pour un instant, fragile et
périssable, et qu’il faut savoir accueillir avant que le temps ne
l’emporte. »
Et si « nous ne sommes pas champions du monde »
ces 130 pages peuvent permettre de rentrer dans la saison froide, le sourire aux
lèvres, même si le portrait de Chris Isaak de Laurent chalumeau mon rédacteur
préféré ne me parle pas plus que la bande dessinée de Blake et Mortimer.
Heureusement Berroyer demeure tel qu’en lui-même,
Philippe
Lefait fait le tour des mots rabotés « Ta ton tel ? »
et Picard
en hypocondriaque est parfait.
Ramon Pipin rappelle quelques stupides refrains à moins que
ce ne soit encore de la poésie :
« Je me fais beliner le joyau
Je me fais remplir le
vestibule
Je me fais ramoner
l’abricot »
Colette Renard (1964)
La pratique du haïku capturant les petits moments peut
apaiser en retenant la mémoire émotionnelle.
La lecture de l’entretien du boss
Antoine De Caunes avec Carole Bouquet est vivifiant car la belle n’a pas la
langue dans sa poche :
« Je ne savais
rien de Buñuel, à qui je n’avais jamais osé poser une question.
De toute façon, il
était sourd. »
Nous pouvons relativiser nos inquiétudes quand Flaubert
écrit à George Sand :
« Je ne suis pas
du tout surpris que vous ne compreniez rien à mes angoisses littéraires !
Je n’y comprends rien
moi-même. »
Voire rendre grâce à Saturne célébré par Brassens cité par
un philosophe Bertrand Quentin lorsque sa compagne « a du payer la
gabelle : un grain de sel dans tes cheveux ».
Pourtant « lire c’est vieux »
mais quand Nicolas
Estienne d’Orves en cause, je me sens mieux.

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