vendredi 6 novembre 2026

Vieux N° 10.

En son emballage élégant et son écriture soignée, le trimestriel nous offre une nouvelle fois des occasions de réfléchir et de nous divertir.
Ainsi sous le titre « faisons nous du bien » qui annonce un dossier aux petits soins où un médecin fait danser Alzheimer, l’entretien avec Boris Cyrulnik le plus réconfortant des neuro- psychiatres est à la bonne place.
Les conseils pratiques et légers ne manquent pas pour prendre soin de soi, des autres et du temps qui vient : théâtre et cuisine, voyages et écriture, apprentissage des langues… plongée … sommeil.
La philosophe Olivia Gazalé précise le terme « carpe diem » :
«  Le présent ne se dévore pas, il se cueille. Il est ce qui s’offre pour un instant, fragile et périssable, et qu’il faut savoir accueillir avant que le temps ne l’emporte. »
 Et si «  nous ne sommes pas champions du monde » ces 130 pages peuvent permettre de rentrer dans la saison froide, le sourire aux lèvres, même si le portrait de Chris Isaak de Laurent chalumeau mon rédacteur préféré ne me parle pas plus que la bande dessinée de Blake et Mortimer.
Heureusement Berroyer demeure tel qu’en lui-même, 
Philippe Lefait fait le tour des mots rabotés «  Ta ton tel ? » 
et Picard en hypocondriaque est parfait.
Ramon Pipin rappelle quelques stupides refrains à moins que ce ne soit encore de la poésie :  
« Je me fais beliner le joyau
Je me fais remplir le vestibule
Je me fais ramoner l’abricot »
 Colette Renard (1964)
La pratique du haïku capturant les petits moments peut apaiser en retenant la mémoire émotionnelle. 
La lecture de l’entretien du boss Antoine De Caunes avec Carole Bouquet est vivifiant car la belle n’a pas la langue dans sa poche :
«  Je ne savais rien de Buñuel, à qui je n’avais jamais osé poser une question.
De toute façon, il était sourd. » 
Nous pouvons relativiser nos inquiétudes quand Flaubert écrit à George Sand :
« Je ne suis pas du tout surpris que vous ne compreniez rien à mes angoisses littéraires !
Je n’y comprends rien moi-même. » 
Voire rendre grâce à Saturne célébré par Brassens cité par un philosophe Bertrand Quentin  lorsque sa compagne « a du payer la gabelle : un grain de sel dans tes cheveux ».
Pourtant « lire c’est vieux » 
mais quand Nicolas Estienne d’Orves en cause, je me sens mieux.

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