lundi 31 mars 2014

Aimer, boire et chanter. A. Resnais.

Le réalisateur disparu est là comme jamais, pour toujours. Il fallait cette dérision, ces décors de théâtre qui ne sont surtout pas réalistes, ces situations de vaudeville pour dire adieu au cinéma et évoquer avec tant d’élégance sa propre disparition.
La fantaisie fait oublier les rides, les mensonges nous font approcher de la vérité et cette cérémonie des adieux est un moment de grâce. Pourtant je ne suis pas un inconditionnel de Resnais et n’avais pu suivre jusqu’au bout « On connait la chanson » qui avait connu une  telle faveur critique que ça en devenait gênant, mais cette fois si j’ai réussi à ne pas m’agacer des cabotinages de Sabine Azéma c’est que j’étais vraiment bien disposé et ce qui tenait du devoir culturel s’est révélé plus qu’un plaisir hebdomadaire : un moment où la légèreté est nécessaire à la gravité.  Dans la campagne anglaise, devant des toiles peintes, lors de séquences où les acteurs sont mis en évidence, rythmées par les dessins de Blutch, trois couples tournent autour d’un Georges invisible dont la mort est annoncée : c’est l’ami, l’ancien amant, l’ancien mari, l’acteur prenant au sérieux son rôle de séducteur, dont les dernières vacances promises à chacune des trois femmes vont se finir avec la fille d’un des couples.
"Sachons aimer, boire et chanter,
C'est notre raison d'exister,
Il faut dans la vi-e
Un brin de foli-e
Heureux celui qui chaque jour
Se grise de vin et d'amour,
Et par une chanson
De sa joie emplit la maison !"


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire