
vendredi 30 avril 2010
Mouton.

jeudi 29 avril 2010
Botticelli.

« La naissance de Vénus » reproduit tellement les formes du baptême du Christ que le scandale était prévisible, même s’il s’agit de la reproduction d’une statue toute en pudeur qui appartenait aux Médicis. Si le florentin est surtout un graphiste, les cheveux de Vénus représentent le feu parmi les quatre éléments du célèbre tableau et « Le printemps » est un calendrier à lui tout seul qui se lit de la droite vers la gauche et se veut une synthèse entre le christianisme et le platonicisme avec ses valeurs antiques qui feraient accéder au Bien par le Beau. Ces valeurs nouvelles allaient bien à la nouvelle classe émergente : les bourgeois. Mais Savonarole, qui finira dans les flammes, fit amener, auparavant, des colifichets, des tableaux au bûcher des vanités. Et ce sont des enfants en brigade qui font régner un moment l’ordre moral avec les foules promptes à se punir. Les manières nouvelles de Botticelli oublieront la joliesse des nus, il peindra une délaissée derrière une porte, une crucifixion très noire et repentante, de même que « la calomnie » représente une Vérité sans éclat, supplantée par une femme vêtue de bure noire. Le soleil s’éteint, les visages se cachent.
mercredi 28 avril 2010
J 30. Angkor : « Des racines et des pierres »

Après avoir passé les guichets de l’entrée principale, nous révisons les monuments d’hier en les longeant et continuons la route vers le Preah Khan : l’épée sacrée en khmer.
Il s’agit d’un monastère, une université où enseignaient 1000 professeurs. Pour nourrir tout le monde, 15 tonnes de riz étaient récoltées par jour. Encore aujourd’hui Sothy, notre guide, nous apprend qu’un cambodgien mange un kilo de riz par jour, surtout ceux qui travaillent aux champs (En 2000, la consommation annuelle de riz a été de 163 kilogrammes par habitant. La consommation moyenne en Asie du Sud a été de 78 kilogrammes). Ce temple très fréquenté doit son succès aux racines des arbres majestueux et monumentaux qui emprisonnent et écrasent les murs. Un curieux bâtiment de deux étages se distingue des autres à cause de ses piliers ronds « style gréco-romain ». Il nous semble que c’est dans une des salles de ce temple qu’on aperçoit des trous régulièrement espacés : ils recevaient les torches, les bougies, et des diamants qui réfléchissaient la lumière. Au centre un stupa à la mémoire du père du roi appelait à tant de richesse.
La deuxième visite concerne Néak Pean= serpents enroulés. Le site est très différent des autres. Il comprend plusieurs bassins avec son temple central entouré de quatre autres bassins possédant une « chapelle » alimentée par les canalisations. Chaque édifice est caractérisée par une gargouille d’où s’échappait l’eau symbolisant les quatre éléments : une tête d’éléphant ( l’eau), une tête d’homme ( la terre) une tête de lion(le feu) et une tête de cheval (l’air). Il semblerait que l’on soignait les gens d'ici, une sorte d’hôpital avec un quelque chose de Lourdes. Dans le bassin central, des paysans coupent l’herbe à grands coups de machette pour la rassembler avant d’en faire des ballots. A l’entrée du site, un groupe de musiciens se produit en continu et tente de récolter quelque monnaie : ce sont des victimes des mines déposées dans le secteur par les khmers rouges.

Après un bref transfert en Toyota climatisée, nous escaladons les redoutables marches de Ta Keo temple montagne inachevé dépourvu de bas relief, de culte hindouiste. Puis nos terminons la visite avec un ensemble Thommanon et Chau Say Tevoda reconstitué par l’école française d’Extrême Orient qui a remplacé les blocs disparus par des blocs ou des sculptures qui tranchent avec les pierres authentiques.
Nous commençons un peu à tout mélanger lorsque nous rentrons à l’hôtel. Nous avons juste le temps de profiter de la piscine avant l’orage. En fin d’après midi je retourne à mon échoppe internet favorite, m’accordant cette fois-ci une heure complète sans contrainte pour savoir comment l’OM s’est renforcé.
Nous assistons ensemble au dîner(buffet) spectacle au « Angkor Mondial » restaurant, pour 12$ chacun , nous festoyons en goûtant la grande variété des plats proposés avant d’admirer les danseuses khmers, reins cambrés et orteils s’agitant en tous sens, pouce relevé. Des clients se précipitent sur la scène à côté des artistes pour se faire photographier. Bonne soirée, on joue la flemme et un tuk tuk nous ramène à l’hôtel.

mardi 13 avril 2010
Construire un feu. BD.

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Je reprendrai la publication de mes articles le mercredi 28 avril.
lundi 12 avril 2010
Alice au pays des merveilles

« Elle était certaine que, dans les années à venir, Alice garderait son cœur d’enfant, si aimant et si simple, elle rassemblerait autour d’elle d’autres petits enfants… » Et c’est Tim Burton- qui mieux que lui ?- qui nous convie au pays des merveilles. Bien sûr, rien de mièvre dans ces contrées où le maître des nuées et des forêts mystérieuses nous précipite. Le retour d’une Alice plus âgée dans un pays qu’elle a oublié, comme nous, s’accorde bien avec une iconographie fidèle aux illustrations du XIX° siècle ravivées par les techniques modernes les plus spectaculaires. En effet, c’est Burton qui est le mieux placé encore, pour nous permettre de retrouver les délices premiers de l’attraction de foire qu’était le cinématographe, avec les lunettes pour une vision en trois D. Il faut baisser la tête, quand le chapelier projette son chapeau sur l’autre rive, et s’éviter de tousser quand la chenille vous envoie, dans les yeux, la fumée de son narguilé. Des personnages familiers, avec un bon dosage de trouvailles, rendent ce conte fluide alors qu’à l’origine celui-ci est complexe et peut décourager les enfants. Je n’avais perçu les charmes de ces aventures initiatiques, et encore pas tous, que devenu adulte en revisitant les phares de la littérature enfantine. Le chat de Chester est parfait.
dimanche 11 avril 2010
Oper Opis

samedi 10 avril 2010
La prospérité du vice.

Dans un entretien, celui qui avait appelé à voter à gauche à la dernière présidentielle dit : « Le paradoxe du monde actuel est qu'on vit simultanément une percée dans ce nouveau monde virtuel, qui est la conséquence logique de l'enrichissement : tout devient de plus en plus simple à produire si bien qu'il ne reste plus à produire que de l'esprit pur, et dans le même temps on est rattrapé par le mal des origines. La donnée fondamentale du XXIe siècle, pour moi, c'est trois niveaux de risque majeurs. Un, celui de la répétition de nos violences par les pays émergents. Deux, le retour aux origines malthusiennes du monde, la terre devenant trop étroite ce qui entraînerait un effondrement comme on en a connu dans l'histoire. Trois, la schizophrénie. Une partie de l'humanité migre vers un cybermonde où il n'y a ni rareté, ni violence. Est-ce que les nouvelles générations qui naissent dans ce cybermonde vont être dans l'oubli du monde réel, ou au contraire vont être capables de construire un lien entre le virtuel et les ours polaires (comme symboles de la dégradation du climat) ? »
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